CONTENU PARTENAIRE

« Rampe de lancement » donne la parole aux jeunes créateurs et créatrices en littérature jeunesse, en s’intéressant à leur processus créatif. Nous vous invitons cette fois à découvrir l’auteur Mc Knoell Alexis.

Comment l’écriture est-elle arrivée dans votre vie?
Je n’ai pas de souvenir clair de la manière dont cela a commencé, mais je sais que j’ai toujours adoré écrire. Au primaire, quand je retournais à la maison en marchant, j’aimais me raconter silencieusement des histoires. Puis un jour, j’ai décidé d’écrire ces histoires sur un ordinateur. J’avais tout un monde à sortir de mon imaginaire. Je donnais naissance à des textes d’aventure, ou bien à des textes poétiques afin d’exprimer mes sentiments. À l’adolescence, j’écrivais des paroles de chansons sur des trames instrumentales. Si vous fouillez chez moi, vous trouverez certainement des cahiers avec des milliers de mots qui traînent dans des cartons ou sur un disque dur.

Comment se déroule votre processus de création?
Avant d’écrire, je m’achète un petit cahier dans lequel je griffonne tout ce qui me passe par la tête. C’est ma phase « tempête d’idées ». Je pars d’un thème, et je déniche tous les sujets qui me parlent et dont je veux traiter. Ensuite, je fais un plan pour visualiser le texte dans son ensemble. Je calcule combien de chapitres durera mon histoire.

Puis, quand l’envie d’écrire me prend, je plonge. J’écris en essayant de me discipliner le plus possible, car avec les écrans qui bourdonnent autour de nous aujourd’hui, ce n’est pas toujours facile. Vous vous dites : « Coudonc, il vient de sortir son premier livre, et il écrit autant que ça? » Oui, c’est un peu comme un exercice mental pour moi. J’ai plusieurs histoires qui ne deviendront jamais un livre, mais j’aime le processus de création, et surtout la phase de réécriture, qui me permet de replonger dans le récit et de bien le sculpter pour faire jaillir plus d’idées.

Quels ont été les plus grands défis de cette plus récente publication?
La couleur de ma différence traite de microagression et de racisme. Ce sujet fait essentiellement partie de mon identité. Je suis reconnaissant que mon éditeur Thomas m’ait donné du temps pour écrire ce livre, et surtout pour le réécrire. Il existe effectivement une dizaine de versions de ce texte!

Mon plus grand défi, c’était l’émotion qui m’habitait au début de ce projet. J’avais beaucoup de colère en moi quand j’ai esquissé la première mouture du texte. Hanté par cette émotion, j’étais vulnérable. J’ai pleuré en regardant des documentaires sur le racisme. Je m’efforçais de m’inspirer, alors qu’en réalité, je n’avais pas besoin d’effectuer cette recherche, car toute l’expérience que j’avais accumulée était déjà là en moi. Il y avait tellement d’aspects que je voulais aborder sur ce sujet que j’ignorais comment débuter mon histoire, et surtout comment l’écrire pour les jeunes sans que cela ressemble à de la revendication.

Comment s’est passé le processus éditorial de La couleur de ma différence?
Le processus éditorial s’est bien déroulé. J’ai été chanceux d’avoir un éditeur métis, ce qui a été un atout majeur pour ce livre qui traite de différence et de racisme. Cette connexion m’a permis d’écrire sans autocensure, en exprimant librement mes pensées.

Mon éditeur m’a bien coaché. Comme la collection « Unik » est son bébé, il savait exactement comment amener mon texte à maturité. Et vu que j’apprécie le processus de réécriture, ça a facilité le travail. Toutefois, le travail éditorial a été intense, surtout après la dixième version du manuscrit!

Les allers-retours ont de temps en temps été frustrants, notamment quand on devait réintégrer des éléments précédemment supprimés. Nous avons aussi eu des discussions concernant le développement du personnage principal, car il fallait trouver un équilibre entre sa vulnérabilité et sa force de caractère. En fin de compte, ce processus éditorial a été une expérience enrichissante qui a considérablement amélioré la qualité du livre.

Quelle émotion avez-vous ressentie en tenant votre livre pour la première fois entre vos mains?
J’ai ressenti beaucoup de fierté. Surtout en découvrant comment Dorian avait interprété mes mots en leur donnant vie dans le livre. Il a joué avec les lettres, et c’est drôle de voir comment il s’est approprié le manuscrit. Ensuite, j’ai éprouvé un grand stress. C’est quand même mon premier livre. Tout à coup, j’ai ressenti le besoin de corriger des choses, de retravailler le texte. Mais je pense ce qui m’a le plus touché, c’est quand ce livre s’est retrouvé dans les mains de mes enfants, et qu’ils sont venus m’en parler. C’était vraiment spécial. Je suis empli de gratitude.

Que souhaitez-vous pour la suite de votre carrière d’auteur jeunesse?
Je rêve d’écrire des histoires touchantes ou amusantes. Je souhaite surtout écrire un livre d’aventure, afin de voyager dans un monde surprenant, de m’émerveiller dans cet univers coloré et de le faire découvrir aux jeunes.

Photo : © Samy Alexis

Article tiré du magazine
CJ, qu’est-ce qu’on lit?

Édition la plus récente
Le numéro hiver 2025
« Lire et agir :
la littérature jeunesse engagée »

 

Ce contenu vous est offert grâce à notre
partenariat avec Communication-Jeunesse.
Depuis 1971, cet organisme à but non lucratif
pancanadien se donne le mandat de promouvoir
le plaisir de lire chez les jeunes et de faire
rayonner la littérature jeunesse québécoise
et franco-canadienne.

Publicité