En accueillant Québec dans le giron des villes créatives de littérature (2017), l’UNESCO a notamment salué son réseau de 26 bibliothèques, sa Maison de la littérature et son festival Québec en toutes lettres. La cheville ouvrière de cette effervescence littéraire, l’Institut canadien de Québec (L’ICQ), souffle ses 175 chandelles. Balade auprès du plus ancien organisme culturel francophone encore actif en Amérique.
J’écris enveloppée de verre et de bruit. Les fenêtres du café donnent sur un chantier de construction de la basse-ville, et le grondement de la machinerie rivalise avec le brouhaha des discussions, les sifflements de vapeur espresso. Dans la rue grise et étroite, des badauds regardent un panneau vitré s’élever dans les airs, pivoter, puis les éclabousser de soleil. La bibliothèque Gabrielle-Roy (1983) troque son ancienne pèlerine de briques pour une étole de lumière. Il y a quarante ans, en implantant ce carrefour littéraire et culturel au cœur d’un quartier populaire, L’ICQ, la Ville de Québec et le Gouvernement du Québec pariaient que la culture fabrique le bonheur, puisqu’elle bonifie la qualité de vie1. Depuis, 25 millions d’entrées ont confirmé la démocratisation du lieu — autour duquel l’administration du maire Jean-Paul L’Allier (1989-2005) a revitalisé le centre-ville.
Au deuxième étage de l’imposant bâtiment, des architectes discutent à l’endroit même où, bientôt, la diversité des rencontres répondra à celle des livres. J’ai l’impression d’entendre Alberto Manguel demander dans La cité des mots : « Comment le langage peut-il déterminer, limiter et accroître notre imagination du monde? » Cet humanisme, qui se matérialise ce matin dans la renaissance d’une bibliothèque centrale, me semble justement avoir obsédé L’ICQ tout au long de son existence, et ce, dès sa fondation en 1848. Comment amener le plus de personnes possible à progresser à force de fréquenter, d’habiter le langage?

Survivre par la lecture
J’essaie de me représenter le paysage intellectuel de Québec à la naissance de L’ICQ, dans ce « Canada-Uni » de l’Acte d’Union (1840), tandis que la population canadienne-française est soudain engloutie dans la culture britannique. Les associations culturelles anglophones sont solides, contrairement aux initiatives francophones du même acabit qui ne font pas long feu. Côte de la Fabrique, dans l’arrière-boutique de leur librairie, les frères Joseph et Octave Crémazie reçoivent une coterie d’écrivains qui deviendront plus tard les grandes figures de notre répertoire national : Philippe Aubert de Gaspé (père et fils), Henri-Raymond Casgrain, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Louis Fréchette, François-Xavier Garneau, Antoine Gérin-Lajoie, Étienne Parent, Joseph-Charles Taché… Le fait que ces auteurs, qui bénéficient déjà d’un lieu de rencontre pour partager leurs idées, souscrivent à L’Institut canadien de Québec comme membres fondateurs manifeste une sensibilité aux besoins intellectuels de la collectivité. En 1898, tandis que l’organisme fête son demi-siècle d’existence, son président, Nazaire Ollivier, rappelle la grave carence culturelle à laquelle les fondateurs ont tenté de remédier chez les francophones en leur donnant accès à une bibliothèque :
—
La population française était dépourvue de tout moyen de compléter des études sérieuses. Les riches seuls pouvaient se payer le luxe d’une bibliothèque privée, et les riches ont toujours été rares parmi nous. C’est pour combler un tel vide que L’Institut fut fondé. Le but était de réunir la jeunesse, de lui fournir des salles de lectures, des journaux, des revues, des livres, des conférences, et de lui faire aimer les lettres, les hautes études, et la belle langue française2.
Plus conformiste que L’Institut canadien de Montréal — dont les idées politiques libérales s’attirent les foudres de l’ineffable évêque Bourget —, L’ICQ cherche toutefois à maintenir un certain héritage canadien-français (francophone, catholique). Pour y parvenir, il ne semble pas céder à la modestie, étant conçu « dans le but de former une bibliothèque, une chambre de lecture, un musée, d’organiser un mode d’instruction publique au moyen de diverses séries de lectures sur des sujets propres à répandre […] le goût de l’instruction, des arts, des sciences, et d’étendre les connaissances utiles et pratiques pour l’avantage général de la société3 ». Bref, ce n’est pas parce que les moyens sont petits qu’il faut pour autant s’empêcher de voir grand.

