À surveiller
La cité en flammes
Don Winslow (trad. Jean Esch) (HarperCollins)
Avec La cité en flammes, Don Winslow amorce une nouvelle trilogie, qui s’inspire des épopées antiques, à la façon d’une « Iliade contemporaine » avec « un héros homérique digne d’Énée » et une « Hélène de Troie des temps modernes », découvre-t-on dans le résumé de ce livre ambitieux. En 1986, à Providence, dans le Rhode Island, un jeune homme de 29 ans, qui aspire à une vie meilleure, se retrouve au cœur d’une guerre entre les mafieux italiens et le clan des Irlandais, dont il fait partie, bien malgré lui. Entraîné dans une spirale de violence, il essaiera de protéger sa famille et ses proches.
La preuve des contraires
Caitlin Wahrer (trad. Karine Lalechère) (Sonatine)
Comparé à Gone Girl et à Big Little Lies, ce premier roman de Caitlin Wahrer — « brillant » selon Stephen King — sonde les répercussions d’un viol sur la victime et son entourage. En 2015, la vie de Tony s’écroule le jour où son jeune frère Nick est violemment agressé par un inconnu rencontré dans un bar — qui de son côté clame qu’il s’agissait d’une relation consentie. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Rice doute du témoignage de Nick, tandis que Tony veut à tout prix sauver son frère, devenant obsédé par cette histoire. Quelques années plus tard, en 2019, Rice, maintenant à la retraite, révèle à Julia, la femme de Tony, les dessous de cette affaire, faisant éclater la vérité.
Une de moins
Chrystine Brouillet (Druide)
Avec ce polar d’actualité aux ramifications sombres et complexes, l’écrivaine Chrystine Brouillet signe la vingtième enquête de Maud Graham — un personnage qu’on aime retrouver. Pendant la pandémie et le confinement, les féminicides sont malheureusement en recrudescence, ce que déplore l’enquêtrice, qui se sent impuissante à protéger ces femmes. Cette dernière sera plongée au cœur de l’horreur alors qu’un tel crime est commis à Québec et que cette affaire expose la haine des hommes, la violence et la souffrance.
Monsieur Hämmerli
Richard Ste-Marie (Alire)
Pour ce nouveau roman, Richard Ste-Marie — qui délaisse cette fois le sergent-détective Francis Pagliaro — met en scène avec humour un personnage atypique. Un tueur à gages mélomane remet en question sa carrière quand on lui propose un étrange contrat : il doit tuer une célèbre cantatrice et la personne qui l’engage pour ce mandat est la chanteuse elle-même! Chaque soir, ces deux-là écoutent de la musique ensemble. Et s’ils réussissent à rester réveillés, c’est ce matin-là que le tueur devra agir. Soir après soir, la diva continue de s’endormir à un moment ou à un autre, prolongeant ainsi sa mission.
Billy Summers
Stephen King (trad. Jean Esch) (Albin Michel)
Billy Summers a été tireur d’élite lors de la guerre en Irak. Il s’est maintenant reconverti en tueur à gages et suit un code d’éthique : il ne tue que ceux qui le méritent. L’histoire de King prend sa force au moment où le protagoniste rencontre un grand amour : une jeune femme laissée pour morte, avec qui il fera sa loi. Cet amour lui rappelle d’ailleurs son passé, sa sœur envolée. Grâce aux mémoires sur son enfance qu’écrit Billy et auxquels le lecteur a droit, on découvre ce qui a fomenté ce tireur à gages, cette propension qu’il a à tuer. [JAP]
Des retours réjouissants et de grands noms attendus
L’écrivain Patrick Senécal revient avec un roman fantastique, Résonances (Alire), dans lequel un écrivain cinquantenaire claustrophobe fait un cauchemar pendant qu’il passe une IRM. Après avoir vraiment eu peur, il découvre qu’il a maintenant des pertes de mémoire et il a l’impression que le monde a changé, comme si quelque chose d’étrange s’était produit. Est-ce sa tête le problème ou le monde qui ne tourne pas rond? Ce sont en ces mots que l’auteur nous présente sa nouvelle parution : « Je vous préviens, ce sera… différent. On reste dans l’étrange, dans le bizarre, dans l’angoissant, mais ça va être pas mal fucké. Pas dans le sens de violent, ou sexuel, ou horreur, ou… Juste weird. Déroutant. Méta. Un peu à la David Lynch. » Ça promet! De son côté, Roy Braverman, un des pseudonymes de l’écrivain Patrick Manoukian, aussi connu sous le nom de Ian Manook, dévoile un nouveau suspense avec Le cas Chakkamuk (Hugo & Cie). À Notchbridge, alors que le shérif est accusé de viol, son adjoint doit enquêter sur lui. Ce dernier demande de l’aide à l’ancien shérif, maintenant propriétaire du journal local, et à un auteur de romans policiers pour l’épauler dans ses recherches. Mais cette affaire s’avérera plus compliquée que prévu. Pour sa part, Jo Nesbø offre un recueil de nouvelles
qui s’articule autour du thème de la jalousie et de ses répercussions, à travers la vie de divers personnages, en proie à des sentiments de vengeance, de rage ou de colère meurtrière. Jusqu’où peuvent aller les gens quand ils ont été blessés ou trahis? Les six récits qui composent De la jalousie (Gallimard) sondent aussi la solitude.
