Nous retrouvons dans votre roman des personnages de votre pièce de théâtre Hosanna. Il y est question de leur fin, de leur commencement. Décrivez cette expérience d’écriture de les retrouver, autrement.
À l’été 2021, un sujet me trottait dans la tête : l’abdication, l’immobilisme. Qu’est-ce qui faisait que quelqu’un baissait les bras après un coup dur plutôt que de lutter pour s’en sortir? On m’a souvent demandé ce qu’il était advenu d’Hosanna, que j’avais peu utilisé depuis la pièce éponyme créée en 1973 (sauf quelques apparitions dans Les cahiers de Céline et Le trou dans le mur) et qui représentait jusque-là pour moi la force, la résilience. Je répondais que je ne savais pas, que je n’avais pas de ses nouvelles. Et si… J’ai donc imaginé La Shéhérazade des pauvres comme l’illustration d’un personnage qu’on croit fort et qui pourtant se laisse abattre par un seul et unique revers, une trahison qui le marquera à vie.
La solitude et la vieillesse font entre autres partie des discussions. Révélez-en un peu plus sur le contexte du récit et le titre La Shéhérazade des pauvres.
Pourquoi Shéhérazade? J’ai voulu décrire, à travers l’ascension d’Hosanna et sa chute, tout ce que le mouvement LGBTQ+ a traversé des années 1960 à la pandémie, mais pas de façon chronologique, en récits échevelés et imbriqués les uns dans les autres comme le fait la vraie Shéhérazade pour le calife Schahriar dans les contes des Mille et une nuits – le seul moyen qu’elle a trouvé pour sauver sa vie.
Photo : © Laurent Theillet














