Le dénuement met en scène deux âmes qui se sont éloignées, l’une par choix, l’autre par obligation. Marius, peintre déprimé par sa rupture, et Myriam, oncologue étouffée par la mort autour d’elle, cherchent à s’émanciper à la suite de leur divorce. Des expériences nouvelles, ou renouvelées après de longues années d’oubli, sont au centre de ce court récit. Anne Genest offre une œuvre sensible et douce, sur le besoin de respecter la pauvreté sous toutes ses formes et sur la misère, parfois invisible au premier regard. Un roman qui se lit comme on glisse sur une vague, calme et légère et qui nous apprend à reprendre notre souffle dans les situations où nous avons l’impression de ne plus en posséder du tout.
Numéro 151
Libraire d'un jour
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Les libraires craquent
Pis, un jour, il a fallu faire des lunchs
Dans son premier roman, Blaise Durivage dépeint un samedi de Pâques des plus agités pour sa famille peu ordinaire : Blaise, son conjoint Philippe et leurs jeunes fils Elliot et Félix. Il en profite notamment pour explorer à coups de flashbacks les vertiges de la parentalité, du processus d’adoption, de la gestion d’un enfant vivant avec un trouble du spectre de l’autisme. À travers ce chaos domestique, les doutes, les joies, les peurs et les petits gestes du quotidien revêtent un aspect universel, touchant et drôle. Ce récit simple et sincère, rédigé dans une prose fluide et tendre, capte avec justesse la vie familiale dans ce qu’elle a de plus absurde et sublime.
Ce qui se passe en moi aura lieu de toute façon
Suzanne vient de mettre au monde son premier enfant. L’événement ne se passe pas comme prévu — une césarienne lui est imposée, écartant avec elle le plan de naissance et les rêves d’un accouchement naturel. Dépossédée de son corps, ses souvenirs volés, la nouvelle maman tente de se retrouver, de reprendre sa place et d’entrer dans son nouveau rôle, sans succès. Dans ce premier roman, Julie Benoît traite d’un sujet mille fois abordé, mais avec un renouveau qui nous réconcilie avec le genre. Ici, c’est la vérité crue qui est dévoilée : chaque mot, chaque phrase illustre le combat mené par Suzanne à travers une écriture brute et maîtrisée, qui nous confronte sans gants blancs aux réalités vécues par certaines mères.
Ne pas aimer les hommes
Récit en trois parties, ce livre nous amène à la découverte des diverses relations que la narratrice a eues avec des hommes, tout en exposant celles avec sa grand-mère et sa mère, qui ont été trop souvent déçues par l’absence et les mensonges. Dès les premières pages, la narratrice déclare ceci : « Ma grand-mère m’a appris à ne pas aimer les hommes. » Des liens qu’elle n’a pas eus avec son père biologique à ceux avec son beau-père ou aux rapports amoureux qui ont habité son adolescence, l’autrice de Ne pas aimer les hommes explore avec une extrême lucidité et une vérité crue les thèmes de l’amour et de la sexualité.
Il faut beaucoup aimer les femmes qui pleurent
Dans ce livre très personnel, Martine Delvaux rectifie l’histoire d’amour racontée dans Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage. La réécriture est une plongée dans l’intimité de la narratrice, dans ses souvenirs, heureux comme malheureux, mais aussi dans les livres, le tout pour tenter de mettre au jour le vrai ou, du moins, ce qui est possible d’en révéler à partir de ses souvenirs. Plus que l’histoire de la relation elle-même, Il faut beaucoup aimer les femmes qui pleurent est surtout un lieu pour interroger la pratique de l’écriture, son pouvoir réparateur, les limites de la vérité ou la place de la littérature dans une vie. Un livre aussi brillant qu’émouvant.
Le bonheur
Dans cette fresque historique déconstruisant le mythe tenace d’une France largement résistante, Kawczak dessille notre regard trop longtemps occulté par les euphémismes politiquement commodes. Le bonheur débute avec des accents épiques et romantiques qui rappellent le Victor Hugo des Misérables. Avec ces Cosette et Gavroche juifs, on tremble de terreur au fond d’une vieille grotte froide et humide en écoutant les râles pitoyables d’un diable surpassé par ses mortels affidés. Car l’idyllique campagne franc-comtoise s’apprête à devenir le théâtre des cruautés les plus tordues d’un étrange officier SS dépourvu de visage. Roman exigeant et changeant, ce livre surprend avec ses trois parties dont la forme et le fond divergent radicalement.
Eka ashate/Ne flanche pas
Naomi Fontaine nous propose dans son dernier livre, un grand hommage à sa mère et aux récits de vie des aînés de sa région natale, Uashat. À la suite des pensionnats, plusieurs Autochtones ont dû réapprendre à vivre et à se réapproprier leur identité. Nous constatons, dès les premières pages, la force et la résilience des Innus face à cette épreuve. On ressent ainsi un profond désir de la part de l’auteure de faire évoluer les mentalités face au vécu de sa communauté. Elle fait aussi de son livre une véritable célébration de sa culture qui poursuit toujours le même combat, soit de perdurer. La plume unique de Naomi Fontaine saura vous émouvoir et vous faire réfléchir. Une lecture qui a assurément marqué mon année 2025!
Le chien ne meurt pas à la fin
Après son excellent roman Comme un long accident de char, Joël Martel revient avec une deuxième œuvre qui confirme son statut d’auteur québécois incontournable que vous devez absolument lire, si ce n’est pas déjà fait! Dans Le chien ne meurt pas à la fin, l’écrivain nous invite à plonger au cœur de divers souvenirs. Le fil conducteur de ces réminiscences? Les animaux de compagnie qui ont contribué à les façonner et à les rendre inoubliables. À la fois émouvant et drôle, ce roman rend hommage avec sensibilité à ces bêtes, présentes dans les moments plus joyeux et plus sombres du quotidien. Une histoire que vous voudrez lire auprès de votre animal de compagnie!
