C’est l’autrice sud-coréenne Han Kang qui remporte cette année le prestigieux prix, devenant la première lauréate de sa nation. Le jury du prix Nobel témoigne de la qualité du travail de l’autrice et l’honore « pour sa prose poétique intense qui affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine ». Le président du jury, Anders Olsson, ajoute qu’elle possède « une conscience unique des liens entre le corps et l’âme, les vivants et les morts, et par son style poétique et expérimental, elle est considérée comme novatrice dans le domaine de la prose contemporaine ».
On connaît notamment Han Kang pour Impossibles adieux, paru chez Grasset, pour lequel elle a reçu le Médicis du roman étranger et le prix Émile-Guimet de littérature asiatique l’année dernière. La traduction anglaise de La végétarienne, The Vegetarian, a remporté en 2016 le Booker Prize et a fait l’objet d’un film. Son roman Celui qui revient, publié en 2014, qui relate le soulèvement de Gwangju en 1980 et la répression militaire pour l’étouffer, lui a valu de se retrouver sur la liste noire de l’ancienne présidente Park Geun-hye. Bien que ces livres ne soient plus tous disponibles, Han Kang a aussi écrit Leçons de grec, Blanc, Les chiens au soleil couchant et Pars, le vent se lève.
Cette proclamation est en soi rafraîchissante. En effet, les prix Nobel de littérature ne comptent que peu de femmes élues. Han Kang est seulement la 18e femme couronnée, comparativement aux 121 hommes récompensés. De plus, les lauréats et les quelques lauréates sont majoritairement occidentaux. Ceux et celles qui spéculaient sur l’identité de la personne gagnante en 2024 prédisaient d’ailleurs que celle-ci serait issue de l’orient. Voilà chose faite!



















