Grâce à ce premier roman de Benoit Picard, nous voilà en route à destination d’un Aller simple pour l’inconnu. En quête d’elle-même, alors que sa vie routinière ne la comble plus, Rosalie quitte tout pour partir en voyage avec sa meilleure amie. De Lisbonne à Rome, en passant par Mykonos, Bangkok, Siem Reap, Saigon, Hanoi et El Nido, elle tente de dénouer ses questions existentielles à travers ce périple qui, à défaut de révéler des réponses, pourrait changer sa façon de percevoir le monde et l’entraîner vers une nouvelle trajectoire.

Qu’est-ce qui vous fascine dans les voyages? Vos souvenirs de voyages vous ont-ils inspiré?
C’est surtout la découverte de nouvelles cultures et de l’histoire d’autres pays qui me fascinent dans les voyages. J’aime aussi le sentiment de liberté d’être à l’étranger. Si je me lève un matin sans savoir ce qui m’attend, je vais dans la bonne direction. D’ailleurs, mes plus beaux souvenirs proviennent d’imprévus et non de mes photos de monuments célèbres.

Mes souvenirs de voyages ont été le point de départ de l’écriture du roman, même si l’histoire est fictive. J’ai situé l’action dans plusieurs villes où je suis allé et je me suis inspiré de certaines de mes mésaventures. Je voulais que les lecteurs aient réellement l’impression d’être en compagnie de Rosalie en partageant ses meilleurs moments comme ses plus difficiles.

Votre roman explore notamment la quête de soi. Pensez-vous que le voyage permet de se découvrir, de se construire?
Oui, puisque, sur la route, on s’éloigne des contraintes de notre quotidien. Pas d’horaire à suivre, pas de balayeuse à passer et pas de travail! C’est donc un moment privilégié pour se connecter à soi. Que ce soit pour prendre un peu de recul par rapport à sa vie ou seulement pour se vider la tête sur une plage, on retire toujours quelque chose d’un séjour dans un autre pays.

Monter à bord d’un avion, c’est accepter de sortir de sa zone de confort, de perdre ses repères. C’est un premier pas vers l’inconnu. Découvrir ce qui se fait ailleurs, c’est aussi se découvrir. C’est la nouvelle cuisine que l’on goûte, un style musical que l’on apprend à aimer ou une langue dont on tombe amoureux.

Rosalie quitte tout pour partir en voyage parce que sa vie ne lui convient plus. Aviez-vous envie de montrer une façon différente d’envisager la réussite, le quotidien, la vie? De présenter un autre modèle, un autre chemin possible?
La réussite a trop souvent une connotation matérialiste ou financière dans notre société. Le bonheur, ce n’est pas quelque chose qui se quantifie en nombre d’autos ou en valeur marchande de sa propriété. Je voulais montrer, au travers de la remise en question de Rosalie, qu’il est possible de voir la vie différemment.

Pour savoir ce qui la rendrait heureuse, Rosalie lâche tout pour partir en voyage. Chaque personne a sa façon de trouver des réponses. L’important, ce n’est pas nécessairement de faire le tour du monde, mais de suivre ses valeurs, même si ça peut sembler impossible à réaliser ou même si ça nous mène à contre-courant. Pour moi, la véritable définition de la réussite, c’est d’être fidèle à soi-même, à ce que l’on veut.

Photo : © Francis Fontaine

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