Geneviève Blouin, connue pour sa série Hanaken notamment, propose cette fois un premier polar, Le Mouroir des anges (Alire), dans lequel il est question d’avortement, un sujet hautement actuel par les temps qui courent. L’enquêtrice Miuri Mishima-Sauvé traque un tueur qui avorte des femmes sauvagement. Mais ce qui est encore plus étrange, c’est qu’il choisit des femmes qui avaient déjà décidé d’avoir recours à une interruption de grossesse. Dans Le dernier manège de Guillaume Morrissette (Saint-Jean), on renoue avec les personnages du sergent Antoine Déry et de l’enquêtrice Emma Teasdale, découverts dans Quand je parle aux morts. Cette fois, ils enquêtent sur le meurtre d’un ancien champion d’équitation. Au ranch où ce dernier a été retrouvé, plusieurs personnes avaient accès à l’écurie, ce qui complexifie l’enquête des deux comparses, qui s’échelonnera sur deux jours intenses. Finalement, violence, indifférence, trahison, cynisme et injustices sociales sont au menu du roman de l’écrivain Laurent Gaudé, Chien 51 (Actes Sud/Leméac). Dans un quartier pauvre, un corps est retrouvé par un « chien » de la police, un employé déclassé qui travaille dans le secteur le plus misérable de la ville. Ce dernier devra faire équipe avec une inspectrice pour cette enquête, qui sera liée aux joutes politiques.
À lire aussi
Pour tout bagage, Patrick Pécherot (Gallimard)
Autopsie, Patricia Cornwell (JC Lattès)
Alex Cross seul contre tous, James Patterson (JC Lattès)
Insoluble, James Patterson et David Ellis (L’Archipel)
Summit, Mo Malø (La Martinière)
Omerta, R.J. Ellory (Sonatine)
Froid comme l’enfer, Lilja Sigurdardóttir (Métailié)
Le sniper, le président et la triade, Kuo-Li Chang (Gallimard)
Crime parfait, Daniel Lessard (Éditions Pierre Tisseyre)
Des suspenses et des thrillers haletants
Eva et Mara, découvertes dans L’île des âmes, sont de retour pour une nouvelle enquête dans L’illusion du mal de Piergiorgio Pulixi (Gallmeister). Ce roman, qui se déroule de la Sardaigne à Milan, explore les limites de la justice, les tribunaux populaires et la vengeance. Accompagnées d’un criminologue, elles devront découvrir qui se cache derrière la vidéo envoyée à des milliers de personnes en Italie. Dans cette vidéo, titrée « La loi, c’est toi », on voit un homme ligoté et un homme masqué qui demande au public de voter pour déterminer le sort du prisonnier, un criminel impuni par le système de justice. Après Le sanatorium, Sarah Pearse publie le thriller Le nid (Michel Lafon). Un centre de bien-être isolé sur une île rocheuse est dans la mire d’une enquête de l’inspectrice Elin Warner. Un corps a été retrouvé le matin de l’arrivée d’un nouveau groupe. Puis, une deuxième victime bouleverse la quiétude de ce lieu de détente. Des années auparavant, une série de meurtres avaient été perpétrés sur cette île. Est-ce que cette ancienne histoire pourrait avoir un lien avec le tueur en série que traque maintenant Elin?
