À peine entrée dans l’adolescence, Lia doit quitter son pays, c’est-à-dire tous ses repères et ses amis. Alors qu’elle s’apprête à entreprendre le long voyage en avion qui l’amènera, avec sa famille, de la Roumanie au Québec, ses premières règles se déclarent. Arrivée en terre d’accueil, elle doit encore apprendre une langue qu’elle ne connaît pas, apprivoiser une école tout à fait inconnue et nouer d’autres amitiés. Malgré l’ampleur des défis, Lia, la protagoniste de la bande dessinée La nouvelle (Scholastic) de l’artiste montréalaise Cassandra Calin, y fera face. Découragement et déception ne seront pas exempts de l’aventure, mais tranquillement, grâce entre autres au dessin et aux relations qu’elle parviendra à tisser, elle vivra plusieurs moments précieux.

Vous avez déjà fait connaître votre travail de bédéiste par l’intermédiaire de votre série Cassandra Comics, qui présente des situations suggérées par votre quotidien en quelques cases, mais La nouvelle est votre premier roman graphique et, qui plus est, adressé à un lectorat jeunesse. Qu’est-ce que cet album représente pour vous?
La nouvelle est une histoire inspirée par mon immigration au Canada quand j’étais plus jeune. C’était une période dans ma vie où tout était nouveau : le pays, la langue, l’école, les amis… En plus de tous ces changements, j’ai eu mes premières règles aussi, qui n’étaient pas agréables. J’ai voulu partager mon expérience à travers un roman graphique que j’aurais adoré lire en grandissant. Ce livre me tient à cœur, non seulement parce que l’histoire est très personnelle et touchante, mais aussi parce que j’ai toujours rêvé d’écrire un roman graphique. Le personnage principal, Lia, est une jeune fille qui, en plus de composer avec les changements qu’apporte l’adolescence, doit s’adapter à un nouveau pays et à une nouvelle langue. Les amis, la famille sont là pour la soutenir, mais il y a aussi l’art qui l’aide à s’émanciper.

Comme l’histoire de Lia s’inspire beaucoup de la vôtre, quelle place prend l’art dans votre propre vie?
Ma passion pour l’art a toujours été constante dans ma vie. J’ai commencé à dessiner depuis que j’ai tenu mon premier crayon, et je n’ai pas arrêté depuis. L’art est ma façon de m’exprimer, mon havre de paix, et en grande partie qui je suis.

Pourquoi avoir eu envie d’écrire pour les jeunes?
J’ai voulu raconter une histoire que j’aurais moi-même aimé lire quand j’avais l’âge de Lia. Avec tous ces changements, j’aurais apprécié un livre aussi réconfortant que La nouvelle, pour me rappeler que tout ira bien même dans les moments difficiles. Pour moi, c’est important de se sentir compris et de savoir qu’on n’est pas seul, surtout durant l’enfance et l’adolescence.

Avec le recul, qu’aimeriez-vous dire à un adolescent ou une adolescente en proie aux bouleversements qui l’assaillent?
Le changement est parfois difficile et inconfortable, mais il faut aussi le voir comme un atout, une opportunité de grandir et de se surpasser. Au cours de ma vie, j’ai appris que, malgré tous ces défis, tout finit par bien aller. Les moments difficiles te permettront de t’épanouir et d’apprendre à mieux te connaître.

Le fait d’avoir eu à immigrer alors que vous n’étiez pas encore sortie de l’enfance a assurément contribué à forger ce que vous êtes. Qu’est-ce que cette expérience vous a appris de fondamental?
Cette expérience m’a beaucoup fait apprécier les sacrifices que mes parents ont faits pour nous offrir une meilleure vie. En tant qu’enfant, c’était plus simple de s’adapter, d’apprendre une nouvelle langue et d’apprivoiser un nouvel environnement. En grandissant, j’ai compris l’ampleur de cette expérience et à quel point c’était encore plus difficile pour mes parents de quitter le pays et de recommencer une nouvelle vie. Je suis reconnaissante envers eux et de tout ce qui m’a amenée jusqu’au moment présent, c’est-à-dire les liens que j’ai tissés, l’éducation que j’ai eue, la découverte de diverses cultures, les opportunités dans ma carrière, etc.

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