Quand ses parents lui racontaient des histoires avant de s’endormir, alors qu’il ne savait pas encore déchiffrer les pages, Émile choisissait les plus gros bouquins afin que ce précieux moment s’étire le plus longtemps possible! Et lorsqu’il a enfin appris à lire, il a eu l’impression de posséder un superpouvoir : la possibilité de dévorer tout ce qu’il voulait était grisante. Selon lui, la vie prend d’ailleurs son sens dans la littérature (et dans l’art en général).
Parmi ses ouvrages favoris, on retrouve La vie mode d’emploi de Georges Perec (Le Livre de Poche) et L’ascension du Haut Mal de David B. (L’Association). Du même auteur, il vient justement de terminer Monsieur chouette (L’Association), une œuvre qu’il qualifie de « pure merveille de beauté et d’imagination ». S’ajoute à ces trouvailles Silent Jenny de Mathieu Bablet (Rue de Sèvres), dans lequel il prévoit plonger prochainement. Émile a un penchant pour les histoires tristes et pour les protagonistes antipathiques, perdants ou déprimés, s’attachant souvent à ceux qui ont un petit côté détestable : il « les trouve plus nuancés et intéressants que les héros », nous révèle-t-il. En furetant du côté de son personnage fictif préféré, on tombe sur Mille Milles dans Le nez qui voque de Réjean Ducharme (Folio) : « J’aime son humour et son désespoir exalté. Je trouve que c’est un des plus beaux et touchants personnages de la littérature québécoise. »
Œuvrant depuis plus de douze ans chez Planète BD, la seule librairie à Montréal qui se consacre uniquement à la bande dessinée francophone, Émile, qui se spécialise dans ce genre évidemment, adore parler de ses lectures de prédilection. Ces dernières ont tendance à rester gravées dans sa mémoire, ce qui constitue assurément un atout pour transmettre sa passion. Ce qu’il aime le plus dans son travail, et qui s’avère également le plus gratifiant, c’est justement de conseiller les gens. « Trouver le bon livre pour le bon lecteur, c’est un peu comme un jeu : essayer de saisir les goûts de quelqu’un avec un minimum d’informations est un défi intéressant. » De surcroît, un client qui revient lui dire à quel point il a apprécié ses suggestions, c’est un petit bonheur dont le libraire ne se tannera jamais!












