Sur une photo d’époque, quatre acolytes disparates. Un fonctionnaire, une journaliste, un dramaturge et un militant, jeunes artisans de leur avenir, cavalcade bigarrée d’amis à l’âme poétique et aux visées révolutionnaires, partisans de la résistance improvisée sous le sceau de la défiance idéologique, planqués dans une résidence utopique pour échapper aux soubresauts de la guerre qui se fomente, une lutte amorale engraissée d’une vision radicale d’assimilation. Fort d’une habile construction de ramifications politiques, jouant la carte de l’art comme munition, L’inexistence brouille les repères, sème une multitude de mystères et brille par sa complexité. Un récit sombre et humide, dense et protéiforme, riche d’un verbe flamboyant.
Numéro 126
Dossier
Libraire d'un jour
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Les libraires craquent
La révolution d’Agnès
Que fait ce flamboyant navire de guerre, enfant des eaux froides de la Russie, immobile en périphérie du rocher Percé? Qu’est-ce qui motive cette shampouineuse fougueuse, arrivée il y a peu, à orchestrer un enlèvement? Quels secrets cache la logeuse du village, ténébreuse et explosive, dans sa demeure aux mille éclats? Tous les ingrédients y sont pour une histoire déjantée, éclectique à souhait, colorée jusqu’aux oreilles et délicieusement nébuleuse sur trame de machination artistique, d’intrusion rupestre et de détricotage social. Voilà un titre de haute voltige, riche d’un humour mordant et d’une narration pétillante! À lire de préférence dans une chaise Solair orange vif avec un mojito bien givré sur fond de poste radio qui grésille.
De racines et de mots
Ce livre n’a malheureusement qu’un seul défaut : sa présentation, qui semble indiquer que vous allez lire un essai sur la langue. Mais voyez-vous, ce titre inclut douze superbes nouvelles qui traitent des langues au Québec par le biais de textes à saveur historique. De racines et de mots est une fantastique association entre historiens et auteurs qui ont fouillé notre histoire pour vous raconter des anecdotes, des expressions ou la naissance d’événements autour des langues qu’on retrouve (ou retrouvait) dans notre coin de pays. Il y a même une courte bande dessinée! Du monde autochtone en passant par la Première Guerre mondiale, ces textes vous feront voyager dans le temps tout en vous inculquant de petites notions historiques intéressantes.
On couche ensemble
Alice et Francis, ardents amoureux, adorent repousser les limites de leur vie intime. Entre eux, presque tout est permis pour satisfaire leurs désirs charnels. Les deux amants nous proposent des textes à saveur sensuelle. Des tornades de mots charnus où leurs appétits voluptueux sont au premier plan. Une faim de caresses insatiables et des tourbillons d’amour à profusion. Nous sommes invités à les accompagner dans leur quotidien rempli d’anecdotes croustillantes et de récits coquins, enveloppés d’une poésie friponne qui fera frémir l’imaginaire des lecteurs. Le récit On couche ensemble m’a ramené aux débuts fringants d’une histoire amoureuse qui inclut des papillons dans l’estomac.
Pratique d’incendie
Comme j’ai aimé retrouver Kiev Renaud et sa si belle plume, tout en simplicité! Dans Pratique d’incendie, on entre dans le quotidien de Camille, une jeune fille de 12 ans qui, pour contrer sa peur de la mort, prédit dans son journal toutes les façons possibles de mourir, en passant par la noyade, la maladie et la vieillesse. Les univers enfantins déployés dans cette courte plaquette débordent d’imagination, de vivacité. Il est facile de s’identifier à la narratrice et à ses questionnements sur le corps, la honte, le besoin de se démarquer, qu’elle nous livre avec sensibilité et lucidité. Un très beau moment de lecture!
Ce qu’on n’a jamais osé dire
Au départ, il y a la passion de l’ornithologie qui sert de fil conducteur au récit. Puis s’installe entre Julie et Maria une amitié, remplie d’affinités et d’attirance, qui comble un vide et se retient d’aller plus loin… jusqu’à ce que Léandre, l’époux de Maria, sans doute alerté par son sixième sens, force sa femme à choisir. Ainsi s’installe la distance physique entre les deux amies. Mais, de la Beauce à l’Afrique du Sud, en passant par la Suisse et le Costa Rica, cette « amitié » entre les deux femmes survivra malgré des décennies de silence. Dans ce premier roman où s’entremêlent les époques, Francine Lavoie, une amie depuis longtemps, s’attaque à un thème peu abordé dans notre littérature, qu’elle développe avec sensibilité et retenue. À découvrir!
