Outre la récompense monétaire, les personnes qui gagnent un Prix du Gouverneur général s’assurent d’une visibilité; du moins, leur livre recevra toute la lumière qui lui est due. Recevoir un prix GG, c’est faire apposer un sceau d’excellence sur son œuvre et voir celle-ci faire du chemin. Parce qu’il faut le dire, la plus grande récompense d’un auteur, c’est d’être lu!
Alors, sans plus tarder, voici les lauréats et lauréates de langue française des Prix du Gouverneur général.
Romans et nouvelles
Le lauréat est Alain Farah pour son livre Mille secrets mille dangers (Le Quartanier).
C’est par ici pour lire l’entrevue réalisée avec lui.
« Mille secrets mille dangers d’Alain Farah est un roman autobiographique magnifique. Cet ouvrage est d’une telle intensité qu’une fois la lecture entamée, il est pratiquement impossible de poser le livre. Le récit nous entraîne dans les réminiscences du narrateur à travers différentes périodes de sa vie. Le moment central de l’histoire est le jour de son mariage, les événements de cette journée succédant tour à tour à des épisodes du passé et du futur. Une écriture vraie, sensible et généreuse. Un texte puissant, d’une telle acuité que nous ne pouvons qu’éprouver à notre tour les émotions et les sensations, à l’unisson avec le narrateur. » – Marie-Chloé Bergeron, Librairie La Liberté (Québec)
Poésie
La lauréate est Maya Cousineau Mollen pour son livre Enfants du lichen (Éditions Hannenorak).
Dans ce recueil, la voix de la poète se fond dans la mémoire du territoire, de la culture, de ses racines, la mémoire du corps intime autant que celle, atrophiée, de l’Histoire. La première partie, Enfants du lichen, souligne avec tendresse et désir de guérison l’urgence de ne pas fermer les yeux sur les disparitions d’enfants et de femmes, sur l’exclusion, les dépossessions et le mépris. Avec la seconde, Une balle en réserve, la colère reprend ses droits. Ces deux volets indissociables font appel au devoir de mémoire. [Résumé de l’éditeur]
Théâtre
Le lauréat est David Paquet pour son livre Le poids des fourmis (Leméac).
« En tâchant de comprendre comment concilier la lucidité et la légèreté d’être sans pour autant sombrer dans le désespoir ou l’atrophie cérébro-sentimentale, l’auteur explore cette dualité si fondamentale à la compréhension de notre époque paradoxale. À travers le kaléidoscope d’une élection scolaire opposant la bouillante Jeanne, l’introverti Olivier et le céphalopode Mike, une critique grinçante de la petitesse en politique se déploie, incarnée par cette jeunesse vibrante, mais laissée à elle-même. À des lieux des monolithes militants, Paquet se cache adroitement derrière la multitude des discours, saisissant dans sa compréhension des enjeux intergénérationnels. L’éloquence est toujours aussi éblouissante, l’humour, parfaitement calibré. » – Thomas Dupont-Buist, Librairie Gallimard (Montréal)
Essai
La lauréate est Sylveline Bourion pour son essai La Voie romaine (Boréal).
Élevée entre une gouvernante et des parents autoritaires et distants, la narratrice raconte une enfance du XIXe siècle, éclose dans la France rurale des années 1980. Égarée en elle-même, condamnée au mutisme avant que l’écriture vienne en elle ouvrir la voie de la parole, elle évoque une forme de pensée très singulière, celle qui précède le langage. Dans des tableaux qui rappellent le pays et le temps d’où elle vient, elle convoque des fragments de vie et décrit le passage du magma sensoriel primitif à l’éruption de l’intelligence. Le lecteur revivra avec elle la genèse d’un éveil des sens à travers une langue où surgissent des échos de poèmes, de chansons, de dialogues, dans un aboutissement calme, clair et grave. [Résumé de l’éditeur]
Littérature jeunesse – livres illustrés
Les lauréates sont Nadine Robert et Qin Leng pour leur album Trèfle (Comme des géants). Apprenez-en plus sur Nadine Robert en lisant cette entrevue ici.
