Plus discret depuis quelques années, Victor-Lévy Beaulieu avait des convictions bien ancrées, qu’il revendiquait avec passion et pugnacité. Son amour du Québec et son rêve d’en faire une nation émancipée se sont reflétés dans toute son œuvre, tout comme la mise en valeur de sa région natale, le Bas-Saint-Laurent. Ses téléromans ont alimenté l’imaginaire de bien des chaumières pendant plus de deux décennies. On se rappellera Race de monde (une adaptation de son roman du même nom), L’Héritage, Montréal P.Q., Bouscotte et Louis Cyr. Journaliste, chroniqueur, professeur, Victor-Lévy Beaulieu alimente le quotidien par ses textes, diffusés sur différentes émissions radio telles que Documents, Petit Théâtre et La Feuillaison en plus de participer à d’autres, comme Des livres et des hommes, Book-club et Langage de mon pays.
C’est en 1968 qu’il publie son premier roman, Mémoires d’outre-tonneau qui sera suivi de nombreux autres, notamment La Nuitte de Malcolmm Hudd, Les Grands-Pères, Don Quichotte de la Démanche, La grande tribu, Bibi et Antiterre. Victor-Lévy Beaulieu avait également la plume pour honorer et mettre en perspective les œuvres des auteurs qui lui étaient chers. Ses essais littéraires, des pavés fouillés et pas nécessairement à la portée de tous, rappellent l’immense érudition de l’homme. On pense à Pour saluer Victor Hugo, Monsieur Melville, James Joyce, l’Irlande, le Québec, les mots, 666 : Friedrich Nietzsche et À douze pieds de Mark Twain. Aussi dramaturge, Victor-Lévy Beaulieu a écrit de nombreuses pièces, telles que Ma Corriveau, La tête de Monsieur Ferron ou les Chians et Les menteries d’un conteux de basse-cour.
Victor-Lévy Beaulieu a également participé à la construction de la littérature au Québec, notamment en fondant trois maisons d’édition au cours de sa vie. Il fonde en 1973 les Éditions de l’Aurore, puis en 1976 VLB éditeur et en 1995, les Éditions Trois-Pistoles.
C’est donc un de nos piliers de la littérature qui s’est éteint, nous laissant le souvenir d’un homme engagé, profondément convaincu que la littérature est intimement liée à l’identité d’une nation. Une chose est certaine, son immense contribution nous a tous et toutes fait grandir et si le Québec littéraire brille autant aujourd’hui, c’est un peu grâce à lui.




