Le rêve d’une bibliothèque publique
Je décide de remonter à la source de ce vieux rêve de bibliothèque publique, que L’ICQ porte avec la Ville de Québec depuis 1898. Le café donne du courage à mes jambes, mais le cœur pompe tout de même dans le cap. Je m’essouffle dans la côte de la Montagne qui, au XIXe siècle, rassemble plusieurs imprimeries et journaux. Bien sûr qu’il vente — l’infatigable nordet de la capitale, bien humide, fait craquer les ormes et les érables nus du parc Montmorency. Ces arbres gigantesques semblent dater de toute éternité, comme si, il n’y a pas si longtemps, des édifices n’avaient jamais occupé tout l’espace. C’est pourtant ici que, dans les locaux vides de l’ancien parlement du Bas-Canada, L’ICQ installe sa bibliothèque et sa salle de lecture (1848-1850).
Je me mets à errer dans le Vieux-Québec en quête des différentes adresses que L’ICQ a occupées jusqu’à sa collaboration avec la Ville de Québec. Il faut marcher dans le quartier pour songer que l’exiguïté de l’espace urbain n’est peut-être pas étrangère à la prudence de L’ICQ face aux idées progressistes du XIXe siècle. Tout en visitant ses anciennes résidences au fil du temps — Maison Simard de la rue Buade (1850-1863); édifice de la Caisse d’économie, rue Saint-Jean (1863-1882); Maison Bilodeau de la côte de la Fabrique (1882-1898) —, je me butte immanquablement à l’imposant quadrilatère constitué par l’archevêché, le Séminaire de Québec, l’Université Laval (1852) et la basilique Notre-Dame. Un îlot de pierres ultramontaines, élevé sur le roc, qui embastille le savoir derrière ses murs ecclésiastiques. Tout en sachant qu’au XIXe siècle, les dirigeants de L’ICQ viennent pour la plupart d’une bonne société plutôt placide, j’essaie d’imaginer les efforts qu’il leur a fallu déployer pour nourrir leur bibliothèque et tenir des conférences dans un tel climat de censure, où l’Index claustre les grandes œuvres dans « l’Enfer ».
C’est dire si, devant l’hôtel de ville, je reste épatée par la vision dont fait preuve le maire Simon-Napoléon Parent (1855-1920) au moment d’accueillir L’ICQ dans son hôtel de ville flambant neuf — juste en face de la Basilique. La Ville de Québec cherche à offrir une bibliothèque publique à sa population et désire aménager une nouvelle rue derrière l’hôtel de ville, là où se trouve la Maison Bilodeau, propriété de L’ICQ. Le mariage est signé devant notaire le 17 avril 1897. L’Institut vend son édifice à la Ville de Québec et ouvre sa salle de lecture à la population en échange de subventions annuelles : la Bibliothèque de Québec est née et L’ICQ en devient le gestionnaire officiel. Je ne peux m’empêcher de sourire à la pensée que, pendant une quarantaine d’années, la bibliothécaire de L’ICQ travaille et loge à l’hôtel de ville (voir le texte à la fin de l’article). Le savoir entre les mains d’une femme célibataire, au nez de ces messieurs du Séminaire! Il faudra un jour expliquer ce prodige.

Tout au long du XXe siècle, les noces entre L’ICQ et la Ville de Québec ne cessent de faire des petits. Dans les années 1940, les premières bibliothèques pour enfants éclosent dans différents secteurs de Québec. Des succursales de quartier apparaissent dans Limoilou (1950), Montcalm (1955), puis Saint-Roch (1965). En 1971, tandis que les bibliothèques municipales québécoises sont sous-développées en regard de celles du reste du Canada — pour chaque dollar dépensé annuellement par Montréal pour sa bibliothèque, Toronto en investit 3,17$, Vancouver, 3,55$ et London, 4,60$4 —, la Ville de Québec et L’ICQ rêvent audacieusement d’une bibliothèque centrale qui irait à la rencontre des gens pour leur offrir livres, disques, films, œuvres d’art, expositions et spectacles. Finie l’austère salle de lecture, on invente de nouveaux concepts : artothèque, bédéthèque, phonothèque, vidéothèque, laboratoire de langues, auxquels s’ajoutent un secteur pour enfants, un auditorium et un centre d’exposition. Le projet « Gabrielle-Roy » matérialise en 1983 le rêve d’une grande bibliothèque multimédia au cœur de la cité, que Paris réalisera en 1994 et Montréal, en 2005. Et dans quelques mois, l’établissement ouvrira ses portes avec un nouveau concept de foyers thématiques.