Mukbang
Kim est passionnée des réseaux sociaux. Elle se consacre entièrement à sa carrière de youtubeuse. Pour y arriver, elle adopte un mode de vie mukbang. Le mukbang implique une consommation excessive de nourriture grasse devant un public. Pour atteindre la popularité, Kim mangera toujours plus et c’est par cet acharnement qu’elle obtiendra le succès tant convoité! Malheureusement, Kim ne semble plus prendre conscience des risques qu’implique une telle consommation à long terme. Son métabolisme parviendra-t-il à tenir le coup? Fanie Demeule signe ce troisième roman dans lequel s’inscrit de nouveau le thème de l’obsession. Ce roman est non seulement actuel, mais également moderne en raison des codes QR présents, appuyant les références du roman.
Haute démolition
Haute démolition de Jean-Philippe Baril Guérard est un roman captivant qui nous plonge dans le monde de l’humour au Québec, un univers rarement abordé dans notre littérature. Écrit d’une manière unique et sarcastique, ce roman traite aussi de santé mentale, de suicide et de peine d’amour, mais surtout d’abus de pouvoir. L’auteur explore le désir d’être reconnu à tout prix, et ce, au détriment de tout le reste. L’écriture authentique et le côté psychologique assez réaliste, mais tout de même poussé à l’extrême, m’a séduite. Au fil de la lecture, on se questionne : jusqu’où iront-ils pour être au sommet, et à quel prix?
Quand je ne dis rien je pense encore
Un premier recueil au ton intimiste et d’une pertinence particulièrement prégnante. D’une lucidité imparable qui ne confine pourtant ni au désespoir ni à la mélancolie, la poésie de Readman Prud’homme recèle tous les attributs de la bonté, de la compréhension et de la fraternité. Tout en se tenant loin de l’exaltation et du ravissement, la poète cumule adroitement petites épiphanies, graves constats, élans du cœur et confessions, le tout presque entièrement rédigé à la deuxième personne du singulier. Un livre d’une belle intelligence.
Sémi
Aki Shimazaki nous enchante une nouvelle fois avec ce court roman. Tout en douceur, par petites touches, elle dévoile ainsi l’histoire de Fumiko et Tetsuo, vivant en résidence pour aînés. Lorsque Fumiko, atteint d’Alzheimer, ne reconnaît plus son mari, Tetsuo se voit contraint de reprendre son rôle de fiancé afin qu’elle accepte sa présence. Un changement de cap qui l’amène alors à se pencher sur leur quarante ans de vie commune. De secrets en découvertes, qu’en était-il des sentiments de sa femme? Un roman intimiste, profondément touchant sur la (re)découverte de l’être aimé et des liens qui nous unissent. En toute simplicité, l’auteure nous prouve, une nouvelle fois, qu’un crépuscule peut cacher une aube naissante. Merveilleux.
Tableau final de l’amour
Près de dix ans après la poésie des 158 fragments d’un Francis Bacon explosé, la figure du peintre britannique revient cette fois-ci hanter la production romanesque de l’auteur de L’orangeraie. Sous les traits d’un narrateur s’adressant avec véhémence à un ancien amant, le Bacon de Tremblay remonte le fil de leur sinueuse historiette dont la portée, toutefois, dépasse largement le simple marivaudage. La quête du peintre, dont les velléités de saisissement sont d’une violence aussi ultime qu’inouïe, finira néanmoins par aboutir et, avec elle, c’est tout l’art de Tremblay qui en ressort transfiguré. Une lecture de haute voltige, frappante, précise, dure, délicate, subtile et brillante.
Normal People
Connell et Marianne sont à l’aube de l’âge adulte, moment charnière de profondes remises en question. Avec les chamboulements que cela implique, ils réussissent peu à peu à se détacher du regard des autres pour se questionner sur ce qu’ils sont comme individus et sur les valeurs qui les habitent. Ils entretiennent depuis l’adolescence une relation que l’on pourrait qualifier de toxique à certains égards, mais dont le fondement reste malgré tout le respect mutuel (souvent maladroit, le lecteur en conviendra) et un amour inconditionnel. Sally Rooney parvient à rendre universelle une histoire aux apparences banales et nous convie dans l’intimité de ses personnages avec humanité et émotion. Déjà adapté en série télévisée, ce best-seller mondial n’a pas fini de conquérir le cœur des lecteurs de tous horizons, y compris celui de certains adolescents et de jeunes adultes.
Melancolia
Après le chef-d’œuvre sombre et déjanté qu’était Solénoïde, le génial Cartarescu nous revient avec ces trois nouvelles qui sont autant de miroirs déformants de ce que l’on nomme « la réalité ». Toujours aussi fasciné par les labyrinthes de la matière grise, Cartarescu décrit avec art l’incarcération de l’esprit au sein du corps. Distillant angoisse et mélancolie à pareil dosage, il nous raconte au bord d’un feu de camp déjà éteint trois métamorphoses de l’enfance, chacune répondant aux autres depuis des souterrains sombres et glacés. Les enfants esseulés voyagent dans l’insondable noirceur de contrées kafkaïennes, luttent avec les défaillances qui sont le lot de la conscience et ne trouvent aucun repos dans l’univers parallèle et tordu du rêve.
