Les romans historiques suscitent encore et toujours beaucoup d'intérêt. Et au Québec, les amateurs et amatrices du genre ne sont pas en reste. Plusieurs maisons d'édition hébergent des auteurs et des autrices qui excellent dans l'art de remonter le temps pour nous transporter dans l'ambiance d'autres époques.

Née sous une insondable étoile
Claire Bergeron, Druide, 416 p., 29,95$
En 1916, à Vancouver, le bébé d’un armateur et de son épouse est enlevé par le mari de leur nourrice, qui croyait se sauver avec sa fille Alice. Avec ses autres enfants, son frère et sa belle-sœur, cet homme méchant et fourbe fuira aux États-Unis. Dix-sept ans plus tard, cette famille vit maintenant en Abitibi sous de nouvelles identités. C’est le début des années 1930, les mineurs de la région travaillent dans des conditions difficiles et la colère gronde. Alice a maintenant 17 ans et aspire à une vie meilleure, ne se sentant pas à sa place dans sa famille — qu’elle croit sienne. Ses parents ne sont d’ailleurs jamais remis de ce drame… Ces derniers vont-ils un jour revoir leur fille?

La biscuiterie Saint-Claude (t. 1) : Gabrielle
France Lorrain, Saint-Jean, 432 p., 26,95$
Dans sa nouvelle série, un diptyque cette fois, France Lorrain (La promesse des Gélinas, Sur la route du tabac, Au chant des marées, L’Anse-à-Lajoie) raconte le destin mouvementé de Gabrielle, un personnage inspiré de sa grand-mère. En 1965, cette jeune femme déterminée se réfugie temporairement chez sa mère, à Laval-des-Rapides, pour fuir son mari rustre et tenter de refaire sa vie avec ses trois enfants. Son retour dans sa famille, qui n’est pas bien vu, sera semé d’embûches, mais ses retrouvailles avec une amie d’enfance, son nouvel emploi à la biscuiterie et sa rencontre avec un livreur de crème glacée lui redonneront espoir.

Les orphelins du pont de Québec
Éliane Saint-Pierre, Les Éditeurs réunis, 392 p., 29,95$
Le 29 août 1907, à Québec, le pont en construction, traversant le fleuve, une merveille d’ingénierie que la population attend avec impatience, s’effondre pendant que des ouvriers y travaillent. C’est un choc dans la ville. Comme son mari se trouve parmi les victimes, Molly, mère de trois enfants et enceinte d’un quatrième, se retrouve veuve et pauvre. De son côté, Angélique, l’épouse de l’ingénieur chargé de ce chantier, affligée par ce désastre, souhaite adopter un orphelin de cette tragédie. Deux classes sociales se côtoient dans cette histoire qui s’articule autour de ce triste événement historique.

Maître chez soi (t. 1) : Le déracinement
Jean-Pierre Charland, Hurtubise, 376 p., 26,95$
Auteur prolifique de séries historiques à succès, Jean-Pierre Charland brosse cette fois dans un diptyque un portrait des années 1960, en opposant notamment la vie à la campagne et celle à la ville. Romain, contraint de vendre sa ferme en raison de difficultés financières, déménage en ville à son grand dam pour devenir homme de ménage dans un hôpital à Verdun. Alors qu’il doit faire le deuil de son ancienne vie, ses enfants, des adolescents, voient ce renouveau d’un meilleur œil et sa femme est contente de se rapprocher de son frère. Chacun vivra de nouvelles expériences et profitera des petits bonheurs de la ville. Ils s’adapteront donc peu à peu à leur nouvelle vie, même si certains continueront de les percevoir comme des campagnards.

À la croisée des chemins (t. 1) : La dérive
Louise Tremblay D’Essiambre, Saint-Jean, 368 p., 27,95$
Louise Tremblay D’Essiambre, elle aussi une auteure prolifique de séries historiques à succès, amorce une nouvelle saga mettant en scène une grande famille, bilingue de surcroît, de la classe ouvrière, vivant à Sherbrooke. Connor et Ophélie ont treize enfants : les plus jeunes sont des bébés, tandis que les plus vieux — des jumeaux — ont 19 ans et débutent leur vie d’adulte. Cette grande maisonnée vit évidemment un quotidien fort animé, parsemé de conflits, de sacrifices, de défis, d’épreuves, mais aussi de bonheur et de complicité. La Seconde Guerre chamboulera différemment le destin de chacun des membres de cette tribu.

Les étrangers d’ici
Marylène Pion, Les Éditeurs réunis, 368 p., 29,95$
Après la série Les lumières du Ritz, Marylène Pion propose une histoire en un seul tome se déroulant dans le quartier de la Petite-Italie à Montréal. En 1940, la vie tranquille de Galileo et Giulia — parents de cinq enfants et propriétaires d’une boulangerie — est bouleversée quand le père et le fils aîné sont arrêtés. Pendant que Giulia est morte d’inquiétude, sans nouvelles de son mari et de son fils qu’elle a hâte de retrouver, elle doit tenir le coup et subvenir aux besoins de sa famille, ce qui s’avère difficile dans les circonstances : certains clients désertent leur commerce depuis l’arrestation. Vivant au pays depuis des années et se sentant chez eux, ils sont maintenant perçus comme des étrangers. Quel avenir les attend?

Par-delà les frontières
Jean Mohsen Fahmy, Éditions David, 200 p., 23,95$
À la fin des années 1930, à Montréal, Mario et Carlotta, un Canadien et une Italienne, tombent amoureux, mais leur relation est mise à rude épreuve en raison de la méfiance des Canadiens français envers les immigrants italiens et de la Seconde Guerre mondiale. La famille de Carlotta possède une épicerie où les conversations s’échauffent de plus en plus lorsqu’il est question de Mussolini et de la montée du fascisme italien. Les Italo-Canadiens sont peu à peu perçus comme des « ennemis étrangers ». L’amour de Mario et de Carlotta résistera-t-il? Et réussira-t-il à bâtir des ponts entre les deux communautés?

Dr. Geoffroy : Chronique de la vie d’un vétérinaire
Jean Desautels, L’Apothéose, 258 p., 19,95$
Tout en dépeignant l’histoire véridique du Québec de cette époque, cette biographie romancée raconte le parcours de Joseph Geoffroy, un médecin vétérinaire qui a vécu de 1893 à 1933. Après ses études, il épouse Jeanne quelques mois avant d’être mobilisé en Angleterre lors de la Première Guerre à titre d’officier vétérinaire, un événement qui le marquera pour la vie, lui laissant des cicatrices et d’éprouvants souvenirs, des douleurs qu’il apaisera avec de l’alcool. À son retour, il pratique son métier à Shawinigan, puis dans l’Outaouais avant d’être affligé, comme tout le monde, par la crise économique de 1929. Il connaîtra finalement un destin tragique alors que sa femme et lui attendaient leur septième enfant.

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