La fille de la foudre
Un livre lu d’une traite, la larme à l’œil souvent. Dans ce second opus, rythmé de dichotomies opposant noirceur et lumière, doute et espoir, souffrance et renaissance, l’autrice explore ce qu’il en coûte d’apprendre à vivre avec soi-même, dans toutes ses nuances et ses zones d’ombre. Comment arriver à s’apprivoiser à travers sa foudre intérieure? Les images sont fortes, percutantes, bouleversantes, et la poésie qui en émane, d’une magnificence qui marque les esprits. Gabrielle Boulianne-Tremblay est une fée magicienne des mots.
Coco
Dans cette suite attendue (par moi en tout cas!) de la série Leslie et Coco, Marie Demers réussit son pari de nous faire découvrir la seconde partie de ce duo qui nous avait charmés en 2019. Alors que dans Leslie on était dans la lenteur, dans Coco, on se retrouve dans une histoire rythmée et presque étourdissante! Avec la finale de Leslie, on avait hâte de connaître la suite de cette trilogie touchante et j’ai adoré retrouver ce personnage qu’on idolâtre presque tout au long de la série, mais cette fois-ci avec ses imperfections, ses mauvaises décisions et son passage à l’âge adulte plus complexe que prévu. Une série qui se conclut avec brio et qui donne hâte de voir ce que nous réserve l’autrice pour la suite!
Oasis
Dans un récit plus intime qu’à son habitude, Marie-Christine Chartier réussit encore une fois à nous livrer une œuvre touchante et bien ficelée. Dans ce roman autofictionnel, on découvre le personnage d’Emma, jeune femme fonceuse et qui se découvre au fil de ses relations. Avec une protagoniste attachante chez qui l’on reconnaît nos propres failles, le roman est construit de sorte que l’on évolue avec elle et que l’on saisisse les différents éléments qui la mèneront à se comprendre et à mieux vivre ses interactions avec les autres et avec elle-même. Un roman abouti qui témoigne de l’expérience de l’autrice et dans lequel elle apparaît plus ouverte que jamais
Tout cela m’appartient
Dans une prose poétique, touchante, profondément authentique, Virginie Chaloux-Gendron expose une histoire : celle d’une femme, d’une mère qui a connu la violence d’un homme. Un jour, elle décide de prendre la parole pour dénoncer les violences psychologiques, physiques et sexuelles subies, mais se retrouve face au processus judiciaire déshumanisant, long, interminable. Tout cela m’appartient est avant tout le récit d’une réappropriation : celle d’une voix qui a été autrefois étouffée. C’est un cri du cœur dans toute sa vulnérabilité et toute son humanité. Un récit percutant habité par une écriture sensible, réfléchie, qui vous habitera longtemps après l’avoir terminé.
Les yeux clos
Peut-on être bouleversé par une œuvre d’art au point de remettre en question le sens de toute une vie? Alex, brillant journaliste d’agence, va quitter sa confortable routine parisienne après avoir posé le regard sur une petite toile d’Odilon Redon représentant une femme aux yeux clos. Pour aller où? Ouvrir grand les yeux sur l’Amérique et ses faits divers absurdes, liés à des excès de confiance en la technologie. En multipliant les rencontres, en voulant s’interroger sur les addictions de notre époque et malgré des intentions louables… Alex va trébucher sur ses principes et contribuer à nourrir la grande matrice cynique de l’info. Avec une construction narrative très habilement menée, Philippe Yong évite l’écueil de la fameuse « crise de la cinquantaine rédemptrice » du héros pour nous embarquer dans un road trip fascinant, émouvant et d’une profonde pertinence.
Ici par hasard
Carolanne Foucher a une écriture qui nous chamboule l’émotion comme j’en ai rarement lu. Que ce soit en poésie ou en théâtre, on ne sort jamais indemne de ses ouvrages tant elle sait jouer dans la blessure de l’intimité avec brio. Avec Ici par hasard, Foucher revient au théâtre par des dialogues savoureux d’une fratrie que tout oppose sauf le deuil, et encore. En bref, si vous voulez vous faire brasser l’émotion jusqu’à tard dans la nuit, même la veille d’un jour de job, c’est la pièce pour vous. Sinon, lisez-la dans votre prochain party de famille, ça fera office de spectacle et aussi de remise en question. Êtes-vous plus eau, feu, air ou terre?
Précieux sang
Marie-Hélène Voyer revient en solo, après un recueil à six mains, avec une poésie documentaire qui n’est pas sans rappeler la superbe bande dessinée Radium Girls de Cy. Dans Précieux sang, on suit — on ressent — les femmes qui travaillaient dans les usines d’allumettes pendant la guerre. Ces allumettières dont la vie difficile en manufacture a brisé, déchiré, brûlé le corps. C’est un livre poignant et juste, comme Voyer sait si bien en faire. En plus, la partie « recueil de poésie » est suivie d’un essai constitué de textes très brefs, presque des fragments, qui expliquent la démarche de création de l’autrice. Ce qui, en soi, est une façon particulièrement sensible de voir la vie.
La robe en feu
Dans ce deuxième recueil de poésie, Gabrielle Filteau-Chiba met de concert la redécouverte de soi ainsi que la régénérescence de la forêt. Elle caresse, avec la douceur de sa plume, la possibilité d’un avenir meilleur. S’imaginer autrement en tant qu’individu ou société comme la faune et la flore se réinventent grâce à la résilience de la nature. Intime, confrontant et lumineux, La robe en feu est un onguent qui apaise les maux de tous les jours tout autant que les cicatrices laissées par l’écoanxiété.
Poussiéreuse
Premier recueil d’une jeune poétesse en quête d’identité : celle de ses territoires, de ses langues, de ses cultures, de sa féminité. De ses minorités. Jeune femme dans un monde d’hommes. Wolastoqey, trop autochtone pour les Blancs et vice-versa. Pas assez brayonne ou acadienne non plus. Jeune en porte-à-faux avec le mode de pensée des anciens tout en cherchant à rétablir les liens sacrés avec la nature et sa/ses cultures. Écartelée, discriminée, animée d’une juste colère, Jessica Gagnon réussit dans un langage épuré parsemé d’anglais et de wolastoqey à lever le voile sur la femme qu’elle devient peu à peu. À faire naître de la lumière aussi, celle qui reste lorsque retombe la poussière.