« Ode à la nature et à l’écoute de l’invisible, cet album dont les illustrations à l’aquarelle et à l’encre de Qin Leng nous transportent dans des contrées sylvestres porte un message : ralentir pour écouter sa voix intérieure. Trèfle, une mignonnette qui, comme ses nombreux frères et sœurs, porte la salopette et le chapeau en forme de cacahouète, s’aventure dans les bois à la suite de Pivoine, sa chèvre. Mais, à chaque étape, les questionnements affluent : par ici ou bien par là? Remettre l’oiseau dans son nid ou le laisser là? Nadine Robert, également éditrice, pousse ainsi le petit lecteur, un pas à la fois, vers l’autonomie. »
Littérature jeunesse – texte
La lauréate est Julie Champagne pour son roman Cancer ascendant Autruche (La courte échelle). Qui est Julie Champagne? Lisez cette entrevue avec elle.
Lorsque Sam apprend que sa mère est atteinte d’un cancer, elle a l’impression que son univers s’écroule. Plutôt que de se laisser paralyser par le chagrin, la très cartésienne adolescente décide de plonger dans l’action et de faire tout ce qu’elle peut pour la sauver. Dans cette quête éperdue, chaque geste compte, pourvu qu’il permette à Sam de ne pas regarder en face la cruelle réalité : sa mère est malade et ses chances de survie diminuent un peu plus chaque jour. Un roman drôle et touchant, qui nous entraîne en montagnes russes à travers toute la gamme des émotions. [Résumé de l’éditeur]
Traduction
La lauréate est Mélissa Verreault pour sa traduction de Partie de chasse au petit gibier entre lâches au club du tir du coin (Québec Amérique), roman paru en version originale sous le titre Small Game Hunting at the Local Coward Gun Club, de Megan Gail Coles. Sachez-en davantage sur cette traductrice et autrice avec cette entrevue avec elle ici.
« “Ça se pourrait que ça fasse mal. Courage.” Megan Gail Coles ouvre son roman Partie de chasse au petit gibier entre lâches au club de tir du coin avec cette intrigante mise en garde. Après seulement quelques pages, on est happé et on ne peut que donner raison à l’autrice! C’est une lecture bouleversante, qui nous chavire, mais ô combien essentielle. La guerre contre la misogynie et la masculinité toxique n’est pas finie et il est primordial de nous le rappeler. Le roman nous plonge dans le quotidien de personnages comme Iris et Olive, des femmes écorchées, en mal d’amour (et de respect), souffrant en silence dans une Terre-Neuve qui leur a tourné le dos. Un roman-rafale qui balaie tout sur son passage et qui ne laissera personne indemne. » – Cassandre Sioui, Librairie Hannenorak (Wendake)
En langue anglaise, les lauréats et lauréates sont les suivants :
Romans et nouvelles : Pure colour, Sheila Heti (Knopf Canada / Penguin Random House)
Poésie : Shadow Blight, Annick MacAskill (Gaspereau Press)
Théâtre : The Piano Teacher: A Healing Key, Dorothy Dittrich (Talonbooks)
Essai : Aki-wayn-zih : A person as Worthy as the Earth, Eli Baxter (McGill-Queen’s University Press)
Littérature jeunesse – livres illustrés : The Sour Cherry Tree, Naseem Hrab et Nahib Kazemi (Owlkids Book)
Littérature jeunesse – texte : The Summer of Bitter and Sweet, Jen Ferguson (Heartdrum/HarperCollins Publishers)
Traduction : History of the Jews in Quebec, traduction de Judith Weisz Woossworth (University of Ottawa Press), livre paru en français sous le titre Histoire des Juifs au Québec, de Pierre Anctil.
Pour vous remémorer qui étaient les finalistes, c’est ici.



















