Né sous la plume de Véronique-Marie Kaye, le personnage de Marjorie Chalifoux — découvert dans le roman éponyme, couronné du prix Trillium — est de retour dans Marjorie à Montréal, deuxième titre d’une trilogie qui dépeint le parcours étonnant de cette jeune femme. Dans le premier tome, Marjorie, 19 ans et enceinte, devait se trouver un mari après la mort de son amant à la demande de son père. Son projet ayant échoué, la voilà qui quitte Ottawa où elle vivait et débarque à Montréal, toujours enceinte, dans le but de subvenir à ses besoins. Elle se fait engager comme couturière et se trouve mêlée aux problèmes du couple qui l’héberge. Cette femme de caractère ayant le sens de la répartie et un franc-parler teinté de fantaisie trace son chemin dans la vie, comme elle l’entend, en déplaisent parfois à ceux qui croisent sa route.

Pourquoi avez-vous eu envie de camper votre histoire au milieu du siècle dernier? Qu’est-ce qui vous attirait dans cette époque?
Ce n’était pas du tout une envie, mais un choix qui s’imposait au moment où l’idée initiale du roman m’est venue, des bottes sur la neige, je crois. J’ai passé des heures à faire de la recherche historique pour des détails. Ça m’a permis d’apprendre plein de trucs rigolos et intéressants, mais qui ne m’ont servi à rien dans l’écriture de Marjorie. Mon prochain roman a déjà un titre, Marjorie à Paris. J’anticipe avec effroi le temps que ça me prendra pour fouiller dans les archives françaises. Je m’ennuie déjà des outils de recherche de BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), dont je me suis beaucoup servie.

Tout comme le personnage d’Andréanne Mars dans le livre du même nom, Marjorie Chalifoux est un personnage singulier. Malgré les embûches, elle essaie de vivre à sa façon. Qu’est-ce qui vous fascine chez les personnages atypiques? Souhaitiez-vous présenter une femme hors norme, qui sortait des sentiers battus?
Mon imaginaire a tendance à me mener par le bout du nez. Comme je n’ai pas le courage de le contredire, j’écris comme ça vient et je me corrige comme je peux. L’évolution de certains personnages m’étonne encore.

Votre écriture est empreinte d’humour. Pourquoi est-ce important pour vous d’insuffler de l’humour à vos histoires?
Mon imaginaire est un petit farceur, ce qui me désole. Un peu de sérieux, quand même.

Vous vous considérez comme féministe : en quoi votre œuvre s’inscrit-elle également dans cette veine?
Il m’est difficile de répondre à la question parce que c’est plutôt le regard des autres qui me porte à croire que mes bouquins sont féministes. Je ne me dis pas : « je vais écrire un truc féministe »… Mais comme, dans la vraie vie, je suis pour la fille autant que pour le gars et inversement, j’imagine que ça se manifeste dans mes romans.

En plus des romans, vous avez aussi écrit une pièce de théâtre pour adolescents et vous travaillez en communication. Que représente l’écriture pour vous?
Écrire, c’est mon quotidien. Au travail, c’est de la rédaction professionnelle. Après les heures de travail, j’écris ce qui me passe par la tête. J’écris beaucoup, trop vite et souvent mal, ou du moins pas assez bien, ce qui m’oblige à me relire, me corriger, réviser la correction, revoir la révision de la correction… et recommencer.

Photo : © 200f2

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