L’homme qui ressemblait au Christ
Roland Portiche, Le Livre de Poche, 408 p., 16,95$
Dans une Palestine diminuée par plus de deux siècles de batailles, un jeune noble écossais est enlevé par des trafiquants de reliques qui voient dans sa ressemblance avec le Christ une chance inédite de recréer le Saint-Suaire et de le vendre à prix d’or. Déterminée à retrouver son frère, Sybille, accompagnée du chevalier Ulysse et de son fidèle écuyer Kostandin, remontera la piste, de l’Écosse à la Mongolie en passant par les terres saintes, et tentera de le secourir avant qu’il ne soit trop tard. Plongeant son lecteur à la fin du XIIIe siècle, au temps de la dernière croisade, cette fiction historique richement documentée offre tous les attraits d’un roman d’aventures tout en permettant de découvrir la petite histoire dans la grande.
La mariée portait des bottes jaunes
Katherine Pancol, Le Livre de Poche, 758 p., 18,95$
Encore une fois, Katherine Pancol offre une fresque familiale foisonnante et vibrante. Dans un vignoble du Bordelais, un clan haut en couleur vit au rythme du raisin. Le cours de leurs jours est chamboulé par l’arrivée de deux enfants, dont la candeur, l’intelligence et la fantaisie charment la maisonnée. Ces derniers, âgés de 10 ans et de 8 ans, ont été abandonnés là aux bons soins de leur oncle par leur mère qui croit que leur père est toujours en vie, bien qu’il ait été déclaré mort l’année précédente. Elle compte bien le retracer avant de revenir chercher ses petits. Ce portrait pétillant dépeint les hauts et les bas de l’existence, avec ses joies et ses peines; ce tourbillon incessant qu’est la vie.
La treizième heure
Emmanuelle Bayamack-Tam, Folio, 528 p., 19,95$
Au sein de l’Église de la Treizième Heure, on récite de la poésie française comme des mantras en philosophant sur la fin d’un monde qui ne correspond plus aux idéaux des marginaux qui forment la congrégation treiziémiste. Élevée dans ce culte millénariste, Farah, la fille unique du chef spirituel, est acquise à la cause de son père jusqu’au jour où la puberté lève un voile sur sa filiation, apportant son lot de questionnements : qui est celle que l’on nomme Hind, femme trans d’origine algérienne, si ce n’est une chimère qui s’est évanouie de la vie de sa fille pour vivre un amour impossible ? Ce roman à trois voix interroge les bouleversements liés à l’identité de genre tout en célébrant cette part du monde, sauvage et libre, qui mérite d’être protégée jusqu’à la dissidence. En librairie le 25 septembre
Un livre sur Mélanie Cabay
François Blais, L’instant même, 168 p., 14,95$
En juin 1994, ébranlé par la disparition puis la découverte, deux semaines plus tard, du corps de la jeune fille, François Blais se promet de ne jamais oublier Mélanie Cabay. Plus de vingt ans plus tard, il se remémore cette année-là et rappelle à notre mémoire d’autres cas semblables où des femmes ont été tuées. Ce livre enchevêtre enquête, réflexions et témoignages, alors que l’auteur cherche à savoir qui a tué Mélanie — son meurtre étant à ce jour toujours irrésolu — et échafaude sa biographie. Dans cette œuvre personnelle et émouvante, l’écrivain aborde avec humanité, ainsi qu’avec toute l’éloquence et le ton singulier qu’on lui connaît, l’absurdité de la mort, la difficulté de vivre dans ce monde et surtout, la violence faite aux femmes.
Nauetakuan, un silence pour un bruit
Natasha Kanapé Fontaine, BQ, 280 p., 14,95$
Alors que ses études en histoire de l’art ne l’inspirent plus, Monica visite l’exposition d’une artiste anishinaabe, dont les œuvres, qui témoignent des injustices vécues par les Premiers Peuples du Canada, l’émeuvent. Alors qu’elle avait tout laissé derrière elle en déménageant à Montréal, la jeune femme innue renoue avec ses racines grâce à une nouvelle amie, se réapproprie son histoire et sa culture. Ce chemin qu’elle entreprend lui permet de panser ses blessures, de faire la paix avec son passé, un fardeau qu’elle porte bien malgré elle. Identité, héritage, déracinement et pouvoir de l’art se côtoient dans ce premier roman de la poète Natasha Kanapé Fontaine, qui explore ce qui nous construit et nous façonne.
Y avait-il des limites si oui je les ai franchies mais c’était par amour ok
Michelle Lapierre-Dallaire, BQ, 160 p., 11,95$
Écriture de la limite, cette autofiction crue, dure et nécessaire est une plongée sans compromis dans les souvenirs traumatiques qui jalonnent la vie de l’autrice, de l’enfance à l’âge adulte. Cette dernière utilise les mots comme une série d’uppercuts, mettant au tapis les silences imposés au profit d’une vérité qui, bien que difficilement soutenable malgré la poésie qui tente d’en adoucir les contours, est totalement libérée. Et puisqu’une vie qui s’amorce dans les abus les plus innommables ne peut souvent être restituée qu’en fragments tranchants, l’autrice en profite pour mettre à vif les abus qui, comme toutes les plaies, aussi virulentes soient-elles, doivent être laissés à l’air libre pour que la cicatrisation advienne.
Le portrait de mariage
Maggie O’Farrell (trad. Sarah Tardy), 10-18, 504 p., 17,95$
Florence, 1558. Lucrezia, fille de Cosimo di Medici, est mariée à Alfonso, duc de Ferrare. Un an après son entrée à la cour, la jeune femme de 16 ans est retrouvée morte. Si l’on soupçonne l’empoisonnement, aucun coupable n’est condamné. De cette tragédie ne subsistent que quelques portraits ainsi qu’un poème composé en son honneur par Robert Browning qui incrimine le duc. Mais où se situe la limite entre réalité et fiction? L’autrice Maggie O’Farrell brouille davantage les pistes en s’emparant des faits historiques pour leur insuffler une dose de poésie, entrelacés de mythes et de magie. Cette matière surréelle est la base de cette œuvre où la voix de la duchesse retrouve une force et une vigueur inédites, que l’Histoire elle-même n’aurait pu restituer. En librairie le 20 septembre
Big Girl
Mecca Jamilah Sullivan (trad. Valentine Leÿs), Pocket, 432 p., 16,95$
Plus lourde que la moyenne, Malaya, 8 ans, est traînée de force à des réunions Weight Watchers par sa mère qui espère que chaque kilo perdu par sa fille améliorera sa « qualité de vie »; comprendre ici lui permettra de se marier avec un bon parti. Alourdie par les regards critiques d’une société dont la tendresse n’est réservée qu’à celles qui correspondent à la norme, Malaya grandit en comprenant qu’elle ne pourra vivre une vie heureuse et sans compromis qu’en s’émancipant des traumas générationnels qui conditionnent les femmes de sa famille. Véritable tour de force, ce roman explore les facteurs socioculturels du surpoids tout en abordant la réalité complexe d’être femme, noire, queer et obèse dans le Harlem gentrifié des années 1990. En librairie le 20 septembre



