Le parfum du papier m’appelle le long de la rue Sainte-Anne, jusqu’à la rue Sainte-Angèle, où la petite porte de la bibliothèque Vieux-Québec (1941-2014) a été poussée assez de fois pour en perdre le compte. Chrystine Brouillet et Marie Laberge ont été des fidèles du lieu — comme Jacques Poulin, qui y installe la narratrice de La traduction est une histoire d’amour (2006). Il ne faut pas se laisser duper par l’architecture néogothique, qui réfère à un autre siècle : à partir des années 1970, le réseau de L’ICQ est un chef de file en matière de bibliothéconomie. Son bibliobus promène 4 500 volumes dans les quartiers périphériques de la ville; sur la rue Saint-Pierre, sa phonothèque rassemble une collection de 3 500 disques, tout en exposant les œuvres d’artistes locaux; à la bibliothèque Gabrielle-Roy, l’artothèque met à la disposition du public pas moins de 2 500 œuvres d’art, tandis que la logithèque donne accès dès 1985 à un ordinateur et à « l’autoroute de l’information ». On l’aura compris : qu’il s’agisse de faire partie du projet pilote de prêt de livres numériques (2013) ou d’abolir les frais de retard (2022), innover reste le souci constant de L’ICQ et de la Ville de Québec.
Je regarde un garçon et une fille se chamailler en glissant leurs BD dans la chute à livres. Peut-être ont-ils été accueillis par le programme Bibliothèques, terre d’accueil, qui offre des services adaptés aux personnes immigrées? Peut-être sont-ils tout simplement venus au monde à Québec, et que la lecture leur est venue grâce à Une naissance, un livre — créé par L’ICQ (1999), aujourd’hui répandu dans la plupart des bibliothèques publiques du Québec? Ont-ils participé au club de lecture d’été? Aux ateliers d’éveil à la lecture? Je les regarde pousser la porte de la Maison de la littérature (2015), non sans me dire que ce vieux rêve de bibliothèque publique, né au parc Montmorency et porté par L’ICQ au cœur du Vieux-Québec, n’est sans doute pas étranger à la joyeuse turbulence de ces adolescents.
Le foyer culturel
Revenant sur mes pas, je longe par la rue Dauphine la Maison de la littérature, dont les hautes fenêtres en ogive jaugent les baies à croisées du Morrin Centre, chacune des deux bibliothèques souriant à sa voisine. J’ai l’impression de voir la vieille lady tendre à sa copine francophone une tasse de thé en faïence, qui tremble dans sa soucoupe. L’ICQ et la Literary and Historical Society (1824) répondent à une mission semblable, chacune pour sa communauté linguistique. L’identité de la capitale repose beaucoup sur cette coexistence, cette entraide au fil du temps. C’est d’ailleurs la famille d’un « anglo de Québec », le sénateur Lorne C. Webster, qui offre en 1941 l’ancienne église méthodiste Wesley à la Ville de Québec pour que L’ICQ y installe sa bibliothèque et sa salle de spectacles.
Sur l’esplanade où se rejoignent les rue Cook et Saint-Stanislas, je fais une pause à l’un des bancs de pierre, considérant le temple néogothique où se trouvait jadis la « Salle de L’Institut » (1944-1999). À combien de spectacles ai-je assisté ici, quand j’étais gamine? Il me fallait toujours de bonnes grosses minutes pour cesser d’être impressionnée par la splendeur austère de la salle, où je me faisais souvent disputer à force de m’amuser dans l’escalier en colimaçon du balcon. Je me sentais bien petite — jusqu’à ce que la musique m’entraîne dans l’innommable. Ce lieu m’emportait dans des émotions trop grandes pour moi, me subjuguant par ses grandes envolées lyriques, avant de me laisser à la sortie, chiffonnée par tout ce qui m’avait traversée et qui me laisserait longtemps silencieuse.
Je ne suis pas surprise que, parallèlement à son engagement en bibliothéconomie, L’ICQ mène encore aujourd’hui sa mission de diffuseur culturel. Au fil des années, l’habitude s’est transformée en évidence. Les personnes les plus âgées d’entre nous se souviendront qu’avant l’ouverture du Grand Théâtre, en 1971, Québec compte peu de salles de spectacle d’envergure.