Le pays des autres (t. 3) : J’emporterai le feu
Cette conclusion magistrale à une trilogie déjà classique est certainement le plus beau livre de Leïla Slimani à ce jour. Explorant la période s’échelonnant des années 1960 à nos jours, J’emporterai le feu se rapproche des enjeux du Maroc contemporain en l’éclairant depuis son histoire politique récente. L’histoire de la famille Belhaj poursuit ses ramifications et l’on retrouve avec bonheur sa deuxième et troisième génération. Le propos féministe s’incarne solidement dans la trajectoire d’Aïcha (devenue gynécologue) ainsi que dans celles de ses filles, Inès et Mia. Mais surtout, ce livre est celui de l’exil et de l’immigration, de celles et ceux qui seront toujours perçus comme des étrangers, que ce soit dans leur pays d’origine ou d’accueil.
Big Chief
Première Nation de Passage Rouge, Wisconsin. Devenu avocat, Mitch Caddo est revenu vivre sur la réserve même si, en tant que Métis, il ne s’y est jamais senti totalement accepté. Deux ans auparavant, il a aidé Mack, son ami d’enfance, à devenir chef du conseil tribal. Mais plutôt que de prendre ses distances de l’administration précédente, ce dernier s’est acoquiné avec l’ex-chef et Mitch doit réparer les pots cassés. À quelques jours d’une nouvelle élection qui s’annonce perdue d’avance, Mack utilise magouilles et violence pour réduire l’avance de son adversaire. Que fera Mitch, déchiré entre ses sentiments amoureux, son amitié pour Mack et ses liens avec Joe Beck, son mentor, que Mack veut chasser de la réserve? Un premier roman fort réussi.
Tokyo Sympathy Tower
Couronné du prestigieux prix Akutagawa, ce premier roman de la jeune Rie Qudan est une entrée fracassante en littérature! Dans le sillage assumé de Mishima, l’autrice imagine une starchitecte taraudée par la question de la perméabilité du discours intérieur aux obsessions modernes du monde occidental. Autoanalysant la pénétration de la langue japonaise par des termes anglais, elle nous donne un accès sans filtre à son irrévérencieux discours intérieur. Cette architecte, Sara Machina, travaille à un ambitieux projet de tour au centre-ville de Tokyo. Là où le plan devient moins orthodoxe, c’est que cette tour de luxe est vouée à devenir une prison. Ce livre est une prouesse extrêmement féconde philosophiquement!
Le jardinier et la mort
Guéorgui Gospodinov offre, dans ce récit où se déploie avec force l’amour filial, un témoignage tendre et bouleversant sur les derniers mois de la vie de son père qu’il a accompagné jusqu’à son dernier souffle. Malgré le désarroi du narrateur face au rôle d’aidant et la douleur immense de la perte, le récit est traversé d’éclats de lumière, tels que les histoires loufoques tirées de l’ère soviétique en Bulgarie que racontait son père et, surtout, la chronique des soins jaloux qu’il apportait à son jardin. En homme qui aimait ne rien posséder, son jardin sera son seul véritable legs, le seul endroit en ce bas monde où la résurrection est possible. La mort? Rien d’effrayant, comme le dit le principal intéressé.
Retrouve-moi à Whisperwood
Dans ce roman empreint de magie, deux jeunes sœurs se réfugient dans un monde imaginaire pour fuir les horreurs d’un monde en guerre en 1939. Vingt ans plus tard, à la suite de la disparition de sa sœur dans un contexte des plus mystérieux, nous suivons Hazel, qui reçoit, dans une librairie de livres anciens, un ouvrage contenant le monde imaginaire inventé avec sa petite sœur. Un roman énigmatique, avec des touches d’histoire concernant la Deuxième Guerre mondiale et suivant une saga familiale touchante. Une œuvre parfaite à lire en automne puisque l’ambiance est au rendez-vous dans cet excellent roman.
La colonie
S’écroulant sous le poids d’un burnout professionnel, Emelie s’isole en forêt de l’arrière-pays suédois et tente de reprendre son souffle. Se croyant à l’abri de toute civilisation, elle aperçoit un groupe d’individus étrange, déconnecté des codes sociaux traditionnels. Composée de sept membres d’âges et d’horizons différents, cette communauté s’autosuffit, danse sans musique, parle peu et dort sous Grand-Sapin. Emelie note ses observations dans un cahier, tandis que le lecteur est amené à comprendre ce qui a mené chacun d’entre eux à faire partie de la Colonie. Lorsqu’Emelie rencontre le groupe, ses manières citadines chamboulent le bonheur de ce dernier, à l’équilibre plus précaire qu’il n’y paraissait au premier abord. Annika Norlin propose une œuvre judicieusement façonnée sur le pouvoir et ses abus, sur la façon dont une accumulation d’indécisions peut si facilement dégénérer en cruauté.
Funny Story
La veille de son mariage, Daphnée apprend que son fiancé, Peter, la quitte. Il veut tenter sa chance avec Petra, sa meilleure amie d’enfance. Daphnée doit donc déménager le plus rapidement possible. L’unique solution : habiter avec Miles, l’ancien amoureux de Petra. Lorsqu’elle reçoit l’invitation du mariage de Peter et Petra, une alliance se forme entre les nouveaux colocataires. Pourquoi ne pas se venger en laissant croire qu’ils forment un couple? La complicité entre Daphnée et Miles dépassera en peu de temps celle attendue entre deux colocataires. Cette proximité les forcera chacun à confronter leur passé tourmenté. Funny Story est une preuve que la romance moderne peut comporter des personnages vraisemblables tout en faisant rêver.
Scènes endormies dans la paume de la main
« Je ne savais plus où j’en étais, je voulais à la fois que l’œuvre finisse vite et qu’elle ne finisse jamais. » Un extrait qui résume bien l’état de ravissement lorsque, néophyte, j’ai parcouru ces nouvelles de Yôko Ogawa. On se laisse transporter d’un univers à l’autre avec, chaque fois, un brin de nostalgie de quitter l’histoire précédente. Un point en commun : l’admiration, un sentiment profondément humain et universel qui nous ramène à l’enfance et qui nous donne envie de nous plonger dans une musique, une pièce, un spectacle, un tableau. Le tout avec des parfums de la culture raffinée et subtile du Japon. Scènes endormies dans la paume de la main a été pour moi un rite initiatique à cette écrivaine stylée dont j’explorerai maintenant avec intérêt l’œuvre intégrale.
