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Dans Gloire, une de ses séries jeunesse aux Éditions Hurtubise, Isabelle Roy plonge ses lecteurs et lectrices dans l’univers du hip-hop québécois. Elle y raconte les rêves, les amitiés et la passion qui façonnent l’identité. Entre rigueur et émotion, l’autrice trouve dans la musique, les arts et les parcours d’adolescents et d’adolescentes une source inépuisable d’inspiration.

Écrire, entre discipline et inspiration
Isabelle Roy mène une double vie : travailleuse le jour dans un domaine très cartésien, artisane des mots le soir et la fin de semaine. Elle indique toutefois qu’elle préfère écrire pour les ados.

« Quand j’écris, explique-t-elle, j’ai des plans très précis. Je ne suis pas trop dans le “on verra où ça mène”. Le travail artistique, je le fais en amont; imaginer l’histoire, trouver l’idée. » L’autrice rejette cependant l’idée romantique de l’artiste plongé dans l’inspiration permanente. « On s’imagine que les gens s’assoient et écrivent parce que l’inspiration arrive… mais c’est rarement ça », avoue-t-elle.

Pourtant, il arrive que la création s’impose d’elle-même, comme pour La pleine lune des fraises (Hurtubise), un manuscrit « écrit en quelques jours ».

Plonger dans le hip-hop : une histoire vraie
Si Gloire sonne juste, c’est parce que Roy écrit ce qu’elle connaît et observe.

La musique remplissait la maison chez les Roy. Une mère qui écrivait des paroles, un père qui jouait dans un groupe, et elle-même en concentration musique avec la trompette comme instrument; elle a même joué dans un groupe de ska et un autre de jazz.

« Au secondaire, j’étais entourée de gars qui voulaient percer dans le rap », raconte Isabelle Roy. Parmi eux figurait Marc Vincent, alias Ruffsound, aujourd’hui collaborateur de Loud et de Koriass; ce dernier signe d’ailleurs la préface du roman. Elle a été témoin des débuts de Vincent, qui gravait ses beats sur des CD, pour ensuite les vendre dans des lieux publics de Laval.

« Je suis quelqu’un qui écoute beaucoup de musique, poursuit-elle. Ça nous plonge dans nos émotions, ça reste associé à des moments importants. » Il était donc naturel que cette histoire-là finisse par prendre toute la place dans un roman.

Les arts : un refuge essentiel à l’adolescence
Pour Isabelle, les arts façonnent bien plus que des goûts ou des talents. Ils deviennent un espace de construction de soi.

« Le style de musique que tu écoutes va définir comment tu t’habilles, comment tu vois la vie. Ça a un impact important », confie l’autrice. Elle se souvient de son école, en milieu défavorisé, où la musique a permis à plusieurs jeunes de rester engagés et motivés. « Les arts sont une soupape pour évacuer les émotions, dit-elle. À l’adolescence, on les ressent tellement fort… Ça aide à se réguler, à mieux se comprendre. »

Entre rêve, talent et grande vulnérabilité
Gloire s’inspire du réel. Pour percer, il faut travailler dur, accepter les refus, trouver sa voix. Ce message, Isabelle le transmet à tous les jeunes qui rêvent de danser, de chanter, d’écrire : « La différence entre celles et ceux qui rêvent et celles et ceux qui réussissent? Iels le font. Iels n’ont rien à perdre. » Et si l’adolescent ou l’adolescente craint de se ridiculiser? « On a tous et toutes cette peur-là. Le secret est de passer par-dessus », martèle-t-elle.

La littérature jeunesse : une scène ouverte
L’autrice croit profondément que les livres peuvent être des refuges et des tremplins. « Les livres offrent un lieu sécuritaire où les jeunes peuvent se mettre à l’abri et être ailleurs pendant un moment, indique-t-elle. Mais ils constituent aussi un lieu de transmission. On doit aborder les arts dans les livres pour ne pas perdre ça, pour garder ça vivant pour les prochaines générations. »

Se réinventer, encore et encore
En parallèle, Isabelle Roy explore d’autres continents littéraires : un ouvrage sur le cancer (dont les droits ont été vendus en Chine), ainsi qu’un premier roman pour adultes dont la publication est prévue en avril 2026. Mais la littérature jeunesse reste son lieu d’amour. « J’aime tellement écrire pour les ados, lance-t-elle… Iels sont authentiques, iels viennent nous parler. C’est précieux. » Et si elle conjugue encore travail à temps plein et écriture, c’est qu’à défaut de payer ses factures, l’art la nourrit. « Je m’accomplis vraiment dans ce médium », avoue-t-elle.

La vraie gloire : oser!
Gloire raconte l’histoire de jeunes qui veulent briller, tombent, recommencent. C’est un roman qui rappelle que la création n’est jamais simple, mais ô combien passionnante!

Isabelle Roy écrit comme on monte sur scène, avec rigueur et passion. De ma rencontre avec elle, je retiens surtout ceci : il ne faut pas attendre que le doute disparaisse pour créer. Il faut y aller quand même. Même avec les genoux qui tremblent.

Parce qu’au fond, ce n’est pas la gloire qui compte vraiment. C’est la fierté d’oser.

 

Article tiré du magazine
CJ, qu’est-ce qu’on lit?

Édition la plus récente
Le numéro hiver 2026
« Quand les arts mènent aux histoires »

 

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Photo : © Julie Artacho

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