To do liste pour les jours tristes
Lauriane Charbonneau, La Bagnole, 138 p., 20,95$
Ceci ne se veut pas un livre de croissance personnelle où l’on prodigue recettes et conseils pour réussir sa vie, il est bien plus. D’abord, il ne se construit pas autour du déni et entre de plain-pied dans son sujet : le mal de vivre chez les adolescents et adolescentes. Une jeune fille s’adresse à un ami qui a voulu en finir, lui enjoignant d’apprivoiser sa douleur par quarante et une propositions, certaines audacieuses et hardies, d’autres tendres et douces. En parcourant les pages de ce précieux inventaire qui peut être lu de bout en bout ou au hasard, on apprivoise la possibilité de prendre une pause, de désobéir ou de crier fort. Une lecture salvatrice! Dès 12 ans

 

Un jardin l’hiver
Clara Grande, Le Cheval d’août, 168 p., 23,95$
Clara, une ancienne serveuse, occupe maintenant le poste d’aide de service dans un CHSLD. Avec elle, nous faisons la connaissance des résidentes et résidents, vulnérables et souvent privés de présence et d’affection, dont elle apprendra à prendre soin. La solitude pèse aussi sur la narratrice, qui étendra sa quête amoureuse aux applications de rencontres, en vain. Mais l’amitié, la famille, les patients et patientes, les collègues forment un cercle enveloppant, apposant en elle lumière et réconfort. Composé de courts tableaux, ce roman empreint de tendresse malgré les situations troublantes émeut, chavire, attendrit et applique un baume adoucissant sur les rigueurs implacables.

 

On est de son enfance
Robert Lalonde, Boréal, 232 p., 24,95$
Pour Lalonde, l’écriture n’est pas que l’acte d’écrire, elle constitue un mode de survie, un espace où prendre son air, l’unique approche pour embrasser le grand mystère que nous sommes. Ici, il exécute des allers-retours entre le présent et sa jeunesse, se rappelant le gouffre dans lequel les codes étriqués d’un monde pourtant vaste le faisaient sombrer. Un besoin impérieux d’indépendance lui enjoint de s’échapper près de la nature qui, au même titre que les livres, lui offre l’instant glorieux de la fugue. Alors seulement il a l’impression de vivre, allégé du fatras de son esprit, installé dans la quiétude de l’instant.

 

À midi, une joie
Maude Pilon, Les Herbes rouges, 194 p., 25,95$
Maude Pilon convie ses camarades littéraires – Simone Weil, Marguerite Porete, Antonin Artaud, etc. – afin de repenser notre rapport au travail et aux normes nous enclavant dans des coffrages de béton. La poète déconstruit les formes, s’approprie le droit de fantasmer les limites – constamment repoussées –, s’éloigne des balises d’un idiome univoque et autoportant. Étranger à une pensée structurante, ce recueil qui échappe à toute définition renvoie à une liberté réflexive totale et absente de tout amalgame. Il possède l’audace et la manière des insoumis et insoumises, s’inventant à mesure que se déplient ses multiples langages.

 

Chimères
Frédérique Bernier, Nota Bene, 90 p., 12,95$
Frida Burns, sorte d’alter ego de l’autrice, avance dans les mots et entre ces derniers, qui lui servent tantôt de transgression des imaginaires, tantôt de catharsis éclatante, s’incarnant à travers nos envies de nous soustraire au réel. Téméraire, elle sonde les parties de nous, captives de schémas plus ou moins conscients, qui rêvent de s’élancer vers des rives dépouillées d’a priori. En retrait du tumulte assourdissant, elle interroge ce qui la tient en périphérie du monde, l’amadouant à sa façon, faite de tâtonnements incandescents et de beautés silencieuses.

 

La liste 2 de mes envies
Grégoire Delacourt, Albin Michel, 256 p., 32,95$
Plus de dix ans après La liste de mes envies, qui a été adapté au cinéma, Grégoire Delacourt renoue avec l’attachante Jocelyne, qui avait gagné dix-huit millions à la loterie, ce qui avait été le début de ses malheurs. Après la trahison de son mari et le décès de ce dernier, elle vit maintenant seule, avec les quinze millions restants. Elle participe aux Gagnants anonymes, où elle fraternise avec d’autres personnes, dont l’existence a été chamboulée par l’argent et son pouvoir. Jo entreprend de dépenser sa fortune en faisant des dons et en aidant les gens à réaliser leurs rêves. Mais la générosité, ce n’est pas si simple…

 

Terrasses ou notre long baiser si longtemps retardé
Laurent Gaudé, Actes Sud/Leméac, 144 p., 21,95$
Une vie peut basculer si facilement, comme ce soir de novembre où des femmes et des hommes profitent des plaisirs que propose la Ville Lumière. Mais Paris s’apprête à connaître des heures funestes, prise d’assaut par des terroristes là où plus d’un millier d’individus étaient rassemblés le temps d’un concert. La nouvelle sera relayée sur toutes les chaînes, mais derrière celles et ceux qu’on appelle les victimes se trouvaient des désirs encore inassouvis, des promesses de bonheur, des amours désormais arrêtées. L’auteur revisite l’horreur de l’intérieur, restituant admirablement l’humanité des disparus et de ceux et celles qui leur ont survécu.