L’auteur de Holiday, T. M. Logan, récidive quant à lui avec un suspense prenant dans Ne faites confiance à personne (Hugo & Cie). Dans un train en direction de Londres, Ellen se fait confier un bébé le temps d’un appel, mais rapidement, elle se rend compte que la femme qui lui a remis le poupon est partie, lui laissant un mot : « Protégez Mia. Méfiez-vous des flics. Ne faites confiance à personne. » Ellen se retrouvera au cœur d’une histoire complexe impliquant ce nourrisson et un crime; elle devra à tout prix protéger cet enfant. De son côté, Alafair Burke met en scène le personnage de McKenna, une journaliste qui est aussi une ancienne procureure adjointe, dans Si tu étais là (Presses de la Cité). Une femme mystérieuse sauve un adolescent dans le métro à New York, et McKenna la reconnaît : il s’agit d’une amie qui avait disparu dix ans auparavant. Elle tentera de la retrouver, plongeant ainsi dans une affaire complexe qui ravivera son passé et ses blessures. Dans Fuir ses morts de Mike Knowles (Calmann-Lévy), un vétéran d’Irak, maintenant détective privé, entreprend une quête de rédemption en tentant de sauver une jeune fille qui a écrit un message insolite dans les toilettes d’un café : « Il va me tuer et je crois que je le veux. » Mais la police cherche aussi cette femme, en lien avec un meurtre, ce qui complique l’enquête du détective. Celui derrière La chaîne, Adrian McKinty, signe un autre thriller enlevant, Traqués (Mazarine), dans lequel un couple nouvellement marié et les deux enfants de l’époux font un voyage en Australie qui vire au cauchemar. En visite sur une île, un accident chamboulera leur vie à jamais, les entraînant dans une fuite.
À lire aussi
La gouvernante, Joy Fielding (Michel Lafon)
Innocentes, Andrea Bartz (Michel Lafon)
Enfers, Ismaël Lemonnier (Hugo & Cie)
Malorie, Josh Malerman (Calmann-Lévy)
Il n’y a jamais de meurtre en l’île, Alexis Brocas (Presses de la Cité)
Le destin de l’ours, Dario Correnti (Albin Michel)
Le trophée, Gaea Schoeters (Actes Sud)
Coupez!, Christopher Brookmyre (Métailié)
Un bon Indien est un Indien mort, Stephen Graham Jones (Rivages)
Le souffle de la mort, Joanne Bastien (Crescendo!)
Tous des loups, Ronald Lavallée (Fides)
Pire que l’éternité, Jocelyne Cazin (Flammarion Québec)
Quand les apparences sont trompeuses…
Quand Charity, une avocate réputée, est défigurée à cause d’un accident, deux enquêteurs croient qu’elle pourrait plutôt avoir été victime d’une tentative de meurtre, mais cette dernière garde le silence, n’aidant pas l’affaire à progresser. Protégerait-elle quelqu’un? Ce thriller jongle avec de faux-semblants ainsi qu’avec les zones d’ombre qu’il peut y avoir entre le bien et le mal. C’est à découvrir dans Les deux morts de Charity Quinn de Katerina Autet (Robert Laffont). Les gens semblent aussi avoir des secrets dans Une petite société (Rivages) de Noëlle Renaude. Dans un quartier huppé, un garçon souffrant d’un handicap mental a essayé d’enlever sa jeune voisine, ce qui braque les projecteurs sur son entourage alors qu’il vit avec une femme et un employé de la maison depuis que sa mère est morte d’une crise cardiaque et que son père s’est suicidé. Les policiers et une assistance sociale se mêleront de l’affaire. Avec Dernière manche (De Mortagne), Mikaël Archambault propose une première enquête avec Gaétan Tanguay, un journaliste féru de statistiques. Pendant les Internationaux du Canada à Montréal, le joueur de tennis numéro un au classement mondial meurt en plein match. On pense alors à la « mort subite du sportif », mais le journaliste penche plutôt pour l’hypothèse d’un meurtre. Gaétan enquête sur le passé de la victime, épaulé par une jeune femme. Tous deux s’intéresseront aux secrets du joueur, surtout que tous les membres de son entourage semblent avoir des choses à cacher.
