La diversité des voix qui façonnent notre culture

Les éditions Somme toute ont vu le jour à Montréal en 2013. Elles offrent une multitude de points de vue sur notre société, publiant des essais traitant des enjeux sociétaux contemporains, mais aussi du théâtre, des biographies, des essais féministes et bien plus encore, faisant de leur catalogue un véritable reflet de la diversité. On remarque que les éditions Somme toute semblent favoriser les échanges en publiant, dès 2015, des collectifs écrits par onze auteurices racontant leurs expériences. Bref, voici trois bonnes raisons de lire les collectifs 11 brefs essais.

1. La variété des thèmes abordés en lien avec des enjeux d’actualité
L’amour, la beauté, la communauté queer, la justice climatique, l’égalité des sexes, le racisme, l’austérité et la résilience urbaine font partie des thèmes abordés avec brio dans les ouvrages. Chaque essai de la collection explore un sujet différent, offrant une palette de réflexions qui peuvent enrichir notre compréhension surtout si ceux-ci sortent à des moments où ces enjeux sont particulièrement d’actualité. Par exemple, 11 brefs essais contre le racisme, paru en 2019, s’inscrit parfaitement dans les débats qui ont marqué le Québec autour de la reconnaissance du racisme systémique. En effet, François Legault et d’autres figures politiques ont souvent rejeté ou minimisé l’usage du terme racisme systémique, préférant parler de discrimination ou de préjugés1. Cependant, après la publication du rapport du Comité sur le racisme systémique du gouvernement, on conclut à l’existence du racisme systémique dans certaines institutions québécoises2.

2. La pluralité des points de vue
L’une des forces des collectifs 11 brefs essais réside dans la pluralité des voix qui les composent. En voyant les défis auxquels les auteurices ont été exposés lors de différents événements, cela peut motiver les lecteurs et lectrices à s’accepter alors qu’eux aussi ont une opinion différente de la norme. En réalité, chaque directeur ou directrice de projet semblait non seulement interpréter le sujet à sa manière, mais aussi le redéfinir, en l’intégrant à sa propre perception, ce qui faisait que l’approche d’un même problème pouvait se décliner en solutions multiples, uniques et parfois divergentes. Par exemple, Marie-Ève Kingsley, directrice de 11 brefs essais queers, avait comme ligne directrice que « les gens puissent lire ce que c’est, habiter un corps queer3 », et qu’ils puissent réfléchir sur leur rapport au monde. On peut entre autres lire Matéo Pineault nous raconter les difficultés qu’il a rencontrées lors de sa chirurgie. À la manière d’un grand frère ou d’une grande sœur, chaque auteurice nous offre un texte authentique, sans filtre et d’une dimension humaine indéniable. Cette pluralité des points de vue issus de communautés marginalisées stimule le débat et pousse à une remise en question nécessaire.

3. La présence du militantisme à travers les textes
Les essais ne se contentent pas de décrire des réalités sociales; ils sont également un appel à l’action qui va au-delà de la simple description. En dénonçant les injustices et en offrant des solutions pour une société plus équitable, ces essais se révèlent être de véritables instruments de changement. Par exemple, Éléonore Delvaux-Beaudoin et Martine Delvaux, dans la préface de 11 brefs essais pour la justice climatique, soulignent l’urgence de la situation et la nécessité de réagir face à la crise climatique : « Nos rêves sonnent l’alerte. […] Ils nous disent qu’il faut être au rendez-vous. Toutes les nuits, nos rêves insistent : si c’est bien la fin du monde, préparez-vous à lutter4. » De plus, chaque texte est un bon outil de vulgarisation de concepts complexes, surtout dans un monde où l’information est abondante, mais souvent fragmentée. Ainsi, c’est « à travers de courts textes signés5 » que cette collection est une porte d’entrée vers des discussions. Et même si Chloé Savoie-Bernard, Marilyse Hamelin et Steve Gagnon disent que « tout n’est pas gagné », au moins chaque auteurice apporte sa propre touche, que ce soit par l’essai, la poésie, la nouvelle ou la réflexion personnelle. De plus, ils sont aussi un moyen de soutenir des causes communes et de renforcer notre sentiment d’engagement envers une société plus juste.

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1. BOISCLAIR, Valérie, La discrimination existe au Québec, mais elle n’est pas systémique, selon Legault, Radio-Canada, 2020, (en ligne)
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1708260/racisme-francois-legault-quebec-discrimination-manifestation-livre-vert (Consulté le 1er mars 2025)
2. DÉFENSE NATIONALE, Rapport final du Groupe consultatif du Ministère sur le racisme systémique et la discrimination, 2022, (en ligne)
https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/nouvelles/2022/04/rapport-final-du-groupe-consultatif-du-ministere-sur-le-racisme-systemique-et-la-discrimination.html (Consulté le 1er mars 2025)
3. LAROCHELLE, Samuel, « L’avenir ne peut-être que queer », 28 avril 2023, Fugues, (en ligne) https://www.fugues.com/2023/04/28/lavenir-ne-peut-etre-que-queer/ (Consulté le 1er mars 2025)
4. COLLECTIF, 11 brefs essais pour la justice climatique, 2024, p. 13.
5. Revue Livre d’ici, « 11 brefs essais pour l’égalité des sexes : Horizons féministes émergents », 2019, (en ligne),
https://revuecollections.com/livres/11-brefs-essais-pour-legalite-des-sexes-horizons-feministes-emergents/ (Consulté le 1er mars 2025)
6. Ibid.

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