C’est le métier qui l’a choisie. Sortant d’une formation scolaire peu concluante, Chloé était dans une zone grise, et elle s’est laissée porter par cette offre d’emploi alléchante, cochant chacun des critères qui lui plaisait. À ce moment, la propriétaire de la librairie, Ruth Harvey, a su lui transmettre sa passion débordante. C’est donc avec enthousiasme et avec cette même ferveur contagieuse qu’elle gravite en librairie depuis plus de onze ans. Ce qu’elle aime le plus dans son travail, c’est la proximité avec les gens, ainsi que le pouvoir de faire rayonner la littérature québécoise, et même celle régionale. Ses livres préférés changent au fil du temps. Certains restent dans son cœur à jamais comme Hôtel Lonely Hearts de Heather O’Neill (Alto), tandis que d’autres œuvres l’habitent momentanément, mais intensément, comme ce fut le cas par exemple pour La version qui n’intéresse personne d’Emmanuelle Pierrot (Le Quartanier). Son personnage favori est le célèbre Jean-Baptiste Grenouille du roman Le parfum de Patrick Süskind (Le Livre de Poche), qui a tout du protagoniste « à la fois attachant, effrayant et troublant », dit-elle. Son premier souvenir de lecture remonte à ses 11 ans : elle a tenté de lire Alexandre Dumas, déniché dans la bibliothèque de sa mère, et comme elle ne saisissait pas tout, elle s’est tournée vers le classique Harry Potter (Gallimard). Une brèche littéraire infinie s’est alors ouverte devant elle. Et elle n’a plus jamais cessé de lire; la lecture fait partie intégrante de sa vie. En plus de la littérature, la libraire affectionne la culture en général. Elle a les deux pieds dans l’art social, s’adonne à de l’improvisation théâtrale et collabore aussi à des chroniques littéraires à la radio de Radio-Canada avec d’autres libraires de la région, propageant là aussi son amour des livres.
Chloé Larouche, de la Librairie Harvey, à Alma












