Après Parfois les plantes meurent, où elle racontait notamment une peine d’amitié, Gabrielle Maurais revient avec Les 360 degrés du Soleil, mettant à nouveau en scène des personnages attachants. Alors que son appartement est inondé, Olivia s’installe chez sa sœur, qui est en voyage avec son coloc, et cohabite avec Matt, le frère de ce dernier, qui y loge temporairement. Peu à peu, ces deux-là développent une complicité. Puis des non-dits les éloignent. Olivia retourne chez elle, tandis que Matt renoue avec son ex. Mais leur chemin pourrait se recroiser. À l’aube de la vie adulte, ces jeunes reconsidèrent leurs choix, tissent des liens et jonglent avec les aléas de l’existence.

Comme votre premier roman Parfois les plantes meurent, Les 360 degrés du Soleil dépeint la vie de jeunes adultes. En quoi cette période de la vie était-elle un terreau fertile pour votre écriture?
Étant moi-même une jeune adulte, il m’est plus facile de m’identifier aux personnages et de comprendre leur réalité. J’essaie de la représenter de la manière la plus juste possible, tant au niveau de leurs peurs et de leurs aspirations que de leur quotidien. Je pense également qu’il s’agit d’une période de la vie où l’on peut explorer divers sujets, puisqu’on se situe à mi-chemin entre l’adolescence, avec toute la liberté et l’insouciance qu’elle peut comporter et l’âge adulte, davantage marquée par l’apparition des responsabilités.

Olivia vit avec des troubles alimentaires. Pourquoi vous semblait-il important d’écrire sur ce sujet?
Je trouve qu’il est très facile, à cet âge, de se comparer physiquement aux autres, notamment avec l’omniprésence des réseaux sociaux. Cette comparaison devient tellement anxiogène pour certaines personnes qu’elles peuvent développer un trouble alimentaire. Dans le cas d’Olivia, je trouvais intéressant que la nourriture occupe une grande place dans sa vie, sachant que c’est sa passion. Travaillant dans le domaine de la restauration, elle est constamment en contact avec la nourriture malgré son trouble alimentaire. C’est donc un véritable dilemme pour elle au quotidien.

Comme on peut le lire dans le roman, « tout le monde doute ». Selon vous, la quête de soi vient-elle forcément avec son lot de remises en question?
Je crois que oui. Nous cherchons toujours à être plus heureux et cela nous amène souvent à nous remettre en question par rapport à nos actions passées et à en tirer des constats afin de mieux avancer par la suite. Dans le roman, Matt et Olivia sont au début de l’âge adulte, et, pour la première fois, ont la liberté de faire ce qu’ils souhaitent de leur vie. Malgré leur jeune âge, ils sont déjà sur le marché du travail et c’est en partie ce qui entraîne cette remise en question de leur part : ils se demandent s’ils n’ont pas choisi leur voie trop rapidement.

Au fil des chapitres, Olivia et Matt se racontent tour à tour. Pourquoi avez-vous choisi de présenter cette histoire par le biais de deux voix?
Dans un roman où la relation entre les personnages est aussi importante, j’aime avoir accès aux pensées des deux protagonistes. Cela permet une perspective plus profonde qui donne la possibilité de mieux comprendre les personnages et d’observer les situations qu’ils vivent sous différents angles. Par exemple, Matt et Olivia peuvent partager un moment et ressentir des émotions opposées. Le lecteur pourrait alors être surpris ou confus par leurs réactions s’il n’avait pas accès aux deux points de vue.

Vous parlez notamment d’amitié et d’amour dans vos romans. En quoi ces thèmes vous inspirent-ils?
J’adore créer des liens entre mes personnages et les faire évoluer en fonction du contact qu’ils ont avec les autres. L’amitié et l’amour sont des thèmes universels, ce qui offre la possibilité au lecteur de s’identifier facilement aux personnages. En plus d’être des sujets intemporels, ils peuvent être exploités de différentes manières sans être redondants. Les possibilités d’interprétation sont infinies, ce qui permet à chaque auteur de donner vie à son propre récit, malgré un point de départ (ou de fin) qui pourrait être similaire: ce sont les personnages qui rendent le roman unique.

Photo : © Fred Boudreau

Publicité