Qu’il s’agisse de musique, de théâtre ou de conférences, que ce soit au Palais Montcalm ou à la « Salle de L’Institut », la programmation de L’ICQ est courue. Les séries Les lundis de L’Institut (1965-1995), puis Classique et cie (1995-2002) offrent des concerts de prestige, souvent diffusés par Radio-Canada. À l’auditorium Joseph-Lavergne, les Dimanches-famille (1990-2006) font hurler de rire les enfants par leurs spectacles multidisciplinaires où se mêlent le cirque, la danse, le théâtre, les contes ou les pantomimes. Même le hall central de la bibliothèque Gabrielle-Roy est mis à profit, en décembre 1983, pour accueillir une émission spéciale de Stanké centre-ville, diffusée par Radio-Canada, avec Alain Stanké et l’Orchestre symphonique de Québec. Le milieu des arts visuels n’est pas en reste, puisque le programme Une vitrine pour les artistes s’assure d’en présenter les œuvres dans les différentes bibliothèques du réseau. Aujourd’hui, ces dernières présentent des activités jadis initiées par le programme Des bibliothèques animées.
C’est alors que L’ICQ a l’audacieuse idée de créer Contexte (1998-2006), une série de spectacles littéraires. Gilles Vigneault vient y chanter, sobrement accompagné au piano. Soifs, de Marie-Claire Blais, y est mis en lecture avec Yvon Bilodeau et Béatrice Picard. Le groupe Villeray met en musique des poèmes de Saint-Denys Garneau. L’ICQ a-t-il alors conscience d’ouvrir un coffre aux trésors qui ne consentira jamais à se refermer?
Les enfants de Ducharme
Je contemple la Maison de la littérature. Si je patiente assez longtemps jusqu’à la nuit tombée, la haute fenestration romantique illuminera le quartier. Dans deux jours, la Nuit de la poésie fera flamber la scène principale par une vingtaine de poètes en tous genres. Ça ne risque pas de cesser de slamer, puisque le lendemain, deux Acadiens sortent de leur résidence d’écriture en donnant un spectacle de spoken word. Et ça swigne comme ça plusieurs fois par semaine, de la table ronde sur les tabous artistiques au colloque sur les femmes de lettres, en passant par le Festival de contes et menteries ou les Rendez-vous de la BD. Pas moyen de rester tranquille chez soi pour lire!
Comme l’ensemble des initiatives de L’ICQ, la Maison de la littérature répond à un vieux rêve qui, pour devenir réalité, a demandé son lot de folie, d’énergie… et de patience. À la fin du XXe siècle, alors que la « Salle de L’Institut » doit fermer ses portes, L’ICQ songe à lui donner une nouvelle vocation. On propose à la Ville de Québec, qui en est propriétaire, de la convertir en Maison de la littérature. Les élus se succèdent sans que se concrétise l’audacieux concept. C’est lorsque Régis Labeaume arrive à la mairie que le projet prend son envol. Féru de lecture, l’homme qui voit grand espère un jour rencontrer son idole, Paul Auster. Marie Goyette et Jean Payeur, anciennement à la direction de L’ICQ, ont gardé précieusement le souvenir du moment où s’est joué l’avenir du lieu :
—
Nous étions avec le maire à visiter cette salle poussiéreuse, fermée hermétiquement par ses fenêtres bouchées et servant de débarras depuis quelques années. Nous sommes montés au balcon. Le maire a regardé attentivement la salle, comme pour s’imprégner de l’esprit du lieu et imaginer son potentiel. D’habitude verbomoteur, il nous frappait par son silence. Le maire avait vu notre plan image du projet, qui illustrait une mezzanine sur tous les murs. Inspiré par ce plan qui montrait tout le potentiel du lieu, il a dit : « Non, pas de mezzanine devant ces magnifiques fenêtres! » Donc, on a compris qu’il acceptait l’idée d’une reconversion… Un moment merveilleux!