Atmosphère
Avec Atmosphère, Taylor Jenkins Reid signe un roman d’une gravité douce et céleste, où le vide spatial devient le théâtre fragile d’une intimité bouleversante. Joan Goodwin, astrophysicienne réservée, rejoint la NASA en 1980, portée par sa fascination pour les étoiles et l’espoir de devenir l’une des premières femmes à quitter la Terre. À mesure que l’entraînement avance, des amitiés profondes se tissent, des passions inattendues surgissent, interdites et incandescentes. Dans ce récit poignant, l’autrice explore la solitude, le désir, la force et la fragilité de ceux qui rêvent grand. Elle entrelace la quête des étoiles et celle de soi, l’infini du cosmos et les battements discrets d’un cœur qui aime en silence.
Le cercle
La communauté métisse de Winnipeg est en émoi : Phoenix Stranger sort de prison. Chaque chapitre du roman de Katherena Vermette donne voix au cercle relationnel de Phoenix : cousin·es, tantes, grand-mères, ami·es de la famille, tous et toutes sont témoins — directs ou indirects — de la série d’événements que sa sortie va provoquer. En parallèle, l’autrice montre les différents fils qui tissent cette communauté, plus ou moins bien serrée; chapitre après chapitre, elle met en lumière les vies de ses personnages, traversées de regrets, de traumas et de souffrances passées transmis de génération en génération, mais illumine aussi leurs ambitions, leurs espoirs, et la volonté pour certain·es de briser le cycle de la violence et de guérir.
Japon : 25 itinéraires de rêve
Vous connaissez déjà la collection « 50 itinéraires de rêve » de chez Ulysse? Alors, découvrez sa petite sœur : les « 25 itinéraires de rêve ». Cette nouvelle formule, au format similaire, décrit jour par jour chaque circuit dans des textes plus fouillés. Dans ce beau livre imagé sur l’archipel du Soleil levant, vous serez ravi de découvrir une grande diversité : les amoureux de nature comme les amateurs de culture sauront trouver leur compte entre ces pages. À vélo, en auto ou à pied, vous parcourrez les villes et la campagne japonaise grâce aux conseils de l’auteur. Des encadrés « bons à savoir » vous donnent des informations pratiques essentielles et des cartes agrémentent le texte, un ensemble qui vous donnera à coup sûr envie de réserver votre prochain vol…
Oser partir seule! Le guide pour les aventurières qui voyagent en solitaire
Actuellement en train de réaliser un tour du monde en autostop, Juliette Hamon partage ici ses conseils pour que d’autres femmes tentent l’aventure du voyage en solo. Si vous avez des doutes, mais des rêves plein la tête, ce livre-témoignage inspirant vous aidera à définir le type de voyage qui vous correspond, vous apprendra à l’organiser et à protéger votre santé mentale en chemin. Mais ce que j’ai surtout apprécié dans cet ouvrage, c’est que l’autrice offre une introduction à une façon de voyager plus responsable et un point de vue simple et décomplexé sur les stéréotypes du voyage au féminin. En bonus : les chapitres sont ponctués d’interviews d’autres aventurières voyageuses. Repenser ma vision du tourisme me semble plus simple après cette lecture.
Berthe Weill : Galeriste de l’avant-garde parisienne
On entend peu parler des galeristes, encore moins lorsqu’il s’agit d’une femme. Berthe Weill a tenu une galerie dans le quartier Montmartre à Paris de 1901 à 1941; sur sa carte publicitaire, on pouvait lire « Place aux jeunes ». Une pionnière persévérante, passionnée, qui aimait prendre des risques. Elle a encouragé plusieurs jeunes artistes en début de carrière, dont Picasso alors qu’il n’avait que 19 ans, Matisse, Modigliani, Émilie Charmy, Suzanne Valadon. À travers les expositions qu’elle organisait, elle a défendu les mouvements émergents, dont le fauvisme et le cubisme. Ce livre illustré d’œuvres d’artistes de l’époque, de quelques lettres et de photos d’archives, ainsi que de l’exposition qui a eu lieu au Musée des beaux-arts de Montréal l’été dernier, se veut un hommage à cette femme exceptionnelle.
Chagrin d’un chant inachevé : Sur la route de Che Guevara
Je me rue sur les livres de François-Henri Désérable comme le moustique sur le pauvre gringo. S’il existe un écrivain voyageur dont l’écriture n’est pas barbante ni frelatée de poncifs exotiques, c’est bien lui. Il voyage pour se frotter le fion au siège des humanités et possède un sens de l’observation unique en son genre. Après avoir réalisé une partie de l’itinéraire de Nicolas Bouvier en Iran dans L’usure d’un monde, il continue d’arpenter les chemins d’éminents personnages en se basant maintenant sur les journaux de route d’Ernesto « Che » Guevara et de son fidèle acolyte Alberto Granado. Désérable nous trimballe de page en page dans une traversée palpitante et effrayante qui passe par l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou, la Colombie et le Venezuela. Les anecdotes, tant littéraires que personnelles, et les mésaventures obligatoires dans tout bon séjour en backpack ponctuent délicieusement son récit. Il donne aussi une belle place à ses rencontres, toujours significatives pour lui, et rend tangible les différentes réalités socioéconomiques de l’Amérique du Sud. Je salue ce grand gaillard qui s’exprime avec une telle liberté et une telle intelligence qu’on ne peut que vouloir le suivre dans toutes ses marottes!
Les Valkyries : Suivez vos rêves et prenez vos risques
Une perspective plus intime de celui qui a donné vie à la « Légende personnelle » dans L’alchimiste, qui a marqué tellement d’humains partout dans le monde. Cette fable autobiographique nous ouvre sur un Paulo Coelho dans son rapport avec Dieu, la spiritualité, l’intuition et son côté mystique, presque magique, jusque-là inédit, du moins d’un point de vue aussi directement propre. Ce livre nous permet de prendre la mesure de l’importance de l’amour et de l’appui d’un autre qui croit en nous, en nous donnant à connaître celle qui partage l’existence de l’auteur depuis de longues années. Le périple des femmes qui parcourent le désert à cheval ajoute à l’atmosphère mystique. Prélude à L’alchimiste, cette histoire vécue, authentique, inspire à croire en ses rêves, à laisser le passé là où il doit être pour renaître de ses cendres.
