Un passeur de mots

David Goudreault, écrivain québécois contemporain, arpente les lignes de la littérature avec une plume vibrante et singulière. Né en 1980 à Trois-Rivières, cet auteur a su captiver les lecteurs par sa capacité à explorer les recoins les plus sombres de l’âme humaine, tout en offrant des histoires empreintes d’une profonde humanité.

Son œuvre, riche et diversifiée, se déploie à travers différents genres littéraires, du roman au recueil de poésie, en passant par la nouvelle et les albums jeunesse. Il aborde des thèmes universels tels que la quête identitaire, la rédemption, la solitude et la résilience avec une sensibilité désarmante, offrant ainsi des récits aussi troublants que captivants. Son parcours atypique et les défis rencontrés au quotidien ont façonné son regard sur le monde. Son expérience de vie, notamment comme travailleur social, lui confère une capacité particulière à donner une voix aux exclus, aux marginaux et à ceux qui luttent pour leur dignité.

Dès ses débuts, David Goudreault a su se démarquer par son écriture audacieuse et percutante. Son premier roman, La bête à sa mère (Stanké), paru en 2015, a marqué les esprits par sa crudité et sa sincérité. Le lecteur plonge dans l’univers tourmenté d’un jeune homme en quête d’identité, évoluant dans un milieu familial marqué par la violence et la marginalité. Ce premier roman a été finaliste pour le prix Ringuet et le prix France-Québec, et il a remporté le Prix des nouvelles voix de la littérature et le Grand Prix littéraire Archambault, confirmant ainsi son talent et sa place parmi les grands de la littérature québécoise.

En 2016, il nous revient avec La bête et sa cage (Stanké), la suite tant attendue de son premier roman, qui, cette fois-ci, plonge le lecteur encore plus profondément dans l’univers du protagoniste. Il explore avec finesse les mécanismes de la mémoire et de la rédemption, offrant une œuvre saisissante. En 2017, il complète cette trilogie avec Abattre la bête (Stanké), qui reçoit le Prix de l’œuvre de l’année en Estrie.

En 2020, son roman Ta mort à moi (Stanké) est présélectionné pour le prix France-Québec. Le lecteur se retrouve en plein cœur d’une biographie en chantier de la poète fictive Marie-Maude Pranesh-Lopez, qui raconte la vie d’un génie au mal de vivre envahissant. On y retrouve des extraits du journal personnel de la poète, des réflexions de l’éditeur, le tout dans un ordre chaotique, où chaque segment a sa raison d’être. On y retrouve aussi un hommage à de grands auteurs, tels que Miron, Ducharme et Gary. C’est en 2022 qu’il publie son cinquième roman, Maple (Stanké), avec un personnage dans le même univers que La bête, mais dans un récit sous forme d’enquête policière. Ce roman, que l’on classerait dans le genre « trashicomique », dépeint le portrait coloré de Maple, une ex-prostituée qui se décide à résoudre les crimes en série qui ciblent son ancien milieu de travail.

Pour ce qui est de son écriture poétique, celle-ci est souvent marquée par un langage cru et des images saisissantes, créant ainsi une brèche de lumière malgré les thèmes plutôt sombres. À travers des vers ciselés et des métaphores évocatrices, il parvient à capturer l’essence même de l’existence humaine. Parmi ses recueils de poésie, Vif oubli (Mémoire d’encrier) est le plus récent et le plus personnel. Il puise dans ses nombreuses nuits d’insomnie pour mettre son désespoir et sa résilience à nu.

Il a également sorti deux albums jeunesse touchants, l’un traitant du divorce (La réparation de mes parents, D’eux), et l’autre de neurofibromatose, une maladie génétique qui affecte principalement la peau et les os (La belle petite monstre, D’eux). Les illustratrices, France Cormier et Camille Lavoie, ont fait un travail d’illustration magnifique pour ces deux pépites.

En parallèle à son travail d’écrivain, David Goudreault s’engage activement dans la promotion de l’éducation et de la lecture.

Convaincu du pouvoir transformateur des mots, il fait plusieurs conférences dans les écoles et les milieux défavorisés pour témoigner de sa passion et encourager les jeunes à explorer le monde au travers de la littérature. Son engagement social et sa sensibilité font de lui un véritable passeur de mots. Son œuvre complète invite les lecteurs à poser un regard nouveau sur le monde qui les entoure et à embrasser leur humanité dans toute sa complexité.

David Goudreault est un auteur à surveiller de près et à découvrir si ce n’est pas déjà fait. Je suis persuadée que ses textes résonneront au-delà des frontières et des générations, portant au sommet les couleurs de la littérature québécoise à travers le monde.

Photo : © JF Dupuis

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