En novembre dernier, l’autrice états-unienne Tess Gunty a été récompensée du prestigieux prix National Book Award. À 30 ans, elle devient ainsi la plus jeune lauréate depuis Philip Roth, qui l’a reçu à 26 ans en 1960.

Récemment traduit aux éditions Gallmeister sous le titre Écoutez-moi jusqu’à la fin, The Rabbit Hutch a suscité chez nos voisins du sud un réel engouement. Avec ce premier roman qui dépeint la lucidité froide et naïve d’une jeune fille à l’intelligence aiguë pour qui les contacts avec autrui ne sont jamais simples, et qui partage un appartement avec trois jeunes hommes, Tess Gunty parvient à entraîner son lecteur dans une trame aussi envoûtante qu’originale.

30 ans, donc, et déjà une voix qui porte, récompensée par l’un des prix littéraires les plus nobles dans la littérature anglophone, n’est-ce pas prometteur?

Bien qu’il n’y ait pas d’âge minimum ou limite aux prix littéraires, on a longtemps eu l’impression que les récompenses allaient généralement aux hommes d’un certain âge. Sans tomber dans l’âgisme, le jeunisme ou le sexisme, les choses ont tendance à changer. Au Québec, les lauréats et lauréates du Prix des libraires, par exemple, sont généralement assez jeunes. L’International Booker Prize a été décerné à son plus jeune lauréat en 2020 à Marieke Lucas Rijneveld, à l’âge de 29 ans. En outre, en 2022 se trouvaient à la fois la plus jeune et le plus âgé des finalistes de toute l’histoire du prix, avec Leila Mottley, 20 ans et Alan Garner, 88 ans. En 2021, le prix Goncourt a été attribué à son plus jeune gagnant depuis les années 1940, soit Mohamed Mbougar Sarr qui avait alors 31 ans. En moyenne, cependant, l’âge des lauréats se situe entre 30 et 59 ans, une période certes assez large, mais combien foisonnante.

Photo : National Book Foundation

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