Quand nos os retourneront à la terre
Quand nos os retourneront à la terre est un chant funèbre et enivrant, où V. E. Schwab explore l’éternité à travers le regard de trois femmes immortelles liées par le sang. Proies et prédatrices à la fois, elles fuient, aiment, détruisent et cherchent un sens à leur survie. Ce n’est pas une simple histoire de vampires, mais un récit sur la faim de liberté, d’amour, et de vérité. Schwab y dissèque le pouvoir, le consentement, la solitude, dans une langue somptueuse, parfois cruelle, toujours vibrante. Chaque phrase semble arrachée à la chair, chaque émotion creuse un peu plus profondément. Un roman hypnotique, traversé de beauté sombre, de passions féroces et de silences brûlants.
Obscure et céleste
Florence, 1631. Une épidémie de peste frappe la région, mobilisant les prières de tous les lieux de culte. Le grand-duc de Toscane délègue le chanoine Cini au couvent de San Matteo où des rumeurs évoquent des rendez-vous galants, peut-être source du courroux de Dieu. Le chanoine y croise le grand Galilée, son ancien mentor, habitant tout près depuis peu afin de visiter ses deux filles qui y vivent. Mais voilà qu’on découvre un matin le cadavre d’une religieuse au pied du beffroi… Tout en enquêtant avec Cini sur ce décès suspect, Galilée s’affaire à finaliser un traité important qui risque de contredire le dogme catholique, ce que Rome voit d’un fort mauvais œil… Voilà, la table est mise pour un polar historique aussi captivant qu’instructif.
Passages
Étrange chassé-croisé, labyrinthe littéraire et historique, le livre Passages nous offre un voyage extraordinaire. D’une île en Polynésie jusqu’au Paris de l’occupation, une femme recherche son amant inlassablement au fil de plusieurs vies, d’un échange d’âme à l’autre, en faisant fi du danger et des dommages causés sur son chemin. À la fois histoire d’amour, quête mystique et dangereuse recherche d’un livre perdu, cet ouvrage invite le lecteur à naviguer avec plaisir à travers les époques et à croiser d’illustres personnalités telles que Charles Baudelaire et Coco Chanel. Assurément un roman original, qui offre la possibilité de le lire de deux façons; d’un couvert à l’autre, ou dans l’ordre — précis, étudié — de la Baronne. Laquelle choisirez-vous?
Requiem pour la dame blanche
Front de la Somme, automne 1916. Le commandant Saint-Léger et un petit groupe de soldats s’improvisent justiciers et éliminent une chanteuse célèbre, soupçonnée d’espionnage. Peu après, l’un des militaires confie à un camarade qu’ils se sont trompés… avant d’être tué à son tour dans des circonstances totalement incompréhensibles. Quinze ans après, le commandant invite chez lui les survivants, prétextant être en mesure de maintenant identifier le véritable espion. Maison isolée, panne d’électricité, importante chute de neige : tout contribue à créer un huis clos infernal où la méfiance est de mise. L’auteur livre un de ces récits à énigmes à la Agatha Christie qu’on ne peut lâcher avant de connaître le fin mot de cette affaire. Brillant!
Entre autres univers
Assistante de recherche à la NASA, Raffi se sent déphasée de tout… sauf peut-être de Britt, une artiste fantasque. Et si toutes deux s’étaient rencontrées plus tôt? Dans chaque chapitre de cet OVNI littéraire, Raffi intègre une nouvelle réalité où les choses deviennent différentes… et parfois très étranges, comme des reflets métaphoriques de son état mental. Entre un monde où les mères se fracturent en hordes d’animaux lorsqu’elles donnent naissance, ou un autre où une pieuvre vit sous la peau de sa conjointe, Raffi cherche sa place. Mais il n’est pas facile de se défaire de ses erreurs et du poids des regrets. Un roman très émouvant, qui interroge en filigrane la possibilité de pardonner l’impardonnable.
Le courant d’air
Unique, ce roman policier comporte en lui-même un second roman de true crime fictif. Nous suivons l’homme qui se fait appeler « Le courant d’air », un tueur en série et violeur qui découvre qu’un livre a été écrit sur lui par une femme qui a survécu à l’une de ses attaques. Evie Black, qui s’était cachée dans la salle de bain lorsque l’intrus était entré chez elle dans sa jeunesse, nous emmène à travers la vie de chacune des victimes. Grâce à l’écriture de l’autrice, il est impossible de lâcher ce thriller alors qu’on cherche à savoir si la femme est près de connaître l’identité de l’homme qui a détruit sa famille. Je vous conseille fortement Le courant d’air, et j’espère que d’autres livres de Catherine Ryan Howard seront bientôt traduits!
Les ballades de Cadence (t. 1) : Le refrain de la rivière
Sur l’île de Cadence, chaque souffle de vent, chaque murmure d’eau et chaque frémissement de feu semblent habités par la magie. Après dix ans d’absence, Jack Tamerlaine revient sur son île natale pour affronter des enchantements anciens et des disparitions inquiétantes qui troublent la vie des habitants. Aux côtés d’Adaira, héritière du clan et ennemie d’enfance, il découvre que seule la musique peut apaiser les esprits capricieux et dévoiler les secrets enfouis de Cadence. Dans ce récit envoûtant, chaque note, chaque souffle et chaque murmure composent une atmosphère où le merveilleux et le périlleux se mêlent avec une beauté à la fois sombre et enivrante.
Une nuit d’été à Littlebrook
Maureen Martineau revient avec Une nuit d’été à Littlebrook, un suspense absolument captivant et fascinant qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière phrase! Nous y retrouvons le personnage d’Aude, qui a quitté son village natal il y a vingt ans. N’y ayant plus remis les pieds depuis son départ précipité à ses 18 ans, elle est habitée par un désir de vengeance qui la pousse à revenir dans ce coin de pays près de la frontière américaine et à dévoiler au grand jour les crimes de l’un de ses habitants par le biais d’une mise en scène. Ce livre est un suspense qui réussit, en moins de 200 pages, à créer un environnement inquiétant et anxiogène et qui réunit tous les éléments pour créer un roman noir qui marquera les esprits. Un thriller que vous ne déposerez que lorsqu’il sera terminé!
