Dossier

Entrevues

Articles

Chroniques

Toronto jamais bleue

Hannah, Carole, Mama’, Jordan, Bridget et Dakota : vous ne les connaissez pas encore, mais vous n’allez plus jamais les oublier. À Toronto, ces femmes vivent dans la rue ou l’extrême précarité. C’est leur brutale réalité que Marie-Hélène Larochelle décrit au scalpel dans ce roman aussi impitoyable qu’impossible à lâcher. Ses héroïnes traversent le pire, mais l’autrice parvient à ne jamais leur ôter l’essentiel : leur farouche indépendance et leur profonde identité, dans une vie qui voudrait les déshumaniser, les désincarner, les condamner. Les effacer. L’écrivaine raconte l’insupportable, sans une once d’édulcorant, mais avec une sensibilité confondante. Et elle signe ici un livre aussi frontal que magistral.

Coconade

Il y a des dessins à main levée et des nageurs au loin retranscrits en tant que points-virgules; il y a une île tropicale dans le lac Témiscamingue, des cochons fascistes et une biographie de César; finalement, il y a un auteur qui veut désespérément se servir de la littérature comme d’un jeu et un arbitre qui lui rappelle sans cesse que c’est la fin de la partie, soldée comme un but d’Alain Côté. Avec Coconade, Julien Beaupré arrive dans la littérature québécoise comme un motard rebelle, dans les nids-de-poule du récit, enseveli sous vingt-neuf matamores divinement comiques, et fait de son obsession insulaire une tempête qui rappelle que c’est dans l’œil de la tornade qu’on retrouve une chaleureuse sérénité. Un livre trésor (île incluse), ludique et absurde, qui soutire tout le plaisir d’une situation où un écrivain est pris dans un livre dans un livre dans un… Vite! Lisez son sauvetage!