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Vivre et mourir

2 juin 2017
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Dans une culture qui évacue beaucoup l’idée de la mort, il est parfois pertinent de créer une brèche dans ce silence et d’oser regarder, de plein fouet, cette grande dame à la faux.

Beaucoup plus présente qu’on ne voudrait le croire, la mort plane autant sur nos vies que sur notre littérature. Ne pensons qu’à Céline, Pessoa, Dostoïevski, Sartre ou Camus, qui l’ont mise de l’avant dans leurs œuvres, ou à nos contemporains, tels que Jacques Brault, Robert Lalonde, Vickie Gendreau, Sylvain Trudel, Marie Uguay et Jean-François Beauchemin. Si la mort fascine l’homme, c’est peut-être parce qu’elle prend des aspects différents, parfois symboliques parfois poétiques, parfois glauques et parfois réels. Que ce soit en raison de nos croyances, de nos expériences, de nos peurs, de notre philosophie ou de notre spiritualité, nous avons tous nos appréhensions et nos idées en ce qui concerne la mort. Et les écrivains sont là pour nous aider à mettre des mots sur cet amalgame riche et profond.

Dans les prochaines pages, vous découvrirez cette thématique sous différents angles, littéraires bien entendu. Si le tout se veut parfois léger, avec quelques anecdotes sur les épitaphes les plus célèbres ou encore les soixante-quatorze façons de manger les pissenlits par la racine dans l’œuvre de Shakespeare, nous levons également le voile sur l’étrangement envoûtant suicide des écrivains et sur la mort comme moteur créatif, lorsqu’elle se retrouve à la base de l’inspiration des écrivains. Aussi, deux bédéistes – Philippe Girard et Fabien Toulmé – qui se sont inspirés de la grande faucheuse ont accepté de répondre à nos questions.

Le livre, nous vous le montrons ici, peut être un outil de choix pour adoucir la crainte, pour apprivoiser l’inévitable et pour donner du sens à la perte.

Dans ce dossier

Isabelle Beaulieu
2 juin 2017

On les compte à la dizaine ces écrivains qui, harassés par le poids des jours, ont jeté l’éponge et ont volontairement mis un terme à leur vie. Que peut-on prendre de ce qu’ils nous ont laissé, quel héritage conserver de leurs désespoirs mêlés? En s’approchant un peu plus, peut-être pourra-t-on…

« Nous ne savons de la mort que le vide qu’elle a laissé en nous par la perte de qui nous était cher », écrit Hélène Dorion dans son récit Recommencements. La mort, ce grand mystère insaisissable, pousse-t-elle à écrire? En raison de l’incertitude et du vertige qu’elle engendre, peut-être.…

Philippe Girard est un artiste accompli. Ce bédéiste de Québec a signé une vingtaine d’albums depuis 1997, a été traduit en anglais comme en russe et a été récompensé dans plusieurs pays. Depuis son tout premier ouvrage (Grosse face no 1) à son plus récent (Le…

En ouverture de ce roman graphique d’envergure, une citation de Confucius donne le ton : « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une. » C’est exactement ce que le bédéiste Fabien Toulmé met en scène, avec l’histoire de Baudouin, un…

Originales façons de choisir sa mort Le suicide fait couler beaucoup d’encre depuis longtemps – et pas seulement depuis l’adaptation du roman 13 raisons de Jay Asher, meilleur que la série, vous dira-t-on. Alors que plusieurs l’abordent sous un regard sociologique (notamment Émile Durkheim, il y a plus de 100…

Il n’y a pas une bonne façon pour discuter de la mort avec les enfants : il existe différents angles d’approche, dépendamment de l’âge, de la sensibilité et des connaissances des petits. À vous de trouver l’ouvrage qui vous convient le mieux.…