Billy Wilder et moi
Chez les amants de la tendresse, de l’humour, du cinéma et de la musique, la sortie d’un nouveau roman de Jonathan Coe représente toujours un gage de bonheur. En 1977, Calista, jeune fille partie à la découverte du monde, croise, à Los Angeles, un vieil homme, ignorant qu’il fut, il y a peu, le meilleur cinéaste de son temps (Sunset Boulevard, Some Like It Hot, The Apartment, etc.). Le réalisateur se retrouve à une étape de sa vie où personne ne veut de ce qu’il a à offrir. La jeune fille va le connaître, l’apprécier, participer au tournage de son chant du cygne Fedora. Elle retient de lui cette leçon de vie : peu importe ce que l’existence te réserve, elle a toujours du plaisir à te l’offrir. Coe, tout comme son modèle, excelle à livrer des récits étincelants, illuminant notre univers.
Hamnet
Stratford, 1596. Hamnet, 11 ans, est inquiet : sa jumelle vient de tomber malade et tout son entourage semble s’être volatilisé. Serait-ce cette « pestilence » qui sévit épisodiquement en Angleterre? Qui peut l’aider? Contre toute attente, c’est lui que la mort choisit… Se basant sur les bribes d’archives disponibles sur la vie de William Shakespeare, père d’Hamnet, l’autrice bâtit un roman éblouissant et bouleversant, où alternent l’époque des fréquentations et celle du deuil. Agnes, la mère, nous happe par sa douleur et sa soudaine fragilité. Le père, lui, canalisera son chagrin pour écrire Hamlet, sa plus grande tragédie. Un roman envoûtant, riche en passages inoubliables! Meilleur livre de 2020 selon le New York Times et le Guardian.
L’oiseau bleu d’Erzeroum
1915, Arménie turque. Les dirigeants turcs ont décidé d’éliminer la minorité arménienne du pays. Araxie, 10 ans, et sa sœur échappent de peu au massacre de leur village. Bientôt forcées par l’armée de joindre un convoi se dirigeant vers le désert et donc vers une mort certaine, elles sont sauvées quand une vieille dame qui les a prises sous son aile les vend comme esclaves à un médecin turc. Les événements tragiques s’enchaînent, les petites sont séparées. L’une aboutit en France : l’autre, en URSS, et on les suit jusqu’à l’aube de la Seconde Guerre. Ian Manook, d’origine arménienne, délaisse le polar pour raconter la jeunesse de sa propre grand-mère. Le résultat : un roman percutant et troublant sur le génocide arménien. Vivement le tome 2!
Les somnambules
Ce pavé de plus de 1 000 pages est un brin anxiogène et on ne peut plus actuel. Surtout, ne vous arrêtez pas au fait que la trame se déroule autour d’une pandémie, car c’est bien plus que cela. Chuck Wendig a écrit ce livre en 2018 et nous entraîne dans les coulisses, sur le terrain. On suit l’équipe qui traque le virus, qui tente de le circonscrire et de découvrir sa provenance. On accompagne aussi ces gens qui, soudainement, se mettent à marcher sans arrêt, vers une destination inconnue, ensemble. Autour d’eux se massent leurs proches, inquiets, des journalistes avides, et bientôt, aussi, des gens qui veulent les éliminer, alimentés par des politiciens et des extrémistes. C’est fouillé, dangereusement réaliste, captivant, du début à la fin.
Tout le bonheur du monde
Voici environ 700 pages de pur plaisir qui décortiquent la complexité des liens familiaux. On découvre des parents amoureux comme au premier jour et leurs quatre filles devenues adultes et dont la vie n’est pas toujours simple. L’histoire nous transporte des années 70 à nos jours : c’est un voyage à travers les joies et les blessures de l’enfance jusqu’aux réalités de la vie adulte. Un roman drôle, percutant, rafraîchissant, rempli de tendresse et de rebondissements. Une saga familiale à dévorer sans retenue.
La diagonale Alekhine
En excellent portraitiste, Arthur Larrue nous donne la fièvre échiquéenne et présente une figure majeure du XXe siècle : le grand maître international Alexander Alekhine. Dandy du cocktail, débauché de l’échiquier, sabreur de la diagonale, il était sans contredit l’un des derniers grands artistes fous de ces hautes sphères de l’esprit. Russe blanc, persécuté par les bolcheviks à la fin du règne tsariste, il vécut une vie de vagabond embourgeoisé, bondissant d’un tournoi à l’autre, de pays en pays, en compagnie de Grace, son épouse au cœur-portefeuille qui le soutiendra en partie dans cette folle existence. Figure politique controversée aux opinions ambivalentes, il fut instrumentalisé par la Waffen-SS afin d’avilir l’honneur de grands joueurs, malencontreusement matés par leur appartenance ethnique. Avec un style agressif, une rage de vaincre et le peu de sensibilité qu’on lui connaît, Alekhine fut proclamé deux fois champion du monde, mais son règne d’absolu aux libations perpétuelles tournera tranquillement au coma éthylique.
