Créé en 2007 par Marie-Anne Poggi, le Club des Irrésistibles était d’abord un club de lecture local, qui a essaimé à travers l’ensemble des Bibliothèques de la ville de Montréal en 2009 grâce à sa version en ligne. Aujourd’hui, ce sont des milliers de lecteurs et de lectrices d’ici et d’ailleurs qui participent à ce club de lecture aussi actuel que dynamique.
C’est parmi plus de 500 livres que les livres finalistes ont été choisis par les membres du Club des Irrésistibles. Ces cinq titres seront soumis à la centaine de lecteurs et de lectrices qui composent le jury et qui devront déterminer leur coup de cœur. Le livre gagnant sera connu en avril prochain.
Veiller sur elle, de Jean-Baptiste Andrea (L’Iconoclaste)
André Bernier, de la Librairie L’Option, en a dit ceci : « Michelangelo Vitaliani, dit Mimo, 82 ans, agonise dans une abbaye italienne. Là, depuis quarante ans, est caché son chef-d’œuvre, la sculpture la plus parfaite qu’il ait faite, soustraite à la vue de tous sur ordre du Vatican. Son existence exceptionnelle lui revient en tête, lui, le nain sculpteur que rien ne prédisposait à un tel destin dans l’Italie fasciste de la première moitié du XXe siècle. Mais, par-delà ses succès, c’est surtout sa rencontre, à l’âge de 13 ans, avec Viola Orsini, la fille de la famille la plus riche de la région, qui a été la pierre angulaire de sa vie. Entre ces deux êtres que tout séparait s’est bâtie une relation unique et indéfectible. Un grand roman aux personnages fascinants, un prix Goncourt 2023 fort mérité. »
Amiante, de Sébastien Dulude (La Peuplade)
Catherine Lambert, de la Librairie Carcajou, en a dit ceci : « Été 1986. Le jeune Steve Dubois et son meilleur ami, le petit Poulin, parcourent sur leurs vélos les rues de Thetford Mines. Ils construisent des cabanes sous les arbres. Ils découvrent les magazines érotiques. Ils grimpent les montagnes de pneus, reliques des camions de la mine. Ce milieu ouvrier près de l’épuisement est le terrain de jeu dans lequel grandissent ces deux enfants, et où leur amitié s’épanouit, jusqu’à son soudain bouleversement. Avec son premier roman, Sébastien Dulude brosse le portrait vif d’une enfance poignante, dirigée par un contexte social riche en histoire. Sa plume, descriptive et émotive, est une découverte aussi émouvante que le récit qu’elle fait naître sous les yeux du lecteur. »
La vie heureuse, de David Foenkinos (Gallimard)
Marianne Duguay, de la Librairie Martin, en a dit ceci : « Participer à ses fausses funérailles pour retrouver le goût de vivre… David Foenkinos utilise ce concept original de la Corée du Sud pour déstabiliser son personnage principal, Éric, un homme divorcé et dépressif. En fait, l’homme est tellement marqué par son expérience dans ce pays qu’il décide d’importer ce type de thérapie en France. D’individu sans envergure à entrepreneur, il réorganise son existence avec une nouvelle énergie. En parallèle, Amélie, une ancienne collègue, commence à perdre le contrôle de sa vie qu’elle croyait parfaite. De sa plume fluide, Foenkinos amène les lecteurs et lectrices sur ce chemin surprenant avec humanité. Il offre une histoire triste et douce à la fois, un récit lumineux qui fait du bien. Une suite s’il vous plaît! »
Terrasses ou notre long baiser si longtemps retardé, de Laurent Gaudé (Actes Sud/Leméac)
Lise Chiasson, de la Librairie Côte-Nord, en a dit ceci : « Laurent Gaudé a trouvé les mots précis pour nous faire revivre les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. C’est avec un nœud au ventre et en respirant à peine que nous traversons les dix courts chapitres de ce récit. Nous savons l’horreur qui s’en vient, mais elle nous atteint, car nous sommes nous aussi sur les terrasses, festoyant, jusqu’au moment où tout chavire. Rien n’égale la peur soudaine et la souffrance des victimes. Rien n’égale le choc des premiers répondants, des familles, des témoins ou de l’équipe de nettoyage qui tentera de tout effacer! Hélas trop d’événements semblables se sont reproduits. Ce livre est essentiel et profondément humain. »
Triste tigre, de Neige Sinno (P.O.L)
Guilaine Spagnol, de la Librairie La maison des feuilles, en a dit ceci : « Pour Neige, il s’agissait de son beau-père. Un homme aimé de tous et toutes dans le village des Alpes où elle a grandi, et à qui l’on a vite pardonné ses gestes, parce qu’il était “généreux” et “sauvait de vies”. Neige, elle, n’était plus la bienvenue au village. Elle avait jeté l’opprobre en dénonçant l’homme qui l’avait agressée sexuellement des années durant alors qu’elle n’était qu’une enfant. Désormais mère elle-même, elle décide de prendre la plume et de s’exprimer sur le viol et l’inceste. Elle se pose la question : peut-on (doit-on?) faire de la littérature avec ce sujet? Triste tigre est un récit autobiographique dépouillé des artifices de la littérature, dont l’écriture sobre et franche frappe bien plus qu’un texte de fiction. »

















