Communicateur scientifique, passionné d’astronomie et auteur, Pierre Chastenay porte de nombreux chapeaux. Et en attendant le passage de la comète Tsuchinshan-ATLAS au mois d’octobre, il a gentiment accepté de répondre à nos questions.
Quand on lit la biographie de Pierre Chastenay, on constate tout de suite que l’espace et l’astronomie y occupent une place importante, tant en ce qui concerne ses études que ses expériences professionnelles. Mais d’où lui vient cet intérêt pour ces sujets? Ce dernier remonte à 1973, alors qu’il avait 11 ans. Il précise : « C’était l’année de la comète Kohoutek. Vous êtes trop jeunes pour savoir de quoi je parle, mais cette comète-là a été découverte en 1973, et on l’annonçait comme la comète du siècle. »
Le jeune Pierre a vu dans ce phénomène une opportunité scientifique à saisir. Comme il était possible que l’on voie cette comète à l’œil nu en plein jour, l’élève avait convaincu son enseignante de faire une présentation devant ses camarades sur cette comète, en leur remettant des photocopies de la trajectoire de la comète.
Malheureusement, la suite des choses s’est avérée moins excitante que prévu… « Pour la petite histoire, raconte-t-il, cette comète-là a été très décevante, parce que finalement, à peu près personne ne l’a vue. » Malgré tout, le futur auteur garde un souvenir positif de cette expérience, car il s’est alors pour la première fois intéressé à un sujet astronomique, en plus de faire de la médiation en astronomie.
Communiquer et vulgariser la science
Quand on lui demande s’il trouve important de faire de la vulgarisation scientifique auprès des jeunes, Pierre Chastenay répond avec une autre anecdote tirée de son enfance. « Quand j’étais petit, des livres d’astronomie comme ceux que j’ai écrits, il n’en existait pas. Hubert Reeves avait un peu ouvert la voie avec des ouvrages de vulgarisation en astronomie de très, très haut niveau, mais qui ne s’adressaient pas aux enfants. »
De manière plus générale, il ajoute que « les jeunes, particulièrement au primaire, sont des scientifiques né.es. Iels ont cette curiosité, ce désir d’apprendre. Iels n’ont pas peur de poser des questions qui sont peut-être naïves ou simplistes, parce qu’iels savent que c’est comme ça qu’on apprend, en les posant ».
Un réflexe enfantin qui le ravit, car il aime répondre à cette curiosité naturelle. « Jusqu’à un certain point, dit-il, je considère que bien des adultes sont perdu.es à la cause, mais chez les enfants, il y a encore cette curiosité-là, il y a encore cette ouverture-là. Il y a encore cette magie dans leurs yeux, quand on leur parle de trouver une autre planète ou que sais-je encore. » Il ajoute que de tels échanges peuvent les amener plus loin, faire peut-être naître des carrières, des professions, des vocations, ou du moins faire en sorte que les adultes qu’iels deviendront conserveront un intérêt pour les sciences. On comprend par conséquent mieux pourquoi cet homme a fait de cette médiation son métier pendant tant d’années au Planétarium de Montréal. Et pourquoi, également, il a écrit plusieurs livres pour expliquer l’espace aux enfants!
Est-il toutefois si simple de vulgariser son savoir? L’auteur répond avec franchise : « Ce n’est jamais facile de vulgariser. Par contre, je considère qu’il y a des sujets qui sont plus faciles à vulgariser que d’autres, et je considère que l’astronomie en est un. »
Nourrir sa passion
Puisqu’il est question de sciences, nous avons demandé à Pierre Chastenay à quel point il fallait être bon à l’école pour s’intéresser à l’astronomie. Sur ce point, sa position est on ne peut plus claire : « Il faut briser le mythe qu’il faut être bon à l’école, bon en sciences ou bon en mathématiques pour être un ou une scientifique. À mon avis, ces éléments-là sont secondaires. » Il ajoute que ce qui est vraiment important, quand on veut être un bon ou une bonne scientifique, c’est d’être curieux et curieuse, de ne pas avoir peur de se poser des questions, puis d’avoir le courage, la ténacité et la patience nécessaires d’aller chercher des réponses.
Comme il l’explique, « contrairement à la plupart des gens qui, lorsqu’ils se posent une question, vont faire une recherche sur Google ou consulter un livre, un manuel, peu importe, pour trouver la réponse recherchée, les scientifiques, elles et eux, quand iels se posent une question, c’est parce qu’il n’existe pas de réponse ».
Si l’on demande à Pierre Chastenay quel est, selon lui, le meilleur moyen de nourrir la passion (naissante ou débordante) des enfants pour les sciences ou l’astronomie, son choix se porte tout d’abord… sur les livres! « Je crois beaucoup en la littérature jeunesse, et particulièrement en la littérature jeunesse documentaire », dit-il. Il suggère d’ailleurs fortement aux enseignants et enseignantes du primaire l’idée d’aménager un coin lecture dans leur classe, avec des ouvrages documentaires sur toutes sortes de sujets. Parce qu’a priori, précise-t-il, on ne sait pas si les enfants s’intéressent davantage à un sujet ou à un autre. Il faut donc leur laisser la possibilité de découvrir par elles-mêmes et eux-mêmes ce qui les intéresse.
Photo : © La courte échelle

Article tiré du magazine
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