Un destin forgé dans le feu
Un destin forgé dans le feu de Hazel McBride transporte le lecteur à Tir Teine, un royaume ancien où les dragons veillent et où la lignée royale matriarcale du clan Daercathian a laissé place à des rois faibles et corrompus, asservis par une religion oppressive. Aemyra, dernière héritière bénie par le feu, surgit de l’ombre pour réclamer son trône, mais le prince Fiorean, froid et impitoyable, se dresse sur sa route. Au cœur d’une cour dévoyée, entre trahisons et passions ardentes, chaque geste devient combat, chaque désir une étincelle, et l’héritière forge son destin dans un récit où courage, ambition et passion s’entrelacent avec intensité.
Le livre des portes
L’une des facultés d’une œuvre littéraire, c’est de nous permettre de voyager dans un univers qui n’existe pas, tout en restant dans le confort de notre foyer. Nous ne pourrions pas mieux dire avec Le livre des portes, qui nous transporte littéralement d’un monde à l’autre grâce à l’incroyable pouvoir d’un ouvrage légué par un vieil homme, celui de se déplacer dans l’espace et le temps de celui qui en manifeste le souhait. Véritable hommage aux livres, aux librairies et aux histoires, cette bonne brique aux personnages attachants sera l’alliée parfaite de vos soirées d’automne et d’hiver ou pour égayer un dimanche de grisaille en ajoutant une touche de magie et d’inattendu au quotidien. Attention, cependant, que ce livre ne tombe pas entre de mauvaises mains, comme c’est le cas dans ce roman… Il pourrait bien se passer des choses terribles. Et si ce livre était lui aussi votre héritage magique? Rien n’est moins sûr!
Chère Librairie
Il existe un endroit où parcourir le monde en montgolfière et traverser le désert à dos de tricératops devient possible. Un refuge qui accueille chaleureusement tous ceux qui en traversent la porte et acceptent de s’abandonner au voyage. Avec tendresse et poésie, Emily Arrow rend un hommage plus que touchant aux librairies qui nourrissent les esprits depuis des décennies. Elle fait l’éloge de leur nécessité, mais souligne également au passage leur fragilité. À l’ère de l’instantanéité, elle prouve que rien n’équivaut au lien qui unit l’humain et l’imaginaire. Grâce aux sublimes illustrations de Geneviève Godbout, le récit prend vie et on ressent à travers elles la magie qui fait de chaque librairie un lieu unique, un lieu éternel. Dès 4 ans.
Le nid
Quelque chose dans le style du poète de Mégantic s’est déposé depuis Nocturne, son premier album jeunesse. Pour parler des caprices de l’inspiration, de la gestion de la colère et des vertus d’un certain art du déséquilibre, l’auteur nous convie à la confection d’un poème en compagnie d’un cowboy du dimanche. Peinant à trouver la grâce des muses dans sa résidence au beau milieu du désert, désemparé par le bris de sa chaise fétiche, Bill trouvera dans la compagnie de Jim l’inventeur un compagnon secourable de pêche aux idées. Les aquarelles de Martina Motzo se marient à merveille avec cette histoire drôle et poétique, faisant penser au style esquissé de Quentin Blake. Un album à offrir à toutes les rêveuses qui pêchent en plein désert! Dès 4 ans.
La petite fille et la mouette
Chaque été, Jade se rend chez sa mamie au bord de la mer. Tous les jours, une mouette lui rapporte des trésors. Un matin, cependant, quelque chose cloche chez sa nouvelle amie. Une visite chez le vétérinaire révèle ce qui la rend si malade : elle a avalé du plastique! Jade, déterminée, organise une grande mobilisation citoyenne pour inciter les gens et les compagnies produisant ces déchets à être plus responsables et respectueux envers l’environnement. Une histoire sur l’importance de tenir tête aux géants lorsque vient le moment de défendre ses convictions. Dès 3 ans.
Mini-Elise
L’adolescence, cette période pleine de questionnements et de bouleversements, où les amitiés flirtent avec les premières amours, où l’école prend des allures de jungle. C’est ce que retrace Elise Gravel avec son humour irrésistible, sa pertinence et ses mots choisis avec soin. Mini-Elise ne fait pas exception à la règle : elle traverse elle aussi les turbulences de la puberté, avec son lot de petits tracas. « Comment mettre un tampon sans qu’il tombe? Comment faire pour que les gens m’aiment? Pourquoi suis-je différente des autres filles de mon âge? » À travers ce journal intime, on découvre une ado qui pense à toute vitesse, qui se questionne sans arrêt et qui apprend à apprivoiser son cerveau un peu différent. Construire une femme à partir d’une fille, ça demande du temps. Mais avec des amies qui nous ressemblent et partagent nos idées, l’aventure de l’adolescence devient un peu moins chaotique et beaucoup plus amusante à traverser! Dès 10 ans.
Les trucs invisibles
Dès sa naissance, l’humain apprend à nommer ce qu’il voit. Il s’entoure rapidement d’objets qu’il reconnaît aisément. Mais qu’en est-il des choses non visuellement identifiables? Heureusement, Andy J. Pizza et Sophie Miller ont pensé offrir des lunettes spécialement conçues pour les découvrir le temps de la lecture. Entre fiction et documentaire, Les trucs invisibles propose une incursion dans l’univers des perceptions. Il nous invite à explorer nos sens, à ressentir ce qui nous est inapparent et pourtant familier. Par le biais de phrases interrogatives et incitatives, le narrateur nous interpelle. Il nous fait visiter une large gamme d’émotions de manière ludique et originale, ce qui confère au récit sa singularité. Dès 5 ans.
J’ai un cadeau pour toi!
