Au début des années 1960, alors installé à Bordeaux, Jacques Abeille s’est affilié au courant littéraire et artistique surréaliste. Durant cette période, il a entretenu une longue correspondance avec l’auteur et poète André Breton, l’un des grands théoriciens du surréalisme.
Fasciné par le mouvement surréaliste, Jacques Abeille y a puisé ses idées pour écrire le premier tome de la saga Le Cycle des contrées, Les jardins statuaires en 1982. Dans ce début de saga, un homme explore un monde loin de ses terres où les habitants collectionnent des statues. Après l’enthousiasme et l’émerveillement de la découverte, l’aventurier se rendra compte qu’il se cache des choses étranges derrière cette contrée énigmatique. D’abord publié aux éditions Flammarion dans les années 1980, c’est finalement aux éditions Le Tripode que la série a été rééditée en 2016.
L’équipe du Tripode a fait un hommage au romancier dans un communiqué en insistant sur la gentillesse inégalée de ce dernier : « Dans ce regard, je crois retrouver l’émotion de sa parole, la vérité de son expérience, souvent douloureuse et âpre, toujours dédiée aux rêves et aux autres », s’est confié l’éditeur Frédéric Martin.
Jacques Abeille a aussi écrit plusieurs ouvrages érotiques sous le pseudonyme Léo Barthe. Parmi ses plus connus, notons l’intégrale De la vie d’une chienne qui regroupe les trois tomes de cette série (Histoire de la bergère, Histoire de la bonne et Histoire de l’affranchie). L’auteur y explore l’émancipation sexuelle des femmes et l’acceptation de leur désir.
Souvent décrit comme un écrivain solitaire et obscur, Jacques Abeille a toujours revendiqué son envie de rester loin des mondanités littéraires. Son style d’écriture éclatée et hors du temps, semblable à celui de Tolkien, a mené Jacques Abeille à demeurer en retrait jusqu’à ce que les lecteurs en tombent amoureux. Dans une entrevue accordée au journaliste Yann Etienne pour le magazine Diacritik, il avait annoncé être malade et avait affirmé avec lucidité : « Le monde prend congé de moi au moment où je prends congé de lui. »
Photo : © Clara De Amorin

