Pachinko
L’autrice Min Jin Lee a mijoté cette histoire pendant trente ans et ce long travail de recherche a donné naissance à une dévorante saga familiale. Si l’histoire commence en Corée, l’essentiel de la trame se passe au Japon : un exil pour l’espoir d’une vie meilleure. De 1911 à 1989, quatre générations sont racontées. Même si elles partagent la même grande Histoire, elles ne la vivent pas de la même façon, ce qui en fait la richesse de ce roman. Une multitude de sujets sont abordés au travers de tous ces personnages : les conséquences de la guerre, la quête d’identité, la reconstruction, les injustices sociales, l’émancipation, l’immigration ou encore le féminisme. Mais on y trouve aussi beaucoup d’amour, un hommage à la vie et à sa complexité.
Le chasseur céleste
Dans ce huitième volet d’un cycle à explorer en totalité, Calasso s’intéresse à la forte présence des récits de chasse au sein de la mythologie mondiale (grecque, romaine, védique et sibérienne). Prenant pour point de départ cette première métamorphose humaine, consistant à apprendre à se projeter comme prédateur plutôt que comme proie, à se changer ontologiquement grâce aux premières prothèses qu’ont été les outils et les armes, la pensée de Calasso essaime dans de nombreuses directions inattendues. Mêlant avec une grande clarté anthropologie, philosophie, épistémologie, étymologie, théorie sur l’art et histoire, ce remarquable essai prodiguera une nourriture céleste à tous les cerveaux qui n’ont pas peur de nager longuement parmi les nuages.
L’appel du cacatoès noir
Dénicheur de perles inconnues présentées avec un souci amoureux, Marchialy frappe un grand coup avec ce livre. Premier récit de l’Australien John Danalis, cette petite histoire d’une grande réconciliation se dévore au rythme des meilleurs vendeurs qui peupleront cet été les transats du monde entier. Imaginez seulement avoir grandi dans une maison familiale où un crâne aborigène tenait lieu de curiosité. Puis vous être rendu compte, lors d’un cours de littératures autochtones, de l’atrocité de la chose, jusqu’ici banale en votre esprit par l’invincible force de l’habitude. C’est là le point de départ de la quête intime et politique de Danalis qui entreprendra alors de tenter de restituer le crâne aux hypothétiques descendants du défunt.
Assieds-toi et tais-toi!
Assieds-toi et tais-toi! : pour un ouvrage sur le bouddhisme zen, voilà un titre qui détonne résolument. Et pour cause, son auteur Brad Warner est tout sauf le moine zen typique : bassiste dans un groupe punk rock, amateur de films de monstre et fan de jeux de mots douteux. Son ton quelque peu direct et non conventionnel peut surprendre, mais cette approche des plus rafraîchissantes n’altère pourtant en rien la qualité du propos, au contraire. En alternant avec des extraits d’œuvres classiques, des digressions et des anecdotes, l’auteur vulgarise avec brio le Shôbôgenzô, ouvrage majeur du maître zen Dôgen, quasi inaccessible au néophyte. Avec autant de sérieux que d’humour, il nous montre combien ce texte millénaire est toujours pertinent pour éclairer nos existences modernes.
Plus jamais la honte : Le parcours improbable d’une petite poquée
Comment survivre à une enfance horrible et atteindre son plein potentiel? C’est le secret que nous livre la journaliste Nancy Audet dans ce récit troublant où l’on assiste, étape par étape, à une remontée spectaculaire, digne des meilleurs exploits sportifs. Enfant non désirée par sa mère, l’autrice nous raconte ses abandons à répétition, son passage à la DPJ et dans les centres jeunesse, ses périodes de consommation et d’autodestruction avant de se raccrocher à sa passion et de livrer un combat contre elle-même pour s’en sortir et devenir une personne inspirée et inspirante. Si le début du livre exige d’avoir le cœur bien accroché, rarement la lumière au bout du tunnel n’a été aussi bien décrite que dans ce témoignage décomplexé et sincère.
Huit crimes parfaits
Une simple liste que Malcolm Kershaw a dressée il y a des années pour le blogue de la librairie où il travaillait… Il y présentait huit crimes parfaits tirés de romans policiers qu’il avait aimés. Depuis, Malcolm est devenu copropriétaire d’une librairie spécialisée en polars. À sa grande surprise, voici que débarque une agente du FBI qui s’intéresse à ce billet : quelques crimes récents, non résolus, semblent s’en inspirer. En tant que spécialiste du genre, il pourra peut-être l’aider à établir des liens… Très vite, les doutes se confirment et une crainte naît : le meurtrier projette-t-il de recourir aux huit subterfuges décrits dans la liste? Peter Swanson présente une intrigue brillante, un hommage senti à plusieurs grands auteurs de polars.
