Raffin, quand la lecture devient un héritage
À Repentigny, la Librairie Raffin souffle ses cinquante bougies. Véritable repaire familial, Raffin continue d’être un lieu vivant de transmission, où l’amour des livres se partage au fil des générations.
« Votre garçon ne lira jamais un livre pour le plaisir, madame. » C’est ce qu’un médecin avait annoncé à la mère de Gilles Antoine Duchaine lors de son diagnostic de dyslexie.
Mais c’était sans compter sur l’intuition et la tendresse d’une mère. Avec patience, elle a semé l’amour des livres dans le cœur de son fils : « Si tu lis un livre, tu auras une surprise », lui disait-elle. Et peu à peu, le livre est devenu la surprise.
Ce chemin vers la lecture, Gilles Antoine l’a parcouru à la Librairie Raffin, son point d’ancrage, son refuge, son rendez-vous régulier. Aujourd’hui encore, avec ses deux enfants, Raffin est un passage obligé après les commissions. Pour eux, c’est une fête. À la maison, un tableau de récompenses mène tout naturellement à la librairie.
Pour la famille Duchaine, Raffin est un havre de paix. Il faut dire que l’histoire est profondément enracinée. Sa mère, sa tante et sa sœur ont toutes travaillé à la librairie. Quinze ans après, Gilles Antoine s’y sent toujours chez lui. Camille, sa libraire de cœur, lui demande des nouvelles de ses enfants. Il échange volontiers avec d’autres clients et propose même des recommandations. Parfois, les rôles s’inversent : il devient le libraire d’un jour.
Il garde aussi un souvenir très vif de son enfance : celui du Club des Giraffins, dont il a conservé les signets. Comme une carte postale d’un temps précieux, où Raffin et la lecture ont commencé à rimer avec lien, famille et fierté.
La lecture, pour Gilles Antoine, c’est une victoire, une histoire de transmission, un héritage vivant. Et Raffin, c’est le lieu où tout a commencé — et où tout se perpétue.












