L’univers de la BD québécoise a bien changé depuis quelques années. Quelle diversité, quelle richesse qui se développent au fil des phylactères, si? En témoignent les quatre finalistes choisis par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD), porte-étendard de la qualité du 9e art d’ici.

Sélectionnés par un comité, les quatre finalistes seront maintenant soumis aux votes des quelque 94 adhérents de l’ACBD, constitués par des critiques, des journalistes et des chroniqueurs BD de France, de Belgique et du Québec. La lauréate ou le lauréat sera annoncé à la fin du mois d’octobre.

Football-Fantaisie, de Zviane (Pow Pow)
Shannon Desbiens, de la Librairie Les Bouquinistes, à Chicoutimi, s’enthousiasme à propos de celle-ci : « Depuis des années, les fidèles lecteurs de Zviane l’ont suivie à travers maints projets et essais autour de la bande dessinée et sur le long terme, ça s’est avéré payant, car Football-Fantaisie est une œuvre complète, mature et prenante. Même si je sais que l’autrice nous attend dans le détour avec d’autres projets (du moins, je l’espère!), j’ai vraiment l’impression qu’elle nous éblouit avec tout son savoir et son talent. C’est bon, c’est beau, c’est intelligent et original, j’ai vraiment eu un plaisir fou à dévorer cette brique. »

Mégantic : Un train dans la nuit, de Christian Quesnel et Anne-Marie Saint-Cerny (Écosociété)
Isabelle Picard, de la Librairie Morency, à Québec en dit ceci : « C’est une œuvre qui marque les esprits de façon indélébile. L’excellent essai d’Anne-Marie Saint-Cerny est ainsi brillamment mis en images par Christian Quesnel, qui nous avait déjà délectés de nombre d’ouvrages forts et évocateurs. Leur collaboration aura été fructueuse, distillant au récit sans lourdeur aucune les détails de cette tragédie et de ses répercussions, tout en en accentuant (s’il était nécessaire) la dimension émotionnelle. On se sent horrifié, révolté, en suivant ce minutieux témoignage, mais aussi, et surtout, habité par tous ces visages et regards, contrastant incroyablement avec ces décideurs pour qui l’humain est quantité négligeable, piétinant bien trop souvent le monde en toute impunité. »

Un Paris pour Dallaire, de Marc Tessier et Siris (La Pastèque)
Susie Lévesque, de la Librairie Point de suspension à Chicoutimi en parle ainsi : « Travaillant au sein d’une librairie spécialisée en art et culture, je dois avouer que je savais très peu de choses sur Jean Dallaire avant d’entamer Un Paris pour Dallaire. Le nom d’Alfred Pellan m’était bien sûr connu, mais j’ai aussi réalisé que je connaissais très peu de choses sur les peintres qui avaient pratiqué le cubisme au Québec. Somme toute, j’ai été happée par le travail de Siris et de Tessier sur le peintre, ma lecture apportant son lot de découvertes. Le duo maîtrise de façon admirable le genre de la bande dessinée biographique en rendant le récit vivant, le rapprochant de nous et nous ramenant adroitement à certaines conditions de la vie d’artiste qui semblent parfois intemporelles. »

Wendy : Maître ès art, de Walter Scott (La Pastèque)
Maggie Mercier, de la Librairie Hannenorak, à Wendake, en dit ceci : « Ce second tome de Walter Scott nous ramène à une Wendy toujours aussi sensible et bouillonnante. Alors qu’elle s’apprête à continuer ses études à la maîtrise, la jeune artiste gagne en maturité : on prend plaisir à la voir devenir plus sage… mais pas trop. Beuveries excessives, artistes excentriques, l’Ontario peint dans Wendy : Maître ès art fait écho au Montréal speedé du premier volume. Mais, cette fois-ci, toutes ces extravagances périphériques poussent notre héroïne dans les limites de sa pratique artistique. Comment se servir des émotions coincées et cachées, quelles formes doivent-elles prendre dans sa relation à l’art et, surtout, aux autres? Une bande dessinée vive, aux personnages colorés (même si en noir et blanc), qui expose avec sarcasme la vie d’une jeune créatrice qui se cherche à travers les arts. »

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