L’art de patauger dans une tasse de thé
Vanessa Bergeron, Hurtubise, 240 p., 24,95$
Vanessa Bergeron, qui a écrit Les reflets dans nos miroirs et l’album jeunesse Tout ce que je ressens, nous fait voyager au Royaume-Uni dans un charmant périple. Mia y débarque pour neuf mois afin de travailler comme assistante de français. Alors qu’elle s’imaginait vivre cette aventure avec son copain, elle rompt avec ce dernier peu de temps après leur arrivée. Dans la maison où elle emménage avec plusieurs personnes qui deviennent ses amis, la jeune femme est séduite par l’un de ses colocataires.
Plume : Une histoire d’anorexie
Pascale Clavel et Gabrielle Morrisseau, Isatis, 48 p., 30$
Plume, 14 ans, voit sa vie s’effondrer lorsqu’Alice, sa meilleure amie de toujours, décide de couper les ponts. L’estime en miettes, elle tente de recoller ses morceaux lorsqu’un coup d’œil dans la glace la confronte à un corps disgracieux qu’elle a du mal à accepter. Dès lors, Plume n’a qu’une obsession : se mouler aux standards de beauté dans l’espoir d’être à nouveau choisie. Prenant la forme d’un journal intime, ce nouvel album de la collection « Griff » explore avec justesse et sensibilité le combat d’une adolescente face aux troubles alimentaires. Une lecture qui tend la main au bon moment, informative et sans jugement, pour développer l’empathie et mettre des mots sur des réalités souvent difficiles à cerner. Dès 12 ans
Le temps des sucres
Martine Desjardins, Alto, 152 p., 22,95$
La sève printanière est cette force bouillonnante qui n’attend que la lame pour jaillir. Mais la forêt, aussi nourricière soit-elle, reste une entité farouche qui exige son dû. Lorsque Guillaume, dernier descendant d’une lignée d’acériculteurs, revient sur les terres familiales après trente ans d’absence, il est confronté à la brutalité des mœurs et des rites qui l’englueront à la terre de ses ancêtres : chaque entaille faite dans la chair des érables devra se payer. Le temps des sucres est un retour aux sources, à une époque où les légendes naissaient de la terre et des hommes qui l’habitaient. Un roman envoûtant, sans concession, qui revisite les codes du folk horror pour mieux explorer les dérives de notre société.
Tout ce qui nous échappe
Stéphanie Parent, Saint-Jean, 440 p., 27,95$
Après Flora en éclats et L’amour plein les yeux, Stéphanie Parent récidive avec un roman émouvant qui sonde les choix de vie, l’identité, l’amour et le désir. Adam et Fia vivent une vie paisible avec leurs deux enfants. Pourtant, Adam a l’impression qu’il lui manque quelque chose; il a soif de plus grand. Alors qu’un de ses projets professionnels tombe à l’eau, il frappe un piéton dans un moment d’inattention. Heureusement, ce dernier se remet de ses blessures, mais sa rencontre avec cet homme chamboule Adam, qui en perd ses repères, et cherche l’équilibre.
Grosse Douceur
Jean F. Boily, XYZ, 344 p., 28,95$
Grosse Douceur, c’était le surnom qu’on donnait au narrateur dans les années 1980, au Lac-Saint-Jean, dans la cour d’école où il était victime d’intimidation. Après avoir traversé les tourments de l’adolescence, il devient un fêtard invétéré. Il nous raconte ses déboires avec l’alcool et la vie nocturne à Montréal, dont celle en restauration. Dans ce récit initiatique désarmant, empreint d’humour et d’intensité, avec en toile de fond l’histoire du Québec, on aborde notamment le rapport au corps, la dépendance et les mauvais choix.
Bibitte à sucre
Élyse-Andrée Héroux, Édito, 360 p., 27,95$
Élyse-Andrée Héroux, qui a aussi signé Quatre clémentines éparpillées — récemment réédité en format de poche —, propose une autre histoire lumineuse et réconfortante qui fait du bien. Depuis trois ans, Julie confectionne des pâtisseries dans un café. Ces douceurs lui ont permis de reprendre pied quand elle est devenue sobre. C’est un lieu où règnent la solidarité et l’esprit de communauté. Même si elle s’y sent bien, Julie décide de quitter Montréal pour la campagne afin de travailler dans un centre de traitement des dépendances. Bien qu’elle souhaite se réinventer, s’accomplir autrement, elle craint de briser les liens qui l’unissent à son entourage. Les semaines avant ce changement de trajectoire, elle retrace son parcours tout en réfléchissant aux nouvelles perspectives qui l’attendent.
