Milan Kundera parlait dans ses romans à la fois d’amour, d’exil et de liberté, d’intégrité morale autant que de politique, le tout avec une plume grinçante et satirique. Il dépeignait la condition humaine, ses travers, ses absurdités comme ses élégances avec un regard lucide, mais empreint de tendresse. Ses deux premiers romans, La plaisanterie et Risibles amours, publiés alors qu’il vivait dans l’ancienne Tchécoslovaquie, témoignent de la désillusion politique d’une génération, à la suite du coup de Prague qui marqua l’arrivée au pouvoir des communistes. Dès son exil en France, il décide d’écrire dorénavant en français et interdit toute traduction dans sa langue natale. Suivront par la suite notamment La valse aux adieux, Le livre du rire et de l’oubli et sans doute son chef-d’œuvre, L’insoutenable légèreté de l’être, qui est entre autres une formidable réflexion sur l’amour.
Imperméable à la technologie, rarement photographié et interviewé, Milan Kundera confiait la gestion de sa vie publique à sa femme, pendant qu’il vivait reclus. Interdisant toute reproduction de ses livres en version numérique, il a également rejeté toute annotation, analyse littéraire et biographie lors de la publication d’une partie de son œuvre en 2011 à La Pléiade. C’est d’ailleurs un des rares auteurs à avoir été publié de son vivant dans la célèbre collection.
L’œuvre de Milan Kundera demeure profondément actuelle. Elle inspire, invite à la réflexion et fait sourire, et trouve particulièrement un écho chez les jeunes adultes, qui y apprécient la franche lucidité de l’auteur. Quoi qu’il en soit, Milan Kundera a assurément marqué son époque et continuera, par ses livres, à faire réfléchir.
Photo : C. Hélie


