Je pénètre à l’intérieur de « la Maison » pour déposer mes livres en retard. Des applaudissements proviennent de la scène littéraire dans le cadre d’une remise de prix. Personne ne me gronde tandis que je gravis le large escalier de colimaçon qui mène à la bibliothèque. J’ai beau être une habituée, chaque fois que je parviens à l’étage, je sursaute devant tant d’éblouissement. Le gant s’est retourné : ma salle obscure de jadis resplendit. Un jeune homme sort doucement d’un des cabinets d’écriture, tandis que, juste à côté, deux étudiantes discutent en feuilletant leurs livres de classe. Je croise des amies de L’ICQ, qui se creusent déjà les méninges pour monter la prochaine édition de Québec en toutes lettres. Je m’émeus encore une fois de constater combien une si petite équipe arrive, par son inventivité, à d’aussi grandes réalisations.
Je me souviens de la première année du festival (2010), consacrée à un autre amant des bibliothèques, l’écrivain argentin Jorge Luis Borges. Dans le cadre des réjouissances, j’avais assisté au récital de ses textes, accompagné par le tango lancinant du couple lauréat d’un prestigieux concours de Buenos Aires. J’en frissonne encore. L’année suivante, dédiée à Réjean Ducharme, la littérature s’était transportée dans la rue Saint-Joseph, dont les trottoirs étaient tapissés d’extraits de ses romans. Me revient alors un extrait du message de Ducharme, lu par sa compagne Claire Richard lors d’une célébration du centenaire des éditions Gallimard à la bibliothèque Gabrielle-Roy. Ce pourrait devenir l’exergue de la longue complicité entre L’Institut canadien de Québec et la population de la capitale :
—
après avoir vécu de rêves,
ceux des autres surtout,
comme on vit d’amour,
comme on vit dans une bibliothèque,
où on ne rend pas tout ce qu’on prend malgré
ce qu’on a dit5
D’un étage à l’autre, j’erre parmi les rayonnages consacrés à la collection de littérature nationale. Les classiques qui ont jadis fondé L’ICQ dorment sans doute ici, dispersés entre les polars, les romans historiques, les essais québécois. Je considère ces autrices et ces auteurs qui, à bout de lecture, se sont mis à écrire. Combien de livres, ici, sont nés de lectures, d’événements suscités par L’ICQ?
Joyeux anniversaire, mon vieil ami.

1848
Fondation de L’ICQ
1897
Entente pour la création de la Bibliothèque de Québec
1906
Première femme employée
1944
Ouverture de la Salle de L’Institut
1983
Ouverture de la bibliothèque Gabrielle-Roy
1991
informatisation de la Bibliothèque de Québec
2005
Création de la première résidence d’écriture
2010
Première édition du festival Québec en toutes lettres
2015
Ouverture de la Maison de la littérature
2017
Québec devient ville de littérature UNESCO
Les secrets de la grande « Mademoiselle »
Dans la lignée des grandes oubliées de l’histoire, la figure de Joséphine Lortie (1864-1956) reste aussi obscure que fascinante. Première employée féminine de L’ICQ, elle est engagée à 42 ans comme assistante bibliothécaire (1906), puis devient dix ans plus tard bibliothécaire en chef. Elle occupe ce poste de direction durant près de quatre décennies, et loge à l’hôtel de ville, même après sa retraite. Elle s’éteint à l’âge de 93 ans, 50 ans après ses débuts à L’ICQ. « Mademoiselle » occupait-elle un véritable poste de direction? Quelle était l’ampleur de ses tâches et responsabilités? Comment cette femme célibataire a-t-elle négocié avec la censure ecclésiastique? Quels impacts son travail eut-il sur la vie littéraire de Québec? Ce ne sont que de rares questions en regard de tout ce qui mériterait d’être creusé à propos de cette mystérieuse figure, qui attend sa biographie.
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1. « La Bibliothèque centrale — communiqué de presse », non daté, [p. 5.], BAnQ, fonds Pierre-F. Côté, P764, S2, ss6, 1999-04-014/65.
2. Nazaire Ollivier, « Noces d’or de L’Institut canadien », Collectif, Catalogue de L’Institut canadien de Québec 1898, Québec, Dussault & Proulx imprimeurs, 1898, p. 295.
3. Acte pour incorporer L’Institut canadien de Québec, Montréal, Stewart Derbishire & George Desbarats, 23 mars 1848.
4. Anonyme, « Les bibliothèques du Québec sont inférieures à celles de l’ensemble du Canada », Le Devoir, 13 octobre 1958, p. 3.
5. Réjean Ducharme, « Dernier message public, 20 octobre 2011 », Romans, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2022, p. 1924.