C’est l’anniversaire de Suzie l’écureuil et Auguste le renard prépare une fête pour célébrer! Il a même un très joli présent pour elle, mais Suzie n’a pas le droit de l’ouvrir avant que tout soit prêt. Et si Suzie ne faisait que l’emprunter, pour essayer de deviner ce qu’il contient? Peut-être jouera-t-elle avec le paquet, le secouera-t-elle dans tous les sens, jusqu’à l’égarer dans un buisson…? Auguste connaît bien son amie; il est préparé à sa curiosité sans fin, et lui réserve une merveilleuse surprise! C’est avec grand plaisir que l’on retrouve les deux attachants amis de Je n’aime pas les surprises! dans ce nouvel album de Miriam Bos. Dès 3 ans.
Insaisissable, saison 3 (t. 1) : Watch me
Tahereh Mafi revient dans l’univers de Shatter Me une décennie plus tard, sur l’Arche, dernière colonie du Rétablissement. Rosabelle, tueuse formée et sœur dévouée, réprime ses émotions pour protéger sa sœur malade. Quand James Anderson franchit ses défenses, il ébranle tout ce qu’elle croyait immuable, dévoilant la fragilité d’une humanité insoupçonnée. Entre surveillance constante et technologies de contrôle, le roman explore des thèmes brûlants d’actualité : pouvoir, consentement, dépendance à la technologie et lutte pour la liberté. La prose, à la fois lyrique et incisive, orchestre un suspense subtil et captivant, conduisant le récit vers une conclusion ouverte qui incite irrésistiblement à poursuivre l’exploration de cette nouvelle série. Dès 14 ans.
Simon Says
Simon Says tient sa promesse : ce n’est pas une histoire d’amour, mais bien celle d’un monde qui s’effondre. Nouvellement déménagé, Simon n’a qu’une envie : repartir sa vie à zéro. Nouveaux amis, nouveau lycée, nouvelle maison : toutes les conditions semblent réunies pour lui offrir une existence sans heurts ni drames. Mais c’était sans compter sur ses sentiments naissants pour Mugi, son ami. Mugi qui, d’ailleurs, n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour les garçons. À travers l’histoire de Simon, Lilou Wimbée signe un premier roman auquel il est facile de s’identifier. Une ode à l’adolescence, à ses affres autant qu’à ses joies, et surtout à la difficulté, parfois, de trouver sa place dans cette grande toile qu’est le monde. Dès 14 ans.
Observe et identifie les oiseaux du Québec
La vie en vrai. En toutes saisons, les oiseaux procurent un émerveillement excitant ou calme, que votre enfant soit de tempérament actif ou contemplatif. Ce guide clair grâce à ses textes très courts, et très coloré grâce à ses photos et illustrations, saura titiller ses pupilles, mousser son envie de s’immerger dans la verdure, de respirer l’air frais et de développer ses neurones pour remporter les sympathiques défis lancés par huit types de jeux. Quarante oiseaux à découvrir ou à mieux connaître, au parc ou au bord de l’eau, dans les mangeoires du jardin, les champs, les marais ou en forêt, et même en vol. En quelques battements d’ailes d’oiseaux, et de cils d’enfant, on découvre toutes leurs caractéristiques : plumages, couleurs, formes, préférences alimentaires, en plus de leurs masques, moustaches, huppes, colliers, queues, gorges, calottes, aigrettes, alouette… Dès 6 ans.
Coup de foudre
Peut-être aurait-il mieux valu que les Royaumes de l’Est et de l’Ouest ne se rencontrent jamais, éternellement séparés par le fleuve les traversant tous deux? Malheureusement, les deux héritiers du trône ne l’entendaient pas ainsi et ne souhaitaient qu’une chose : envahir le territoire de l’autre. Après avoir mis le feu aux poudres, ils se préparaient avec leur armée respective à se livrer une guerre sans merci. Ne restait qu’à régler le problème du plan d’eau impossible à traverser. Dans cet album de cape et d’épée rocambolesque, Jean-Baptiste Drouot prouve son talent de conteur. En peu de mots, il parvient à faire monter la tension dramatique jusqu’à ce que l’inattendu et l’absurde nous déjouent pour notre plus grand plaisir. Dès 4 ans.
Alma et la bête
Alma mène une vie paisible dans sa contrée chevelue; elle peigne les herbes hautes, tresse les arbres et caresse le toit de sa maison. Sa douce routine est perturbée par l’irruption d’un être étrange, qui ne semble avoir aucun poil. D’abord effrayée, Alma finit par prendre son courage à deux mains pour s’adresser à cette petite bête et comprendre ce qu’elle cherche. L’aventure qui s’ensuit permet aux deux personnages d’apprivoiser leurs différences, mais c’est aussi une merveilleuse occasion de découvrir leurs similarités. Avec une belle maîtrise de l’implicite, Alma et la bête est un conte magnifiquement illustré, dans lequel Esmé Shapiro amène le lecteur à renverser ses préjugés. Dès 4 ans.
Fleur de Bastion et le renard masqué (t. 2) : Les chimères
Après l’assassinat de la duchesse de Tauperché, Nux, la chimère, est accusée du crime et doit prendre la fuite. À l’aide de nouvelles alliées, elle va découvrir qu’en dessous de la cité, ses semblables vivent plus librement qu’elle le croyait possible. Quant à Fleur de Bastion, le souriceau aspirant garde à la cour, il se voit confier une nouvelle mission par la veuve de la duchesse. Cette dernière souhaite retrouver son enfant volé. Quant à Éloïse, la cape enchantée la hante toujours et elle va découvrir un secret familial qui va tout changer. Alors que l’ombre de l’écorcheur et de ses crimes atroces plane toujours, les enjeux sont plus élevés que jamais pour tous les personnages, dont les destins s’entrecroisent à chaque tournant. Dès 11 ans.
Le polar
Quiconque est fan de polar se plongera avec bonheur dans cette bande dessinée originale et captivante qui retrace, en une vingtaine de chapitres, l’histoire du genre policier de l’Antiquité jusqu’à nos jours. Présenté à la fois de façon chronologique et thématique, ce panorama s’arrête bien sûr aux incontournables (Christie, Simenon, King, entre autres) en montrant leur place et leur rôle dans l’évolution du genre. Mais il accorde aussi une large part aux diverses tendances actuelles, alimentées par une kyrielle de nouveaux auteurs venant d’horizons fort variés. Une mise en page et des dessins accrocheurs, des infos pertinentes et claires, des titres en abondance pour alimenter sa soif de lire : un must dans lequel on ne s’ennuie jamais!
