On sait Mariana Mazza talentueuse en humour et voilà qu’elle a su transposer cet art de raconter des histoires par écrit. Il était clair depuis la sortie de son premier livre, Montréal-Nord, que Mazza vouait une affection particulière aux lieux qui l’ont vue grandir. Dans le deuxième tome de ce qui sera une trilogie, on découvre une nouvelle facette de l’autrice maintenant au seuil de l’adolescence et des remises en question identitaires qui viennent avec cette période. Du même coup, c’est une nouvelle facette de Montréal qui nous est présentée dans tout son dynamisme, son éclectisme et ses changements.
1. Pour la quête identitaire
Alors que dans Montréal-Nord c’est la relation mère-fille qui était mise de l’avant, Mariana Mazza se penche ici sur un autre type de relation : celle qu’on développe avec soi-même. En effet, l’adolescence est une occasion pour elle de revisiter les questionnements identitaires liés à la culture, mais surtout, le passage de l’enfance à l’adolescence. Si certains souvenirs ravivent des douleurs, c’est plutôt la nostalgie, la joie de vivre et les tourbillons émotionnels que l’on retient de ses histoires. Elle examine également son rapport avec les autres, que ce soit par le biais de l’intimité ou de l’amitié. Il en découle des moments d’une grande vulnérabilité et d’une sincérité désarmante. S’il est vrai qu’il existe beaucoup de coming of age en littérature, force est d’admettre que l’adolescence de l’autrice ne manque pas du tout d’intérêt et de potentiel narratif.
2. Pour ses descriptions des quartiers de Montréal dans lesquels elle a vécu
Dans son deuxième livre, Mariana Mazza change de quartier comme environnement, mais ne délaisse pas sa plume vive et son souci du détail. Malgré la dureté de certains quartiers montréalais qui l’ont vue grandir, elle témoigne à leur égard une grande tendresse et un regard attentif. Les gens, les odeurs, les couleurs, la violence presque quotidienne, mais surtout l’amour et la solidarité, tout y est décrit avec précision et économie de mots. Plus encore, chaque événement est une occasion pour l’autrice de nous transporter dans des lieux qu’on a tendance à définir seulement en matière de classes sociales. Elle leur redonne ainsi une dose de personnalité, et plus encore, une dose d’humanité.
3. Pour les références à la culture populaire
Ce livre est très loin de s’adresser seulement aux milléniaux, mais ceux-ci ressentiront certainement une nostalgie à sa lecture. En seulement une référence culturelle, dès les toutes premières lignes, Mariana Mazza réussit à nous replonger dans la première décennie des années 2000. Par exemple, les chapitres sont tous parsemés de chansons qui ont marqué cette époque, de TLC à Shakira, en passant par Sean Paul et son mythique Get Busy. Les diverses références se font aussi à travers les vêtements, les films, la télévision, et l’actualité. Elle fait preuve d’une imagination bouillonnante et d’un travail de mémoire impressionnant. Le vocabulaire précis de l’autrice nous convie dans une immersion totale de son univers, en dévoilant une personnalité en construction, mais déjà unique. Ce deuxième tome touche là où on ne s’y attend pas et nous ramène à notre propre adolescence remplie de petites et de grandes tragédies.













