Au Canada, la littérature s’étend des provinces maritimes à la côte ouest. Découvrez notre sélection d’ouvrages canadiens et franco-canadiens publiés cette saison.

La lune des feuilles rouges
Waubgeshig Rice (trad. Daniel Grenier), Prise de parole, 470 p., 28,95$
Anciennement journaliste pour la CBC, l’auteur anishinaabe Waubgeshig Rice se consacre désormais à l’écriture. Ici, il continue ce qu’il avait entamé avec son roman Neige des lunes brisées (Mémoire d’encrier), un récit dystopique mettant en scène une communauté du nord de l’Ontario qui se retrouve sans électricité ni moyens technologiques et qui a été vendu à plus de 37 000 exemplaires au Canada anglais. Douze ans se sont écoulés depuis la panne et le retour à la culture ancestrale a permis la survie. Cependant, les ressources commencent à manquer. Un homme et sa fille, escortés de quelques autres, décident donc de descendre vers le sud, espérant atteindre leurs terres anciennes. Une fresque prenante qui témoigne de la force et de la prééminence des liens.

 

Chavirer
Guillaume Lavoie, Perce-Neige, 80 p., 22$
C’est grâce au livre Les oiseaux sacrifiés que les lecteurs et lectrices ont pu faire connaissance avec l’univers de Guillaume Lavoie, recueil pour lequel le poète a été finaliste au prix Champlain. Cette fois-ci, Lavoie, également traducteur et musicien de Caraquet, échafaude une œuvre où l’existence se cherche un sens et où la route pour le trouver s’avère parfois ardue. « j’ai perdu pied/dans un tas/de souvenirs flous/les erreurs sur shuffle/j’ai oublié celles qui brûlent ». Parsemés d’autodérision, les mots montrent un homme conscient de sa chute, mais résolu à poursuivre sa trajectoire malgré l’accablement que lui suscite un monde troublé.

 

Une forêt dans la voix
Andrée Christensen, Éditions David, 336 p., 28,95$
Cela fait trente-cinq ans qu’Andrée Christensen écrit. Même lorsqu’il s’agit de romans, comme c’est le cas avec Une forêt dans la voix, une essence poétique se dégage partout au fil des pages. Ariane Delmage — personnage évoqué dans le livre La mémoire de l’aile (2010) — vit près de la nature en compagnie de ses parents et de son frère. Pour la jeune fille en quête de racines et de repères, la forêt représente un lieu fécond de trouvailles et de ressourcement, un endroit qui lui permettra d’accéder à elle-même en laissant l’ampleur de sa voix se manifester. Les phrases de Christensen, portées par une sensibilité aiguisée, sondent les tessitures de l’âme.

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