Le murmure des hakapiks
Dans cette suite de La mariée de corail, l’agente des pêches Simone Lord a été mutée aux Îles-de-la-Madeleine pour l’hiver. Son patron vient de lui assigner le mandat d’accompagner, à titre d’observatrice, un crabier en partance pour la chasse au phoque malgré l’imminence d’une tempête. L’équipage est tout sauf recommandable et l’hostilité à son égard crève les yeux. En parallèle, l’enquêteur Joaquin Moralès vient d’officialiser son divorce et s’est laissé convaincre de participer à des vacances de ski. Mais une psychologue judiciaire qui est du voyage ne peut s’empêcher d’évoquer une affaire troublante qui pique la curiosité de Moralès et sert de fil conducteur à ce roman noir, très noir même, dont la finale laisse sans mot. Une totale réussite!
Les cowboys sont fatigués
Après un recueil de nouvelles qui avait récolté de très bonnes critiques, Julien Gravelle flirte avec le polar dans l’excellent roman Les cowboys sont fatigués. Il maîtrise à la perfection cette ambiance de fond de rang, dans le nord du Lac-Saint-Jean, où tout le monde connaît tout le monde, ou presque, mais où beaucoup ont des secrets bien enfouis. Il y a ce fond d’ambiance à la Breaking Bad, étant donné que Rozie, notre protagoniste, fabrique dans son laboratoire clandestin des amphétamines. Pourtant, un changement de direction lui fera prendre un tout nouveau virage. Bref, le langage, le rythme, le décor, tout est ajusté au mot près pour vous faire vivre cette aventure palpitante.
Terra ignota (t. 3) : La volonté de se battre
Avec le troisième tome de la tétralogie Terra ignota, Ada Palmer se place très haut au-dessus de la mêlée, jonglant avec les concepts, les structures et les personnages avec une adresse déconcertante. Dans un admirable pastiche de style voltairien, elle nous présente un XXVe siècle utopique dont les sources intellectuelles proviennent directement des penseurs des Lumières. Véritable laboratoire sociétal, cette civilisation du futur a éradiqué les distinctions de genre jusque dans le langage, elle se réunit par affinités électives plutôt que par famille nucléaire et elle choisit sa nation selon ses valeurs plutôt que selon son lieu de naissance. L’avenir semble radieux. Or, tout s’apprête à s’effondrer. Ada Palmer va tout fracasser sur son passage.
Métro Paris 2033 (t. 2) : Rive-Droite
Pour rendre hommage au chef-d’œuvre russe Métro 2033, Pierre Bordage, un grand de la science-fiction en France, a entrepris de nous situer quelques centaines d’années plus tard, au sein du métro parisien, ou du moins, ce qu’il en reste. Contrairement au livre de Glukhovsky, les personnages de Bordage n’ont jamais connu la surface de la Terre, irradiée et inhabitable. Du côté de Rive-Nord, trois importantes factions tentent de prendre le contrôle et on découvre, avec un petit groupe d’explorateurs, la mythique rive opposée. J’adore ce type d’histoire en mode microcosme où l’on peut observer les travers et les vertus du genre humain. Rive-Droite est le second tome d’une trilogie dont j’attends le troisième avec impatience!
Flots
En tant qu’adulte, ne pas écrire comme une personne de sa propre génération représente une tâche colossale, surtout si le défi s’étend sur un roman entier. C’est à ce travail d’Hercule que Patrick Senécal s’est attaqué avec Flots : près de 90% du livre se compose de fragments d’un journal intime d’une gamine de 8 ans. Plus qu’à un simple thriller d’horreur, l’auteur nous convie à une véritable étude de personnage qu’il réussit haut la main. Si l’approche et le ton peuvent rebuter un certain lectorat, ceux et celles qui s’y aventurent tomberont dans un enfer littéraire que Senécal maîtrise avec une facilité déconcertante. Loin du gore auquel on pourrait s’attendre, Flots nous invite à un conte macabre et atmosphérique qui ne laissera personne indifférent.
Tu aurais dû t’en aller
Un auteur en panne d’inspiration tente de sauver son art et son couple en louant un chalet isolé dans les montagnes allemandes. Dès l’arrivée de la famille, de plus en plus de choses le dérangent. Un village austère aux habitants peu bavards, un long chemin étroit et dangereux menant à une demeure d’architecte au sommet d’une montagne, une présence de plus en plus insistante au fil du temps… Mais surtout, une voix intérieure — celle de sa conscience — qui lui dit sans cesse : « Va-t’en. » Une lecture courte, mais intense, rappelant souvent The Shining de Stephen King. Ce roman de Daniel Kehlmann joue avec la classique peur de l’isolement, exploitée autant en littérature qu’au cinéma. Un délicieux exutoire après des périodes de confinement, si l’on aime combattre le feu par le feu.
