Karine Gottot est la cocréatrice des dragouilles, ces créatures « mi-patates, mi-dragons qui habitent sur les toits des grandes villes du monde ». Entre deux vols internationaux dragouillants, elle nous a gentiment accordé un entretien.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les dragouilles, ces sympathiques créatures sont de véritables globe-trotters que l’on retrouve dans toutes les grandes villes du monde. Grâce à leurs intérêts variés, elles proposent aux enfants et à leurs parents de découvrir les particularités de lieux… à travers des livres! Karine Gottot s’explique : « Avec Maxim Cyr, le cocréateur des dragouilles, nous voulions que nos personnages vivent sur les toits pour présenter les villes sous un autre angle. En ce qui concerne le visuel, nous nous sommes inspiré·es des chimères et des gargouilles. »
Un intérêt partagé
Il n’y a pas que les dragouilles qui aiment les voyages et la géographie! L’autrice et son cocréateur partagent ces intérêts avec leurs créations. Karine Gottot a étudié en enseignement de la géographie et de l’histoire, tandis que Maxim Cyr est un passionné de voyages. C’est ce qui explique pourquoi la thématique à saveur géographique s’est imposée aussi naturellement au duo.
Cependant, ce n’est pas parce que ce sujet est une passion que l’écriture d’un livre est plus facile pour autant. L’autrice nous détaille son processus de recherches : « La collecte des informations se fait à partir de sites Internet, de balados, de livres, de documentaires, de conférences et surtout de rencontres. » Par exemple, pour son livre sur la Corée du Sud, au moment où elle entamait ses recherches sur le sujet, elle a reçu le message d’un petit garçon qui avait écrit son propre récit de dragouilles sur Séoul. Elle ajoute : « Ce hasard était bien trop beau pour ne pas en profiter et créer un lien. J’ai correspondu pendant un an avec cette famille d’origine coréenne immigrée à Toronto. » De plus, elle a eu la chance de les rencontrer, en compagnie du nouvel illustrateur de la série, André Martel.
Mais ce n’est pas tout! En plus de ses recherches, Karine Gottot fait vérifier tout ce qu’elle écrit par des gens originaires des villes à l’honneur. Elle s’efforce également d’en garder une vision extérieure. Pour elle, cet aspect est important, car les dragouilles sont en choc culturel perpétuel. D’ailleurs, elle dit s’inspirer énormément des récits en ligne de familles expatriées qui découvrent un nouveau pays. Pour l’autrice, « c’est souvent le point de départ de [s]es recherches ».
Des dragouilles et des lecteurs et lectrices
Forte d’une quarantaine de livres mettant en scène les sympathiques patates-dragons, la série Les dragouilles est très populaire auprès des enfants. Mais son influence et l’intérêt qu’elle suscite pour la géographie, l’aventure et les voyages vont encore plus loin. En effet, Karine Gottot mentionne que plusieurs familles ont déjà partagé des photos et des anecdotes de voyages en lien avec Les dragouilles.
Parmi ces histoires figure celle de « David, qui a complètement organisé le voyage à Toronto de sa famille à l’aide du tome 16 de la série. Un autre lecteur a commencé à apprendre l’espagnol, et un autre encore a décidé d’étudier en histoire ». Sans oublier, ajoute l’autrice, que « beaucoup de parents de familles immigrantes viennent [la] voir dans les salons pour [lui] dire que c’est avec Les dragouilles qu’iels ont pu faire découvrir leur pays d’origine à leurs enfants ». Plus que de simples voyageuses, les dragouilles sont donc de véritables ambassadrices des pays qu’elles visitent et font découvrir aux lecteurs et lectrices!
D’ailleurs, l’autrice insiste, tout comme ses personnages, pour véhiculer l’idée que « c’est génial d’avoir la chance de voyager, mais ce n’est pas la seule manière de découvrir différentes cultures ». Fréquenter les événements organisés par les communautés culturelles de sa ville, ainsi que lire ou faire connaissance avec des élèves de sa classe qui viennent d’ailleurs sont autant de façons d’élargir ses horizons.
Une autrice, plusieurs dragouilles
Puisque chaque dragouille est différente, quelle est la personnalité de chacune d’entre elles? Par exemple, la dragouille rebelle est la plus aventureuse. Comme l’indique Karine Gottot, « elle agit avant de réfléchir, pour notre plus grand plaisir! ».
Toutes les dragouilles partagent cependant la même philosophie en voyage, soit celle du « 0% de préparation, 100% d’improvisation ». Évidemment, certaines d’entre elles ont développé des trucs pour rendre l’expérience plus agréable. Par exemple, la dragouille branchée arrive à voyager léger en faisant porter ses nombreuses valises par ses camarades. Simple et efficace!
Et lorsqu’on lui demande à quelle dragouille elle ressemble le plus, après une légère hésitation, l’autrice répond : « Les jumeaux. J’aime comme eux les sujets qui traitent de la langue et des accents. Et disons-le, j’ai moi aussi une passion pour les jeux de mots douteux et approximatifs. »
Alors que l’entretien se termine, nous avons droit à un indice au sujet de la prochaine aventure des dragouilles. Plutôt que d’un guide de voyage, c’est d’un scaphandre dont elles auront besoin pour leur destination suivante… Serez-vous au rendez-vous pour ce voyage très spatial?
Article tiré du magazine
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