Au chant des grenouilles (t. 3) : Le club du samedi
Un univers forestier chatoyant? Des animaux adorables? Une architecture Tudor et victorienne? Des gourmandises alléchantes? Voilà les composantes d’une série savoureuse! Dans ce troisième tome, les membres du club du samedi tentent de débusquer les coupables qui ont gâché la préparation du gâteau qu’ils avaient concocté pour le concours de pâtisserie de leur contrée, d’autant plus que des villageois ont été empoisonnés! Qui donc aurait pu s’introduire dans la cuisine et modifier la recette? Et quel est cet ingrédient mystérieux? L’enquête est lancée! Précisons que chaque tome est magistralement illustré d’une main différente, par de grands noms tels que Rigano, Kerascoët et Nesme. Pour les fans d’Everdell et de Mémoires de la forêt. Dès 9 ans.
La trilogie berlinoise (t. 2) : La pâle figure
Les mordus déplorent encore la mort de l’auteur Philip Kerr, qui les prive de nouvelles enquêtes de son inénarrable Bernie Gunther. Pour se replonger dans cette série (ou la découvrir), voici l’adaptation en BD du deuxième tome de la célèbre Trilogie berlinoise. Alors que l’Allemagne de 1938 s’enfonce dans l’horreur nazie, Gunther, maintenant détective privé, doit élucider une affaire de chantage liée à un échange de lettres entre homosexuels. On le forcera bientôt à réintégrer la police afin d’identifier le meurtrier de plusieurs adolescentes. Il s’avérera que les deux enquêtes, étroitement mêlées, mèneront Gunther jusque dans les hautes sphères SS. Un graphisme qui rend bien l’atmosphère, des teintes lugubres à souhait : une belle réussite!
Pleurer dans les petits pains à hot-dog
Avec un titre qui m’a tout de suite plu et donné envie de la lire, cette bande dessinée est un véritable coup de cœur! La sensibilité et l’authenticité dont fait preuve Valérie Boivin dans ses récits me charment chaque fois. Ses personnages sont vrais et sans filtre et on ressent leurs émotions, leurs tiraillements, leurs inquiétudes dans le dessin réaliste, quoiqu’un peu naïf, de l’autrice illustratrice. Cette fois-ci, on nous envoie à la rencontre de Valérie qui rêve de vivre de ses illustrations (autofiction, peut-être?) plutôt que de travailler trop d’heures comme graphiste de signets mortuaires. Une histoire où l’angoisse de lâcher la liane pour enfin vivre de ses rêves est palpable et nous fait « pleurire » à plusieurs moments.
Aucune tombe assez profonde
Jadis impitoyable hors-la-loi, Ryder a raccroché ses colts pour fonder une famille. Rattrapée par un mal incurable, elle enfourche son cheval et file jusqu’à Cypress, ville-purgatoire infernale, pour défier la Mort en personne. Construit sur les cinq étapes du deuil — déni, colère, marchandage, dépression, acceptation —, ce western haletant et crépusculaire, mâtiné de fantastique, se pare d’une dramaturgie rare, tandis que Jorge Corona nous éblouit par ses compositions surréalistes, ses couleurs vibrantes et son découpage enlevant. Un album visuellement mémorable et profondément humain.
Sangliers
Nina est devenue un peu malgré elle une influenceuse très populaire grâce à ses vidéos de conseils maquillage. Tellement que c’est devenu son job à temps plein, chose que ses parents ont du mal à comprendre. Mais la popularité amène son lot de problèmes : Nina a remarqué une curieuse figure qui la suit et la surveille… Après s’être intéressée à la science-fiction, Blumen propose cette fois un mystérieux thriller rose pastel qui explore les frontières floues entre la vie réelle et virtuelle à travers une réflexion sur la beauté féminine, le consumérisme et le sexisme ordinaire. La palette de couleurs restreinte, tout en roses, rouges et mauves, installe une ambiance douce au départ, mais qui devient de plus en plus oppressante et intrigante.
Les particules infinies
Et si on essayait tellement de mettre les IA à notre image qu’elles finissaient par développer une conscience? Et si elles étaient capables d’aimer et d’avoir des émotions, n’auraient-elles pas le droit de vivre libres comme les humains? C’est un peu ce qu’explore, avec légèreté, cette BD. L’histoire se déroule sur Mars, dans un futur où les IA font partie intégrante de la vie humaine. Clémentine Chang commence à travailler en laboratoire et découvre une nouvelle forme d’IA capable de ressentir. J’ai eu un gros coup de cœur pour les illustrations extraordinaires et pour le sujet d’actualité du livre, qui invite à la réflexion. C’est très loin des histoires alarmistes que l’on retrouve parfois sur les IA.
Le journal de Samuel
Samuel a un problème : quelqu’un a dit à Julie qu’il l’aimait et on ne dit pas ces choses-là. Par le biais de son journal intime, il nous livre sa palette d’émotions, celle d’un enfant de 10 ans. Emilie Tronche parle de la transition de l’enfance vers l’adolescence avec délicatesse et humour, évoquant ce passage délicat où la prime jeunesse s’efface en laissant derrière elle les jeux, pour faire naître les doutes, le poids des regards, la question identitaire et les premières amours. Les dessins minimalistes semblent vivants et dansants, l’humour est omniprésent et une liste de musiques accompagne la lecture de la bande dessinée. Vous vous retrouverez forcément dans la lecture de cette BD et je vous garantis que vous finirez de la savourer en dansant.
L’enfantôme
Le boutonneux est un cancre. Affligé par une acné intense, trop pauvre pour s’offrir les marques populaires et élève médiocre : personne ne croit en lui ou en son rêve d’ouvrir un magasin de jeux vidéo. Mims, rebelle passionnée de manga, est aussi en mauvaise posture académique. Un surprenant phénomène se met alors en place après une rencontre des plus étranges avec leur conseiller en orientation. Les adultes de leur entourage respectif semblent pris d’une folie inexplicable et menacent les deux jeunes de les tuer s’ils ne passent pas leur année. Mais, même quand leur situation semble en voie de s’améliorer, le comportement de leurs proches est de plus en plus violent. Que cache donc cette folie collective?
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