Ce lac
Jonathan Hope (Éditions du Quartz)
Dans une ville sans nom d’une région indéterminée, un homme s’ennuie et se met à raconter l’histoire d’un lac. Cette idée d’une simplicité désarmante débouche toutefois sur une réflexion à propos de l’importance et des limites de la langue et des mots. Maniant librement les codes du nature writing tout en intégrant des éléments des guides d’identification de la faune et de la flore, ce texte jouissivement décalé et drôle rappelle le formalisme d’auteurs de la trempe de Francis Ponge ou, plus près de nous, de Philippe Charron. En librairie le 23 septembre
Tombée du ciel
Alice Develey (L’Iconoclaste)
Alice, 14 ans, est hospitalisée. L’adolescente a cessé de s’alimenter, au point de mettre sa vie en danger. Dans ce roman dur, présenté sous forme de journal intime, Alice Develey s’inspire de son propre vécu pour écrire un texte troublant sur l’anorexie. Tombée du ciel est aussi un roman sur le quotidien des enfants séjournant dans les unités de soin leur étant réservées, là où l’amitié peut parfois émerger et devenir un remède à la souffrance. En librairie le 4 octobre
Hors-vivant
Louis Roussel (XYZ)
Un père de famille monoparentale ravagé par une rupture se reconstruit lentement au contact des gens qui l’entourent dans ce roman où humour, drame et tendresse s’appuient l’un sur l’autre. Des sagesses parallèles du Sélection du Reader’s Digest et du catéchisme à l’évocation de figures aussi apparemment éloignées l’une de l’autre qu’Alice Cooper et Rabelais, la force de survivre à l’effondrement d’une famille trouve d’étonnants chemins. Un livre où le pouvoir salvateur de l’amour sous toutes ses formes occupe une place de choix.
Retour à Belfast
Michael Magee (trad. Paul Matthieu) (Albin Michel)
Après l’obtention de son diplôme universitaire, Sean retourne à Belfast dans le quartier ouvrier qui l’a vu grandir. Il y retrouve rapidement la même bande, les nuits dans les bars et les abus de toutes sortes. Michael Magee signe ici un premier roman percutant et lucide qui nous plonge au cœur de l’Irlande du Nord percluse par les conflits entre catholiques et protestants et la précarité économique. Peut-on vraiment s’extraire de son milieu d’origine? Ce récit déroutant d’une tentative de transfuge de classe laisse croire que c’est parfois difficile, voire impossible.
Bad Cree
Jessica Johns (trad. Éric Fontaine) (Alto)
Issue de la Première Nation de Sucker Creek, Jessica Johns signe un premier roman teinté d’horreur et de mystère qui se glisse parfaitement dans le catalogue des éditions Alto. Mackenzie fait d’étranges rêves, mais quand des objets ramenés de l’autre monde commencent à s’introduire dans son quotidien, la jeune fille comprend qu’elle doit agir. Elle se tourne vers les sagesses traditionnelles des femmes de sa famille, même si cela implique de retrouver sa communauté et les questions que son retour suscitera. En librairie le 16 octobre
Les pâtes
Christian Lambert (La maison en feu)
Urbaniste de formation, Christian Lambert détaille une année tumultueuse de la vie d’une petite ville, où l’amateurisme des criminels se mêle aux défis de rénovation urbaine et à une énigmatique disparition. Entre la revitalisation d’un vieux motel, les campagnes publicitaires et la curiosité classique des touristes, la ville s’obstine et s’emballe, déterminée à prospérer malgré les obstacles. Voici un roman tout en demi-teintes qui aborde de façon originale les rapports complexes entre l’individu et son environnement.
Femmes silencieuses
Cristina Vanciu (Héliotrope)
Une famille roumaine installée en banlieue montréalaise tente de fuir l’oppression du silence imposé par leur pays d’origine. Pourtant, ce silence les suit, imprégnant leur quotidien et particulièrement celui de la jeune sœur, une adolescente de 15 ans, qui s’acoquine avec un jeune homme au comportement douteux. Les demandes de celui-ci se transforment bientôt en exigences, puis en insultes, jusqu’au viol. La soumission apparente de la jeune fille est blâmée, et sa plainte est ignorée par la justice. Au fil d’une écriture douloureusement poétique, Cristina Vanciu accouche d’un roman terrible et troublant.
Ma sexualité en toutes lettres
Tobi Lakmaker (trad. Daniel Cunin) (La Peuplade)
Un roman comme un uppercut qui a été un véritable phénomène lors de sa parution originale aux Pays-Bas nous arrive cette saison grâce aux éditions québécoises La Peuplade. Récit d’une transition, Ma sexualité en toutes lettres est aussi un texte vif et cru sur la découverte de soi à travers les relations amoureuses et la sexualité. Rempli d’humour et d’amour, ce livre très queer est un ravissement.



















