Avec les parutions cette année d’Histoire des libraires et de la librairie depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours (Jean-Yves Mollier, Actes Sud) et Petite histoire de la librairie française (Patricia Sorel, La Fabrique), on met à l’honneur le métier de libraire, qui a survécu à tant de crises qui auraient pu menacer sa survie.

Dans une entrevue accordée au média Le Temps, l’historien Jean-Yves Mollier souligne que « la résistance des librairies pendant la pandémie a surpris tous les observateurs ». Cette Histoire des libraires et de la librairie qu’il a signée témoigne de la complexité et de la diversité des métiers que les libraires ont assumées à travers les époques et les continents. Ils ont été imprimeurs, éditeurs, traducteurs et scribes. Monsieur Mollier remonte, entre autres, à Pompéi avant qu’elle ne soit engloutie par la lave, où les libraires se faisaient aussi éditeurs : sur de grands murs blancs, ils inscrivaient à l’encre rouge les dernières nouveautés parmi les manuscrits que les auteurs leur avaient confiés puis engageaient des copistes pour en recopier des exemplaires en jaugeant la demande des clients.

En 2021, notre époque offre des défis tout autres. Avec nos libraires, nous sommes à imaginer la nouvelle génération du site leslibraires.ca. Avec l’engouement pour le commerce en ligne, nous souhaitons nous assurer que ce site soit accessible à tous, y compris aux lecteurs ayant des déficiences en lecture des imprimés, à l’intention de qui nous sommes à intégrer des fonctions d’accessibilité pour les livres numériques et audio que nous rendons disponibles à la vente. Avec nos partenaires, nous travaillons aussi à favoriser une meilleure découvrabilité et un meilleur référencement des livres canadiens dans les moteurs de recherche (pour les curieux, consultez tamis.ca pour avoir une meilleure idée). Enfin, du seul fait qu’une librairie n’est pas un entrepôt destiné à l’expédition de commandes Web, la chaîne logistique d’approvisionnement et celle de la livraison doivent être réfléchies autrement pour que votre expérience client soit optimale lorsque vous achetez en ligne. Le ministère du Patrimoine canadien, le Conseil des arts du Canada et le ministère de la Culture du Québec nous soutiennent respectivement dans ces vastes et passionnants chantiers et nous les en remercions.

Je l’ai déjà mentionné en ces pages : notre regroupement tire son origine de la revue Les libraires. À l’évidence, notre coopérative des Librairies indépendantes du Québec est désormais pleinement investie dans les technologies. J’aime que la coopérative soit devenue ce qu’elle est, sans rien enlever à la revue… et que notre revue soit demeurée solide comme un roc, même avec la montée du Web et, surtout, devant les défis des 18 derniers mois.

Je veux souligner le travail de l’ombre de mes collègues qui soutiennent, au quotidien, la mission des librairies indépendantes : André Beaulieu, Nicole Beaulieu, Guy Beaulieu, Daniel Grenier, Sandra de Senneville, Jean-Michel Grenier, Elisabeth Arseneau, Ariane Lehoux et Raphaëlle Vézina, auxquels s’ajoutent Josée-Anne Paradis, Alexandra Mignault et Isabelle Beaulieu, que vous avez la chance de lire à chaque édition de la revue.

Ces semaines-ci, quelques-uns des fondateurs de notre regroupement passent la main : Laval Martel des Bouquinistes, à Chicoutimi, et Pierre Monet de la librairie portant son nom. Dans le premier cas, une coopérative de solidarité, incluant des employés de la librairie, prend la relève (de monsieur Martel et Anne Lemay). Dans le second, la Librairie Monet continuera de porter fièrement son nom, avec Laurence Monet, fille du propriétaire actuel, qui reprend l’entreprise avec Léandre C.-Ratelle. Pour sa part, Yves Guillet, propriétaire de la Librairie Le Fureteur jusqu’en 2016, avait depuis continué de siéger au conseil d’administration de notre coopérative. Il tirera sa révérence en septembre 2021. Je les remercie chaleureusement pour leur vision et leur engagement, qui nous ont conduits à aujourd’hui.

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