L’humour et la fantaisie sont deux marques de commerce de Pierrette Dubé, tant dans ses albums que dans ses petits romans. Et on retrouve les deux dans la collection « Drôles de familles », qu’elle publie aux éditions Dominique et compagnie. Nous voulions en savoir davantage sur cette collection, ainsi que sur son rapport à la famille. Voici ce qu’elle avait à nous dire à ce sujet!
L’inspiration de Pierrette Dubé pour sa collection tire son origine d’une autre série, Happy Families, écrite par l’auteur britannique Allan Ahlberg. « Je la lisais à mes enfants quand ils étaient petits, raconte-t-elle. Dans cette série, les histoires étaient fondées sur le métier des parents. Toutefois, sauf exception (comme La famille Dentsucrée et La famille Çadécoiffe), le métier ne joue pas un rôle important dans mes “Drôles de familles”, lesquelles sont plutôt caractérisées par leurs excentricités. »
Toutes sortes de familles
Comme l’indique le titre de la collection, « Drôles de familles » met en scène différentes familles qui vivent toutes sortes de mésaventures. L’autrice a-t-elle voulu mettre en scène différents modèles familiaux? « Les toutes premières familles de la collection étaient “traditionnelles” », explique-t-elle. Mais il en existe tellement de modèles (monoparentales ou reconstituées, homoparentales, un ou plusieurs enfants, etc.)! Je voulais donc que tous les enfants puissent reconnaître la leur dans mes livres. »
L’autrice ajoute que ces familles s’inspirent de son entourage. « Mais tout est grossi à la puissance mille, précise-t-elle. Il y a par exemple une famille Techno dans mon entourage. Et je n’ai moi-même aucun sens de l’orientation, même si c’est un peu moins catastrophique que les Perdlenord. » Puis, elle ajoute que la famille Topchrono ressemble à beaucoup de familles actuelles, débordées et toujours pressées entre le travail et les activités de chacun et chacune. Et que les mésaventures des enfants de la famille Méli-Mélo, pour leur part, sont celles de beaucoup d’autres qui ont deux maisons.
Des collaborations fructueuses
Les livres de la collection « Drôles de familles » ne seraient pas aussi populaires sans l’apport de Bach, qui les a tous illustrés. Nous avons donc demandé à Pierrette Dubé comment elle travaillait avec l’illustratrice, et si elle lui donnait des directives au sujet des personnages. « Je n’ai jamais vraiment fourni d’indications à Bach, en dehors de l’âge des enfants. Elle a eu toute la latitude voulue pour déterminer l’apparence des personnages, et je n’ai jamais été déçue. Elle saisissait très bien le caractère de chacun d’entre eux. »
Quant au cochon nain qui accompagne les aventures de chaque famille, il est lui aussi le fruit d’une collaboration. Pierrette Dubé mentionne : « À l’origine, il n’y avait pas de petit cochon dans mes histoires. C’est la directrice artistique de la maison d’édition qui a eu l’idée de faire apparaître un petit animal de compagnie, toujours le même, qui serait présent dans tous les albums. Elle a proposé un cochon nain, et j’ai trouvé que c’était une bonne idée. » Fait surprenant, ce cochon n’est jamais mentionné dans le texte. Mais il semble que les enfants s’amusent beaucoup à observer ses réactions. Il est même parfois la victime des folies de la famille.
Une bonne histoire avant tout
Quand on écrit une série, est-ce que tout part du titre – en l’occurrence, le nom de la famille – ou de l’histoire qui la met en scène? Pierrette Dubé révèle que le nom vient toujours en premier, mais qu’il change souvent en cours de route. « Par exemple, La famille Dentsucrée s’est tout d’abord appelée La famille Desdélices. Et La famille Bricabrac s’appelait initialement La famille Désordre. »
Même si chaque titre présente une famille et une thématique différentes, l’autrice insiste sur le fait qu’il peut y avoir, parfois, un message qui se dégage, sans constituer le fil directeur du récit. « L’important, pour moi, c’est d’écrire une bonne histoire, dit-elle. Si elle fait sourire ou rire les enfants, si elle leur fait réaliser que la lecture, ce n’est pas ennuyeux, j’ai atteint mon but. Sur le plan pédagogique, c’est beaucoup plus efficace qu’un message! » Puis, elle ajoute : « À la réflexion, s’il y a un point commun entre toutes ces familles, c’est l’amour. Leurs membres s’aiment et s’entraident, même si c’est souvent très maladroitement! »
En terminant, nous sommes curieux de savoir comment Pierrette Dubé s’y prend pour demeurer aussi drôle à travers les 22 titres de sa collection. « Comment fait-on pour être drôle? Grande question! répond-elle. J’essaie de m’amuser en écrivant. Si je m’ennuie, c’est mauvais signe. Et c’est le caractère excessif des familles qui fait rire les enfants. »
Même si la collection « Drôles de familles » ne comptera plus de nouveaux titres, en raison du départ de l’illustratrice, gageons tout de même que Pierrette Dubé n’a pas fini de nous faire rire avec ses histoires!
Article tiré du magazine CJ, qu’est-ce qu’on lit?
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