L’homme de trop
Antoine Dion-Ortega, Tête première, 264 p., 29,95$
Augustin n’arrive pas à écrire son premier roman. Quand une nouvelle entreprise lui propose une expérience ultrasecrète, soit de publier un livre écrit par une intelligence artificielle sous son nom, il finit par accepter malgré ses réticences. Grisé par le grand succès du livre qui lui permet de devenir une vedette littéraire acclamée, il n’est plus tout à fait le même. Puis, il s’aperçoit qu’un homme le suit, le traque. Inquiet, il essaie de comprendre ce qui passe, parce qu’il ne veut absolument pas que son imposture soit révélée. Une histoire intrigante se déploie dans ce roman aux enjeux contemporains et aux questionnements éthiques.
Les grands mots
Maude Nepveu-Villeneuve, La Bagnole, 248 p., 25,95$
Dans Le dernier mot, Héloïse devait sauver le journal étudiant avec ses collègues et tombait sous le charme de sa correspondante secrète, Clémence, avec qui elle partageait des lectures. Dans la suite de ce récit d’apprentissage et de quête de soi, l’adolescente découvre que ce n’est pas si simple, l’amour. Surtout qu’elle devra le vivre à distance, comme sa blonde est partie étudier dans une école de théâtre. Alors qu’Héloïse est en secondaire cinq, il s’avère difficile de concilier sa vie avec celle de sa copine comme toutes les deux vivent des réalités différentes. Dès 12 ans
Cap à rien
J. P. Chabot, Le Quartanier, 252 p., 27,95$
Cap à rien suit Voyage à la villa du jardin secret — ce nouveau titre contient une portion retranchée et remaniée du précédent —, mais ces romans aux multiples digressions peuvent aussi se lire séparément. Alors qu’il n’enseigne pas à l’hiver 2018, le narrateur part pour la Louisiane avec Laurence, qu’il connaît peu à ce moment, et il nous raconte les pérégrinations de leur voyage, interrogeant notre rapport au territoire et à l’Amérique. La jeune femme lui fait la lecture pendant qu’il conduit sa voiture baptisée Rossinante. Ce périple, c’est aussi une quête de liberté ainsi que le possible début d’une histoire d’amour.
Tout ce qui reste
Suzanne Aubry, Stanké, 224 p., 26,95$
Dans la Ville Blanche, où l’hiver règne, les livres ont été bannis et la bibliothèque a été condamnée. Des Gardiens s’assurent de préserver l’Ordre. Bettina, surnommée Bette, âgée de 11 ans, une solitaire un brin rebelle — elle brave l’interdit pour récupérer des bouquins notamment —, y vit avec ses parents. Quand un jour son père disparaît, Bette quitte la ville et sa mère alcoolique pour partir à sa recherche. Poétique et poignant, ce roman dystopique explore la résilience, l’abandon et la mémoire, tout en rendant hommage au pouvoir des mots et de l’imaginaire.
Un été sans pleine lune
Marie-Eve Brassard, Québec Amérique, 256 p., 28,95$
En couple avec son chum depuis trois ans, Emma pensait que ce dernier serait le père de ses enfants. Mais voilà que sans crier gare, sans qu’elle s’y attende, celui-ci lui annonce qu’il ne veut pas d’enfants. De son côté, elle ne s’est jamais vraiment posé la question, ça allait de soi qu’un jour, elle serait mère. Mais cette soudaine révélation la pousse à réfléchir à cette grande question (en avoir ou non?), à questionner son entourage sur le sujet, et surtout, à se demander ce qu’elle souhaite vraiment.
T’étais où, toute ma vie?
Marie Potvin, Libre Expression, 304 p., 29,95$
Dans cette romance, Jeanne refuse de placer Bernard, l’homme qui l’a élevée, dans un CHSLD. Avant de mourir, celui-ci souhaite revoir son fils, Nic, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Ces circonstances permettent à Nic et à Jeanne de renouer alors qu’ils s’étaient brièvement connus plus jeunes. Pendant une colère, Nic avait blessé accidentellement Jeanne, ce qui l’avait poussé à fuir. Attirés l’un par l’autre et malgré la culpabilité que ressent Nic, ils pourraient bien se réconforter et panser leurs blessures, ensemble.




















