Après avoir écrit une trilogie qui se déroulait dans un univers magique, pourquoi avez-vous eu envie de camper votre nouveau roman dans un monde plus réaliste?
Le jour où… j’ai foutu ma vie en l’air est né par hasard, lors d’une balade en voiture au retour d’un souper très amusant où on m’avait raconté l’histoire de la conception d’un enfant à l’aide d’une pipette de cuisson (ne posez pas de questions!). C’est ce soir-là que l’étourdissante Sammy April a surgi dans mon esprit, aussi imprévisible que tout ce qu’elle allait me faire vivre par la suite. J’étais en train d’écrire un tout autre roman dans un genre dystopique très loin de la comédie romantique. Mais à partir de ce jour, Sam ne me quittait plus, j’étais totalement captivée par l’idée de raconter son histoire. À peine quelques semaines plus tard, je terminais l’écriture de ce roman complètement improvisé et inattendu. Même si ça peut paraître étrange, pour moi, une comédie romantique me semblait beaucoup plus éloignée de la réalité que la trilogie fantastique que je venais de publier! Sam m’a permis de découvrir énormément de choses sur moi-même et… sur le mode de fonctionnement des humains en général! Et j’ai réalisé plus que jamais à quel point la magie du cœur est la plus belle et la plus complexe de toutes.
Votre écriture est empreinte d’humour. Pourquoi est-ce important pour vous d’insuffler de l’humour dans vos histoires?
Pour moi, l’écriture passe par les émotions. C’est là le but de toute histoire, faire vivre au lecteur des sentiments qui vont l’imprégner, le transporter, bouleverser sa réalité. Un roman doit faire briller les yeux et accélérer les battements de cœur. Peu importe le genre. Peu importe l’histoire racontée. Quand j’ouvre un roman ou une page vierge à l’ordinateur, c’est pour m’attacher émotionnellement à des personnages qui vont désormais faire partie de ma vie, de mon quotidien. Et lorsque le voyage sera terminé, je me rappellerai non seulement les aventures qu’ils m’auront fait vivre, mais surtout les émotions que j’aurai vécues à leur côté. Je veux découvrir, je veux tomber amoureuse, je veux pleurer et détester à en refermer rageusement la couverture. Et je veux rire.
L’humour déstabilise. L’humour surprend. L’humour adoucit et fait du bien. L’humour apaise la douleur, mais peut parfois être aussi tranchant qu’une lame. Les larmes et les rires sont la plus belle combinaison qui existe pour bouleverser le cœur. Ils ont besoin l’un de l’autre pour nous permettre de reconnaître toute leur beauté.
Qu’est-ce qui vous inspire dans l’adolescence?
Tout. L’amour, les larmes, l’amitié, les rires et les mauvais coups. Le désir d’être invisible ou celui de ne jamais être oublié. Le besoin d’être quelqu’un sans savoir qui l’on est. Vouloir être comprise, mais avoir la certitude frustrante que personne ne peut y parvenir. Et avoir raison. Les inoubliables premières fois. Celles que l’on anticipe. Celles dans lesquelles on plonge sans réfléchir. Celles qui nous foutent la trouille en silence et qui nous font sentir seuls au monde. Celles qui sont encore meilleures en vrai que dans notre imagination. Et toutes celles que l’on préférerait reléguer aux oubliettes. L’impression du grand tout et du grand vide. Les deux en mêmes temps.
Il y a autant « d’adolescences » que d’adolescents. Ça fait beaucoup d’histoires à raconter.













