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J’habiterai le vent

Tellement un grand coup de cœur! Avec ce roman, l’auteure signe une entrée remarquée dans la littérature jeune adulte, grâce à une écriture sensible et vibrante qui aborde des thèmes profondément humains. À 19 ans, Ella devient mère et doit apprendre à naviguer dans cette nouvelle réalité seule, après la disparition soudaine de son copain. Contre toute attente, elle trouve refuge auprès de sa belle-famille, qui lui offre un soutien précieux et un espace sécurisant pour se reconstruire. Le récit explore avec justesse la famille choisie, la résilience, l’épanouissement personnel et les défis de la parentalité précoce. Un roman touchant, délicat et sincère, porté par une plume lumineuse, qui mérite assurément d’être découverte.

La poétesse

Comment peut-on mener sa vie quand son époque en est une de décadence? C’est à cette question qu’essaie de répondre l’écrivaine Ying Chen en menant une conversation transcendant les époques avec la célèbre poétesse chinoise Li Qing Zhao. Cette dernière vécut sous la dynastie des Song à une époque chaotique où les menaces extérieures rivalisaient avec celles intérieures. Profondément atteinte par les intrigues de cour qui limitèrent l’ascension de sa famille et de son mari, elle s’est retirée dans une maison de campagne où elle fit de studieuses recherches. En plus de ses activités littéraires, elle se donna comme mission d’analyser et d’archiver le plus d’artefacts chinois possible afin de pouvoir conserver la culture des dynasties précédentes. Plus la situation empira et plus la poétesse voulut, par devoir, augmenter la richesse de sa collection, quitte à négliger cette poésie chantée qui fit tant vibrer l’autrice de ce livre. Ying Chen semble en effet fantasmer la riche esthétique de la poétesse tout en admettant qu’à son époque, « avant de succomber collectivement, on vivait déjà à genoux depuis longtemps ».