La pandémie joue un rôle déclencheur dans votre livre, alors que les deux personnages principaux se trouvent à cohabiter en raison des dommages collatéraux de celle-ci. Est-ce que la pandémie a été un moteur pour l’écriture du livre, ou cette histoire vous habitait-elle déjà auparavant?
Pour moi, ça a été un mélange de toutes sortes de choses. Un certain déséquilibre d’abord, un peu comme tout le monde; je me suis retrouvée avec beaucoup de temps libre. Ce que je n’ai pas d’habitude d’avoir. Tous mes contrats sont tombés en même temps. Plus de salons du livre, plus de conférences. Tout ce temps à employer à l’écriture. Ça m’a d’abord déstabilisée. Mais comme je cherchais un sujet post-pandémie, celui-ci m’est finalement apparu comme un petit miracle. J’avais envie d’un roman qui fait du bien après ce que l’on venait de vivre.
Le choix de situer votre livre en milieu rural vient créer une opposition très forte avec votre dernier roman qui se déroulait en ville. Pourquoi était-il important pour vous que ce livre se situe en région?
Après la parution d’un dernier roman, j’aime bien faire une nouvelle proposition à mes lecteurs : un univers différent, un sujet particulier, un style différent… Ce sujet ne pouvait que se passer en milieu rural puisque le moteur premier de cette histoire, c’est ce promeneur de chèvres. Et puisque je situe l’histoire en période post-pandémie, même si celle-ci n’est pas totalement derrière nous, je voulais tenir compte de l’engouement nouveau des travailleurs maison qui ne sont pas obligés de vivre en ville pour aller bosser et qui sont attirés par la nature, les animaux, les potagers, la campagne.
La passation de savoir entre générations est sans doute le thème central de ce livre. Pouvez-vous nous expliquer en quoi ce thème est important pour vous?
Je me suis toujours fait cette promesse : même en prenant de l’âge, je ne voulais jamais devenir une mémé… mais plutôt une PP : une « passeuse de passion ». Beaucoup de gens m’ont inspirée dans ma vie, m’ont tendu des perches, me sont venus en aide. J’aime bien redonner au suivant. J’adore enseigner. Donc, pour moi, la passation des savoirs, c’est une priorité. Il faut bien se l’avouer, les métiers transmis de père en fils ou de mère en fille, c’est terminé. Je trouve terrible que certains métiers aillent disparaître, faute de relève sans passation des savoirs.
Vous faites plusieurs références à des ouvrages ou à des chansons, ou encore à des auteurs dans votre livre. Est-ce que ce procédé est pour vous l’occasion de faire découvrir à vos lecteurs des artistes qui vous sont chers ou que vous souhaitez mettre de l’avant?
La littérature, les chansons, la peinture, la musique, les créateurs de toutes sortes sont des valeurs sûres dans ma vie. Je ne sais pas comment j’arriverais à tenir si cela n’existait pas. C’est un peu l’air que je respire, l’eau qui me désaltère, le souffle de vie qui me fait tenir debout. J’aime beaucoup partager mes trouvailles, mes coups de cœur aux lecteurs.
Photo : © Julien Faugère