 

Krummavísur
Ian Manook, Flammarion Québec, 384 p., 29,95$
En Islande, l’effondrement d’un iceberg dévoile trois cadavres emprisonnés dans la glace. Kornelius Jakobsson, qu’on a découvert dans Heimaey puis Askja, est chargé de l’enquête, même s’il n’est officiellement plus policier. Il y a aussi une adolescente disparue qui est retrouvée morte dans un chalutier avec des hommes en fuite. Puis, l’existence d’une base nucléaire américaine secrète, enfouie sous la banquise du Groenland, refait surface. Toutes ces histoires au cœur du froid s’entremêlent avec brio avec, en filigrane, la fonte des glaciers en raison du réchauffement climatique. Manipulation, corruption et gens sans scrupules sont au menu de ce polar captivant au rythme effréné.

 

Shōgun (t. 1)
James Clavell (trad. Robert Fouques Duparc, Ivan Berton, Thierry Fraysse et Luc Lavayssière), Callidor, 646 p., 42,95$
Paru pour la première fois en 1975, le roman historique Shōgun bénéficie ces temps-ci d’une autre adaptation télévisuelle. Pour l’occasion, il fait l’objet d’une réédition et d’une nouvelle traduction, en plus de contenir plusieurs pages inédites. Constituant un classique pour tout amateur ou toute amatrice d’aventure et d’histoire, cette captivante épopée se déroulant au XVIIe siècle en terre nipponne met en scène John Blackthorne, un marin anglais dont le navire cahoté par une mer déchaînée arrive jusqu’au territoire du samouraï Omi Kasigi. Celui-ci gardera prisonnier le naufragé, lequel devra tout tenter afin de reconquérir sa liberté.

 

Poussière d’été
Joanie Boutin, La courte échelle, 280 p., 17,95$
Alors qu’elle a besoin d’oublier sa vie, Maëllie, 18 ans, passe l’été chez sa grand-mère dans le Maine. Un an plus tôt, sa meilleure amie a péri dans un accident de voiture, alors que Maëllie conduisait. La jeune femme n’arrive pas à se remettre de ce tragique événement et de l’absence de son amie. Dans ce village côtier, sa rencontre avec une bande d’amis lui permet de reprendre pied peu à peu, de se reconstruire auprès de ces garçons qui ignorent tout de son drame. Elle s’attachera davantage à l’un d’entre eux. Mais un jour ou l’autre, elle devra affronter ce qu’elle fuit. Entre les effluves de la mer et les douceurs estivales, ce roman navigue dans les eaux du deuil, de l’amitié, de l’amour et de la résilience. Dès 14 ans

 

Les certitudes vagabondes
Valérie Chevalier, Hurtubise, 260 p., 24,95$
Dans la même lignée que son livre Le vacarme des possibles, mélangeant autofiction et essai, Valérie Chevalier explore les relations amoureuses, en sondant notamment la passion, l’engagement, les défis de la vie à deux et le désir d’avoir des enfants. Les histoires que la narratrice a vécues ont façonné celle qu’elle est. Au gré de ses réflexions et de ses remises en question, elle convie aussi les mots des autres, parsemant son récit de citations. Alors en couple, elle se demande si un bonheur tranquille lui suffit. Ayant soif de grandeur, elle poursuit une quête d’absolu, cherchant un idéal amoureux. Il n’existe pas de certitude ni de recette quand il est question d’amour, et justement, cela entraîne de nombreuses tergiversations.

 

Le champ des possibles
Véronique Cazot et Anaïs Bernabé, Dupuis, 128 p., 41,95$
Avec ses couleurs lumineuses – loin des clichés gris et vert souvent associés à la technologie –, cette BD nous fait voir non pas la fuite de l’existence dans la réalité virtuelle, mais plutôt sa réinvention possible. On y voit de nouvelles façons d’aborder les relations de couple, la famille, l’amour, en suivant l’histoire de Marsu, tombée amoureuse alors qu’elle portait un casque de réalité virtuelle et bien qu’elle fût déjà en couple dans la « vraie » vie. Elle souhaite conjuguer ses deux relations et éviter tout renoncement, toutes cachotteries. Mais le tout est-il réellement sans danger? [JAP]

Publicité