Petit courage
Chaque jour, un tout petit bout de jeune fille vit la même routine dans le même univers. De façon imprévue, ce quotidien confortable est bousculé par l’arrivée d’un nouveau venu… un chat! L’inconnu est source d’inquiétude, voire de peur. C’est par la curiosité, l’apprentissage et, il faut bien le dire, un peu de courage, que vivre de nouvelles expériences ouvre nos horizons et change notre vision des choses, que l’on soit petit ou grand. C’est le message que nous livre Taltal Levi dans ce magnifique album pour enfants. Nous avons accès à l’œuvre de cette autrice et illustratrice israélienne pour une première fois en français. C’est un bonheur de découvrir son univers graphique extrêmement doux, où se côtoient des palettes verdoyantes qui contrastent superbement avec le noir et le blanc. Dès 3 ans
Un chemin dans la mer
Ah! Cette douce brise d’été qui souffle en permanence! On dit souvent aux Îles qu’« on n’a pas l’heure, on a le temps ». C’est exactement ce sentiment que nous procure la douce lecture d’Un chemin dans la mer de Marie-Andrée Arsenault accompagnée des illustrations de Catherine Petit. En effet, le lecteur se voit guidé par la poésie de l’autrice sur la centaine de kilomètres de l’archipel montrant les falaises et la nature luxuriante des Îles. Rendant hommage à cette atmosphère unique que dégage ce coin de paradis madelinien, les illustrations de Catherine Petit et la plume de Marie-Andrée Arsenault sauront bercer les habitués et charmer les futurs Madelinots d’adoption! Dès 6 ans
Et toi, ta famille ?
Voilà une incursion privilégiée dans un groupe d’enfants s’apprêtant à jouer à la famille. Il faut donc une maman, un papa et un enfant… c’est simple, non? Eh bien, pas tout à fait. Voilà donc que les enfants discutent, argumentent et partagent leur propre réalité familiale. On assiste alors à un éventail remarquable des différents types de familles : monoparentale, homoparentale, enfant unique, famille séparée, recomposée, famille nombreuse, élargie, famille d’adoption, et j’en passe! Le tout est ponctué de dialogues enfantins tout à fait charmants. Un album parfait pour aborder et accepter les différences familiales. Tout le monde s’y reconnaîtra, peu importe dans quel type de famille il a le bonheur de vivre! Dès 3 ans
Nin Auass/Moi l’enfant
« Quand je parle de poésie aux enfants, je m’adresse à des poètes avertis », dit Laure Morali, accompagnatrice avec Joséphine Bacon des jeunes qui nous offrent ici leurs mots. Et c’est bien ce que j’ai ressenti à la lecture de ces poèmes dans lesquels ils partagent leurs visions de leurs territoires, extérieurs autant qu’intérieurs, de leurs peurs et leurs espoirs, de leur avenir. La sincérité et la beauté de leurs mots, livrés en innu-aimun et en français (certains poèmes mêlant les deux langues), sont admirablement mises en valeur par les illustrations délicates de Lydia Mestokosho-Paradis et la très agréable présentation. J’ai eu un gros coup de cœur pour ce magnifique livre-cadeau, frais, vrai et émouvant! Dès 7 ans
La journée sans écran!
