Reykjavík
Ragnar Jónasson et Katrín Jakobsdóttir (trad. Jean-Christophe Salaün), Points, 360 p., 16,95$
En 1956, sur une île au large de Reykjavík, une adolescente de 15 ans, qui y travaillait pour l’été, disparaît sans laisser de trace. L’enquête piétine et n’aboutit pas. Trente ans plus tard, dans les années 1980, ce mystère s’avère toujours irrésolu et hante encore les esprits. Alors que la ville s’apprête à célébrer son 200e anniversaire et que l’Islande se prépare pour un sommet réunissant les États-Unis et l’Union soviétique, un ambitieux journaliste fouille cette affaire, espérant trouver de nouveaux éléments afin de découvrir ce qui est réellement arrivé à cette jeune fille. L’auteur à succès Ragnar Jónasson a échafaudé ce polar entrelaçant la petite et la grande histoire avec l’ancienne première ministre d’Islande (2017 à 2024). En librairie le 16 novembre
Le parfum des poires anciennes
Ewald Arenz (trad. Dominique Autrand), Le Livre de Poche, 288 p., 14,95$
En colère contre la terre entière, Sally, âgée de 17 ans, souhaite seulement avoir la paix. Après s’être sauvée de la clinique où elle séjournait, elle fait la rencontre de Liss, une femme dans la cinquantaine qui s’occupe seule de sa ferme, et qui lui offre de l’héberger. En apparence, ces deux-là n’ont pas grand-chose en commun. Pourtant, elles cherchent leur place dans ce monde, ont soif de liberté et aspirent à plus grand. Comme si leur existence était trop étroite. Peu à peu, elles s’apprivoisent, comblant chacune un vide. Pour Liss, qui se reconnaît en Sally, c’est l’occasion de se replonger dans ses souvenirs, tandis que la jeune fille s’apaise dans ce nouveau refuge, ce lieu où elle n’a pas de comptes à rendre. Ce roman lumineux appelle les sens, célèbre la différence et rend hommage à la nature et au silence.
Morel
Maxime Raymond Bock, Le Cheval d’août, 344 p., 18,95$
Jean-Claude Morel pourrait être n’importe qui. L’homme vaguement familier que vous saluez distraitement le matin, le pilier de taverne du coin, le visage interchangeable du quartier. Pourtant, sous le couvert de l’anonymat qui est le propre de l’ouvrier de chantier, cet homme se situe à l’épicentre des mutations profondes qui entraîneront la ville de Montréal vers la modernité ; détricotant au passage le tissu social des quartiers populaires. Du Stade olympique au métro, à bord de son camion charriant des kilos de terre meuble, Jean-Claude pense à sa vie, et se remémore l’ancienne, dans une enfilade de petites et grandes anecdotes qui s’imbriquent et donnent la parole à ceux que l’on invisibilise dans la grande trame de l’Histoire : les travailleurs de la classe ouvrière.
Le tombeau d’hiver
Anne Michaels (trad. Dominique Fortier), Alto, 404 p., 20,95$
Chronique de catastrophes à échelle humaine, Le tombeau d’hiver explore cette pulsion propre à l’Homme de détruire pour mieux reconstruire; faisant fi des répercussions sur la petite et la grande histoire. Dans une langue poétique qui suspend volontairement le temps pour lui donner une densité nouvelle, l’autrice fait écho aux exodes causés par les chantiers d’ingénierie urbaine, la construction du barrage d’Assoum en Égypte et celle de la voie maritime du Saint-Laurent au Canada, pour aborder la tragédie, beaucoup plus intime, d’une passion amoureuse soumise au déclin. Deux trames narratives qui se répondent et qui partagent le même questionnement central : comment est-il possible de se rebâtir après avoir fait table rase?
La collectionneuse de mots oubliés
Pip Williams (trad. Odile Demange), 10/18, 548 p., 18,95$
L’autrice britannique Pip Williams situe son premier roman dans le Londres de la fin de l’époque victorienne au début du XXe siècle. C’est l’histoire, inspirée de faits réels, de la conception du premier Oxford English Dictionary publié en 1928. Esme, 10 ans, orpheline de mère, accompagne son père lexicographe, qu’elle surnomme Da, au Scriptorium. Elle grandit dans ce milieu de linguistes, qui travaillent à la recherche de mots et de définitions, et le joint elle-même un jour. Elle réalise que certains termes qui ont trait aux femmes et à leur vie quotidienne ne sont pas considérés. C’est alors qu’elle rassemble les fiches de ces mots dans un coffre gardé secret. Roman émouvant, sur la condition féminine, « qui célèbre le pouvoir de la langue ». Michèle Roy / Le Fureteur (Saint-Lambert)
Les quatre trésors du ciel
Jenny Tinghui Zhang (trad. Aline Azoulay-Pacvon), Pocket, 424 p., 16,95$
Nul ne pouvait savoir ce que le destin prévoyait pour Lin Dayu, et elle-même encore moins. Après la disparition incompréhensible de ses parents, l’entrée soudaine de plusieurs gardes dans sa maison et la consigne de sa grand-mère de déguerpir, la jeune fille de 12 ans se voit contrainte de s’enfuir vers la ville côtière de Zhifu. Là, après un moment d’itinérance, elle trouvera refuge chez un maître calligraphe qui lui inculquera une philosophie de vie qui lui servira dans ses périples prochains, et périples prochains il y aura. En effet, Lin Dayu est kidnappée et déportée en Amérique où des pérégrinations l’amèneront des bordels de San Francisco aux villes minières de l’Idaho. Cette histoire en est avant tout une de résilience traitant de l’expérience sino-américaine dans l’Ouest sauvage américain. Francis Archambault / Le Fureteur (Saint-Lambert)
Petite armoire à coutellerie
Sabica Senez, Nomades, 152 p., 12,95$
Recueil de pensées éparses comme autant de fragments d’émotions crues, Petite armoire à coutellerie fait le récit du deuil amoureux en plongeant son lecteur dans le vertige de la perte. Acérée, la plume de l’autrice grave sur le papier ces phrases poignards que l’on dirige vers l’autre pour mieux les retourner contre soi lorsque la douleur devient insoutenable. Témoignant des chutes et des rechutes nécessaires pour retrouver son équilibre après la rupture, le tranchant des mots recouvre le corps et le cœur de cicatrices qui marquent durablement le parcours de celui ou celle qui se débat contre le vide de l’abandon.
5 balles dans la tête : récits de guerre
Roxanne Bouchard, Québec Amérique, 304 p., 17,95$
Au départ, deux univers se confrontent : les militaires de profession et l’antimilitariste de conviction. Puis, tranquillement, à force de bières partagées et de phrases échangées, les langues se délient et la confiance s’installe. Les militaires se racontent, sans filtre. Page après page, les façades s’effritent, laissant place à une humanité qui se reconnaît à l’essentiel : la peur, le doute, l’espoir et toutes ces émotions qui font de nous des êtres humains à part entière. 5 balles dans la tête est une invitation à tendre la main et à ouvrir un espace de dialogue salutaire qui permet d’aller à la rencontre de cet autre qui a souvent beaucoup à nous apprendre sur la vie et sur nous-mêmes. En librairie le 4 novembre




