À lire aussi
L’inconnue de Vienne, Robert Goddard (Sonatine)
Les sept divinités du bonheur, Keigo Higashino (Actes Sud)
Rien à l’horizon, Lucy Clarke (Hauteville)
Reste près de lui, Emily Koch (Calmann-Lévy)
Quand l’équilibre de la planète est menacé…
Près de Nantes, une violente tempête engendre d’énormes inondations, impossibles à contrôler. Et en même temps que se produit ce phénomène météorologique, des malades engorgent les hôpitaux en raison d’un mal de tête insoutenable, qui en pousse certains au suicide. Ces maux soudains s’avèrent inexplicables. Une équipe de cellule de crise enquête sur cette pandémie suicidaire alors que règne le chaos dans la ville. À découvrir dans Bleu de Koz (Fleuve). Chez Marabout, on pourra lire The last de Hanna Jameson. Alors que Jon séjourne dans un hôtel en Suisse pour une conférence, l’horreur se produit : une bombe nucléaire a détruit Washington. New York, Londres et Berlin n’existent plus non plus. Le monde est plongé dans le chaos. Deux mois plus tard, Jon fait partie des vingt survivants qui se terrent à l’hôtel après cette fin du monde, dans ce lieu déjà hanté par d’anciennes histoires de meurtres et de suicides. Pendant qu’ils tentent de survivre à cet étrange quotidien, le corps d’une fillette est retrouvé. Que s’est-il passé? Et le meurtrier se trouve forcément parmi eux, non? Ce drame entraînera des tensions au sein du groupe, chacun se méfiant des autres et réalisant que le danger pourrait être bien plus près qu’ils le soupçonnaient.
À lire aussi
Collapsus, Thomas Bronnec (Gallimard)
Science-fiction et romans d’anticipation
Même si on sait pour le moment peu de choses sur le nouveau roman de l’écrivain Bernard Werber, La diagonale des reines (Albin Michel), les prémices sont intrigantes. L’histoire se déroule des années 1970 aux années 2050 et met en scène deux génies des échecs. L’une est la fille d’un milliardaire, tandis que l’autre est une surdouée pour qui la vie en société ne convient pas. Ces deux-là « s’affrontent à l’échelle de la planète, et appliquent leur génie des échecs à l’ensemble des humains », peut-on lire dans le résumé de l’éditeur.
Campé dans un futur proche, Les lignes invisibles (VLB éditeur) de Su J. Sokol, qui paraîtra dans la collection « VLB Imaginaire », dépeint la fragilité de nos démocraties. Une famille américaine de militants gauchistes fuit à vélo son pays alors que la surveillance y est omniprésente, envahissante. Elle compte regagner Montréal, clandestinement, pour y trouver refuge. Cet exil ne sera pas un long fleuve tranquille pour les membres de la famille : entre l’apprentissage du français et leur intégration, des secrets familiaux referont surface et chambouleront leur vie. Après Les manuscrits de la main morte, Christophe Roux-Dufort interroge l’avenir de l’humanité dans L’algorithme de Rebecca Mendelsson (Saint-Jean). En 2040, Rebecca, une femme brillante qui vient de recevoir le prix Nobel de la paix, est enlevée par un groupe armé qui menace de la tuer si elle ne révèle pas son algorithme, qui pourrait permettre d’éradiquer les religions et les guerres, entraînant ainsi la paix dans le monde. Ces ravisseurs souhaitent-ils utiliser ses découvertes ou les détruire? Sa captivité ébranlera ses certitudes, ses questionnements éthiques alors qu’elle découvrira qu’on veut faire évoluer son algorithme pour tendre à l’immortalité…
À lire aussi
La guerre des marionnettes, Adam-Troy Castro (Albin Michel)
Apocalypse Nord, collectif (Les Six Brumes)
Ou ce que vous voudrez, Jo Walton (Denoël)
Composite, Olivier Paquet (L’Atalante)
Le dixième vaisseau, Pierre Bordage (Scrineo)
La lumière lointaine des étoiles, Laura Lam (ActuSF)





















