Illustration : © Stéphane Poulin

Stéphane Poulin
Les lapins peintres, texte de Simon Priem (Sarbacane)
Dans l’univers de cet album, l’étang au centre d’un coin de verdure luxuriant est repeint chaque jour, puis chaque nuit. Lapin peintre jour y appose ses pinceaux sous le soleil, y peint les changements de couleur des saisons, tandis que Lapin peintre nuit allume des bougies dans son chapeau melon et, entre quelques peintures d’étoiles, s’attelle à « peindre le souffle de la nuit ». Si la poésie des images, créations à l’huile d’une grande splendeur, épate, c’est qu’elle se loge avec justesse aux côtés d’un texte lumineux et tout aussi poétique, qui met en scène deux amis qui s’unissent pour chasser les noirs nuages. Notez que Stéphane Poulin publie également cette saison Le secret du capitaine (Pastel).

 

Illustration : © Isabelle Arsenault

ISABELLE ARSENAULT
Une histoire, c’est pour partager, texte de Carter Higgins (La Pastèque)
Un hommage à une créatrice de livre pour enfants par une grande de notre littérature jeunesse à nous : ça fait l’effet d’un doux caramel qui fond sur la langue! En racontant l’histoire — fabuleuse, certes! — de Ruth Krauss, l’autrice Carter Higgins démontre combien cette femme était à l’écoute des émotions des tout-petits, qu’elle aimait pousser la création pour eux, découvrir des couleurs, des phrases qui les feraient vibrer. Isabelle Arsenault fait de même en offrant des illustrations qui font la part belle à l’imagination, telle une habile mise en abyme.

 

Illustration : © Cara Carmina

Cara Carmina
Je m’appelle Frida Kahlo, texte de Sophie Faucher (Édito)
Pour mettre en images la vie de Frida Kahlo, telle que racontée par Sophie Faucher, il fallait une illustratrice qui manie les couleurs avec brio, qui a aussi connu les effluves du Mexique et qui ne craint pas de jouer avec les conventions visuelles. Et Cara Carmina incarne le tout. Ce livre est une compilation des albums Frida, c’est moi et Moi, c’est Frida Kahlo. De son enfance dans la Casa Azul jusqu’à « Frida-Viva-la-vida », la vie de l’artiste est dépeinte avec ses hauts et ses bas, dans une narration rythmée qui rappelle qu’il est bon de voir la vie du bon côté. Paraît également cette saison de cette illustratrice Lulu (la lapine qui habitait deux maisons) et Solo le singe, chez Les Malins.

 

Illustration : © Benoit Tardif

Benoit Tardif
Le grain de sable, texte de Sylvain Alzial (Comme des géants)
Dans Le grain de sable, Benoit Tardif excelle avec des couleurs en aplat, des formes simples, une absence de texture et l’utilisation d’une couleur orange fluo, qui permet de repérer aisément le personnage de cette histoire, qui se métamorphose sans cesse au gré de ses désirs. Éternel insatisfait, il deviendra une roche, un volcan, le vent… Cette histoire cyclique, dont la répétition des actions plaira aux enfants, trouve tout son dynamisme dans les images qui l’accompagnent.

 

Illustrations : © Charline

Charline
Le grand livre secret des gnomes, lutins et farfadets, texte de Richard Ely (Véga)
À la façon d’un bestiaire féérique intercalé de contes merveilleux, cet ouvrage est une porte sur le monde de Féérie et son petit peuple. Farfadets, lutins et gnomes : ils prennent tous vie sous les aquarelles et les crayonnés de Charline, qui a un talent indéniable pour dépeindre leur mimique coquine et espiègle, que ce soit dans les planches en couleurs ou encore dans celles au plomb. On s’y plonge comme on le ferait dans une exposition, et on peut ensuite oser croire à la magie lors de nos balades en forêt!

 

Illustration : © Siegfried de Turckheim

Siegfried de Turckheim
Perlin : L’enfant qui faisait tomber la pluie (Seuil Jeunesse)
Premier ouvrage de Turckheim, Perlin est un conte comme il s’en écrit aujourd’hui si peu : d’une langue déliée, sobre, onirique et rimée, il esquisse l’histoire de ce petit garçon né avec un étrange don, celui de faire tomber la pluie. Il parviendra à le maîtriser, à le mettre au service de l’humanité. Mais qu’arrive-t-il à un jeune héros et à son caractère exceptionnel quand ils tombent dans l’oubli? Chaque image, chaque trait de pluie, chaque gouttelette d’eau participent à faire de cet ouvrage un album d’exception, qu’on savoure lentement comme on regarde une ondée passer.

 

Illustration : © Chris Van Allsburg

Chris Van Allsburg
L’étranger (D’eux)
C’est chez un éditeur québécois — D’eux — que Chris Van Allsburg, le talentueux auteur-illustrateur à qui l’on doit les classiques Jumanji et Boréal-Express, publie en français L’étranger (initialement paru en 1986). Un fermier happe par accident un homme, qui perdra alors la mémoire. Il le ramène chez lui, en prendra soin. À ses côtés, les saisons semblent tout à coup déréglées, le soleil ne paraît jamais s’atténuer. Après son départ, c’est dans le frimas que, chaque année, le fermier sentira sa présence… Les illustrations font honneur aux couleurs changeantes des saisons et font de cet ouvrage dédié à Jack Frost, on croit le deviner, une petite beauté bien loin des clichés.

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