C’est la Franco-Camerounaise Osvalde Lewat qui remporte les honneurs du Grand Prix panafricain de littérature pour Les aquatiques, superbe roman publié aux éditions Les Escales.

Le tout a été dévoilé lors de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, le 24 janvier dernier. L’autrice recevra son prix – 30 000$ – devant les dirigeants africains en février prochain, dans le cadre du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Il s’agit de la première édition de ce prix qui couronnera annuellement une œuvre de fiction (roman, poésie, théâtre, etc.) en français ou en anglais, soit en l’une des deux langues de travail de l’Union africaine.

Les aquatiques est un premier roman et il est écrit par une autrice qui ne porte heureusement pas de gants blancs. Lewat nous immerge dans l’Afrique subsaharienne contemporaine, dans un pays imaginaire, le Zambuena, gangrené par la corruption, les politiques patriarcales et les hommes sans scrupules qui sont au pouvoir. On y rencontre Katmé, femme de position choyée, qui aura un moment de grande lucidité lorsque la tombe de sa mère devra être déplacée (événement que son mari voudra transformer en événement diplomatique) et que son ami se fera arrêter pour homosexualité. Femme puissante, personnage fort et nuancé, Katmé devra choisir entre ne rien faire ou quitter sa position d’épouse d’homme riche et aider son ami, c’est-à-dire remettre tout en question. Ce roman soulève ainsi le problème des « fausses démocraties » en Afrique, mais il offre aussi un beau portrait, en images et symboles, de ce pays, et fait la part belle à la place de la création artistique. C’est écrit avec réalisme et ironie, ce qui en fait une lecture aussi agréable que pertinente.

Si Osvalde Lewat en est à son premier roman, elle ne fait pas pour autant ses premiers pas dans le milieu de la création. À 45 ans, elle est réalisatrice de plusieurs films documentaires et d’œuvres photographiques. De quoi expliquer son écriture si imagée, peut-être!

Photo : © Philippe Matsas 

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