Qu’arrive-t-il des parents si, un bon samedi matin, les enfants qui en ont assez des bips-bips qui gâchent leur déjeuner déclarent ouverte la journée sans écran? Pas question que maman utilise son cellulaire ni que papa s’empare de la télécommande! Résultat, les parents boudent, se plaignent et essaient de tricher, mais les deux enfants complices leur inventent tout plein d’activités. Rien ne va plus à l’atelier de poterie où maman a bien failli faire une crise! Heureusement, la journée se terminera bien, mais ce sont des parents épuisés que les enfants borderont! Histoire rigolote pour mieux partager nos précieux moments en famille. Dès 4 ans
Petit chat botté
Album tout mignon, simple et poétique qui saura plaire aux petits. Tout se passe autour d’un enfant qui a reçu de belles bottes rouges. Les jolies illustrations sont entièrement en noir et blanc, à l’exception de ces bottes, que porte le personnage dans toutes ses activités quotidiennes. Il les aime tellement qu’il les porte même au lit! Elles sont si pratiques et juste de la bonne taille pour tout accomplir comme un grand. Avec fierté, il les a même montrées aux amis de la garderie. Ce n’est pas juste en raison de la couleur qu’il les aime tant, il faut aussi savoir qui les lui a offertes! Cet album est rempli d’émotions et cache un drôle d’animal de compagnie. Un bijou. Dès 3 ans
La dame aux livres
La Deuxième Guerre mondiale les ayant laissés orphelins de père et affamés, Anneliese et son jeune frère Peter déambulent, le cœur lourd, dans les décombres de Munich. Pour eux, c’est une évidence : la vie ne sera plus jamais la même. Un jour, ils aperçoivent une longue file de gens. Qu’attendent-ils? De la nourriture peut-être? C’est une tout autre surprise qui s’offre à eux : une salle remplie de livres pour enfants! La dame qui s’occupe de cette merveilleuse collection leur fera découvrir un monde rempli d’espoir et changera considérablement leur vision de la vie. Ce bel album est inspiré de la vie de Jella Lepman, fondatrice de l’International Board on Books for Young People et de l’International Youth Library, dont la collection a voyagé partout dans le monde et est encore aujourd’hui synonyme d’espoir et de paix. Dès 4 ans
Sacha
Jeune musicien dans l’âme, Sacha commence le cégep où il ne connaît personne, sa petite amie et ses amis étant dans un autre établissement. Malgré tout, il fera rapidement la rencontre d’un nouveau cercle d’amis, dont un gentil jeune homme du nom d’Olivier. Homophobes, son père et son frère critiquent souvent Sacha en raison de son caractère doux et pas assez masculin. Sacha souhaite renverser l’image que sa famille se fait de lui. Il n’est pas homosexuel. Il en est persuadé. Alors, pourquoi son cœur bat-il si fort quand il est auprès d’Olivier? Pourquoi ne recherche-t-il pas plus souvent la compagnie de sa petite amie, qui lui reproche de ne pas être assez présent? Un roman touchant aux multiples rebondissements! Encore une fois, un roman à succès! Dès 13 ans
Parasites (t. 1) : La Guêpe
Le premier tome de la série Parasites apporte un vent de fraîcheur dans le rayon de littérature pour ados. Dans ce roman, axé sur Billie, il est question d’un jeune mort dans des circonstances nébuleuses, d’une application plus ou moins éthique ainsi que d’une Guêpe qui lance des défis et semble avoir des yeux partout. Tous ces ingrédients entraînent un pur régal de lecture. Les personnages sont crédibles et il y a plusieurs références musicales et cinématographiques habilement intégrées, entre autres au film Frissons. On se sent inquiet tout au long de la lecture, et la question plane : qui est digne de confiance parmi l’entourage de Billie? Lorsqu’on referme le roman, on n’a qu’une idée en tête : lire la suite au plus vite! Dès 13 ans
I Fell in Love After School (t. 1)
Comment convaincre Kuze, un prodige du volleyball, de joindre l’équipe de l’école? Eh bien, c’est facile! L’entraîneur de cette équipe a l’idée d’utiliser sa petite sœur Kao et de l’obliger à être la manager des joueurs tant qu’elle ne réussit pas à le recruter! Vous pourriez penser qu’elle y parviendra les doigts dans le nez, mais si je vous disais qu’il refuse catégoriquement chaque fois? C’est un vrai supplice pour la petite Kao. Voilà ce que son grand frère lui fait subir. Un manga rempli de rebondissements et d’humour où amitié et amour sont au rendez-vous. Haruka Mitsui a toujours plein d’idées pour nous surprendre. Une série en seulement huit tomes! J’attends la suite avec impatience!
Soleil mécanique
La couverture atypique, la couleur, le format : ce petit objet hurlait dans sa section que je devais y jeter un œil. Et ça m’a totalement dérouté : l’intégralité de cette bande dessinée (excepté quelques clichés en noir et blanc disséminés au travers) a été réalisée avec l’aide du programme AutoCAD. Je ne pouvais m’imaginer que ce graphisme à l’apparence froide allait réussir à me raconter une histoire intéressante et enlevante. Pourtant, l’histoire de Bohumil Balda, qui se déroule en pleine Seconde Guerre mondiale, ne vous laissera pas de marbre. Soleil mécanique nous rappelle aussi que ce qui est important en bande dessinée, c’est un bon scénario, et un découpage et un rythme efficaces. Une belle surprise et un gros coup de cœur!
Malgré tout
Si vous cherchez une bande dessinée légère, agréable, belle et intelligente, n’allez pas plus loin! Malgré tout de Jordi Lafebre commence et finit par une rencontre, la même, à trente-sept ans d’intervalle. Cette rencontre est issue d’une vieille promesse, celle de se retrouver lorsque la vie le permettra. Nos deux tourtereaux ont construit une existence chacun de leur côté, mais partagent toujours le même amour. Outre son dessin superbe et expressif qui rend les protagonistes encore plus attachants, Jordi Lafebre a réussi à construire un récit à rebours qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière case.
Maîtres de l’Univers : Les premiers mini-comics
En 1981, un phénomène sans précédent envahit les magasins de jouets : les figurines Les Maîtres de l’Univers. Pour accompagner les jouets, qui virent le jour bien avant le dessin animé ou toute autre itération, les créateurs d’He-Man (Musclor en français) et Skeletor, personnages emblématiques de la franchise, eurent l’idée d’offrir des mini-comics qui donneraient de la substance à l’univers et étofferaient un brin les personnages. Une partie de ces petits trésors, qui mêlent science-fiction et fantasy, est enfin compilée et offerte au grand public. Je vous encourage fortement à mettre la main sur cette compilation, que vous soyez fan de longue date ou simple curieux! Ne serait-ce que pour en apprécier les illustrations d’Alfredo Alcala!
La conquête du cosmos
L’humour absurde d’Alexandre Fontaine Rousseau s’éclate totalement lorsqu’il est combiné aux dessins minimalistes de Francis Desharnais. Après avoir exploré l’histoire de l’aviation dans Les premiers aviateurs, ils s’intéressent ici à la conquête de l’espace, du Spoutnik qui fait bip-bip aux deux premiers hommes sur la lune, pendant que Michael Collins poireaute dans la fusée. Une relecture complètement hilarante des grands moments de cette lutte pour les étoiles entre les États-Unis et l’URSS. En plus de s’attarder aux nombreuses blagues qui risquent de devenir mythiques, il faut porter attention aux illustrations directement inspirées des techniques de l’animation, avec parfois des petites modifications entre les cases. Une bonne dose de rire sur un petit fond de sérieux!
Lightfall (t. 1) : La dernière flamme
Dans un univers où le soleil s’est éteint, la lumière est précieuse. Béa, jeune fille anxieuse, part à la recherche de son grand-père disparu avec Cad, qu’elle vient tout juste de rencontrer. Sur leur route, ils croiseront d’autres créatures parfois amicales, mais pas toujours! Visiblement, la lanterne que trimballe Béa et dont son grand-père lui a dit de ne jamais se séparer suscite bien des convoitises… Cad et Béa sauront-ils percer le mystère de leur quête? Dans ce premier tome, Tim Probert lance l’histoire, met en place ses personnages et surtout, nous charme par ses illustrations lumineuses, aux couleurs chatoyantes. Un plaisir que de voir une amitié se tisser, et une jeune fille transcender sa peur pour se laisser porter par l’aventure. Dès 10 ans
Nico Bravo (t. 2) : Et les troglodytes
Je suis ravie de retrouver Nico Bravo, cet orphelin recueilli par Vulcain et qui travaille à la boutique que tient celui-ci, avec comme clientèle dieux, monstres et autres héros de la mythologie. À la suite de l’aventure qui lui a permis de ramener Cerbère aux portes de l’enfer, Nico doit traquer une maladie échappée du sac du dieu des malheurs et des épidémies. Profitant de la pagaille occasionnée par cette fouille, un intrus se faufile dans la cave de Vulcain et cela donnera lieu, encore une fois, à une quête aussi pittoresque qu’épique! Le bédéiste parvient à créer un univers riche avec une intrigue audacieuse et touffue, allégée par l’humour et la camaraderie entre Nico, Buck la licorne et Lula la sphinge. Une BD qui a du caractère, qui est rafraîchissante. Dès 10 ans
Eat, and Love Yourself
Mindy, 27 ans, travaille dans un café à Montréal. Comme elle est timide et peu sûre d’elle, la solitude l’enveloppe quotidiennement. Dans un dépanneur, elle achète une barre de chocolat, mais en la mangeant, elle revisite ses mauvais souvenirs du passé. Au cours de notre lecture, on remarque que la signification du chocolat est paradoxale. D’une part, Mindy aimerait perdre du poids et d’autre part, cette barre va l’aider à se sentir mieux! Sweeney Boo explique à travers son histoire le trouble du comportement alimentaire. C’est par un environnement banal qu’elle nous fait comprendre et identifier les indices laissés par Mindy; une façon de montrer que ce trouble peut être peu apparent et que n’importe qui peut en souffrir. En plus d’une histoire captivante, la bédéiste nous offre des dessins hallucinants. Étonnante bande dessinée!
Love fragrance (t. 1)
C’est le péché mignon du mois! L’idée de départ est passablement saugrenue. Asako, comptable dans une entreprise de produits pour le bain, est victime de transpiration excessive depuis son adolescence, ce qui la complexe grandement. Au travail, elle va croiser l’odorat hyperdéveloppé de Kôtarô, concepteur des savons de la marque. Révélation olfactive! Le jeune homme n’aura de cesse de la humer à tout va, pour nourrir son inspiration… Une comédie romantique loufoque qui cache des trésors de sensualité. Les personnages deviennent vite attachants dans leurs délires et on se laisse prendre au jeu, sans trop s’appesantir sur des rapports homme-femme somme toute assez basiques mais complètement assumés. Un plaisir coupable drôle et attendrissant.
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