N’en demeure pas moins que cette déferlante de prix est ahurissante. C’est un bonheur, vraiment, soyez-en assuré, que de diffuser les bonnes nouvelles… mais les prix défilent plus vite que ma plume! Allez, je me réjouis, tout comme vous, de cette reconnaissance de la littérature québécoise. Il était temps, après tout.
Allez, hop, on enfile ces nominations!
Louis-Daniel Godin est en lice sur le prix Wepler-Fondation La Poste, doté d’une bourse de 10 000 euros (env. 14 500$), qui récompense un ouvrage contemporain exceptionnel, non pas pour sa valeur commerciale, mais plutôt pour ses qualités intrinsèques. Louis-Daniel Godin, avec Le compte est bon, explore l’inextricable redevance de l’enfant adopté, comme s’il fallait rembourser le privilège de vivre au sein d’une famille, si bienveillante soit-elle. Philippe Fortin, de la Librairie Marie-Laura, en a dit ceci : « Enfilade d’anecdotes dont le potentiel de signifiance est proportionnel à l’importance qu’on daigne leur accorder, voici un livre particulièrement hors du commun, à la fois décompte monomaniaque, hommage sensible à la famille, délire comptable, jeu de chasse à la phrase, pouponnière à souvenirs et mémorial de l’enfance. Un premier roman au souffle impressionnant, au rythme effervescent, à l’humour ahurissant, bref : un feu roulant qui vous laissera béat d’admiration! »
On retrouve deux autrices québécoises sur le prix Senghor du premier roman francophone et francophile, qui souhaite encourager et soutenir la publication d’un premier livre écrit en français. Ainsi, Carole Labarre pour L’or des mélèzes et Catherine Larochelle, pour J’irai déterrer mon père sont en lice avec onze autres auteurs et autrices. Mémoire d’encrier, l’éditeur de L’or des mélèzes, en dit ceci : « L’or des mélèzes est une série de tableaux, de moments de vie, d’instantanés. Sophie, la meilleure amie. Mathias, le fils qui meurt sans jamais mourir. Adeline, l’adolescente révoltée. Et puis, il y a Xavier, l’amour de sa vie. Xavier, dont l’histoire est portée sur le dos d’une rivière. Roman familial à l’écriture épurée, L’or des mélèzes capte des scènes des vies à la fois lumineuse et poignante, sans pathos ni ressentiment. » Ce roman a remporté au printemps dernier le prix Myriam-Caron et est actuellement en lice sur le prix des Rendez-vous du premier roman. À propos de J’irai déterrer mon père, les éditions Québec Amérique écrivent ceci : « À 29 ans, Charlie n’a plus de temps à perdre. Sa liste de choses à régler est interminable. Elle entreprend un périple vers le pardon et le deuil, accompagnée de son frère détesté, de sa cheeky best friend, du fantôme de son père, de sa mère trop intense et de son amoureux qu’elle soupçonne de garder dans ses poumons le parfum d’une autre femme. Un récit porté par une prose à la fois crue et candide, qui fait jaillir la lumière même dans ses coins les plus sombres. »
La librairie Coiffard, à Nantes, a aussi son prix depuis 2017. Christian Guay-Poliquin l’avait d’ailleurs remporté en 2018 avec Le poids de la neige. Le prix Coiffard est un prix décerné par les libraires et leur clientèle. Cette année, on retrouve deux auteurs québécois. D’abord, Philippe Yong pour son livre Hors-sol, aussi en lice sur le prix des Rendez-vous du premier roman et publié chez Mémoire d’encrier, qui en dit ceci : « Agronome portugais exilé en France, Alvare cherche un paradis hors du monde. Il débarque à Montréal, où il croit trouver cet Eden dans une serre hydroponique sur le Champ des possibles, dans le Mile-End. Or la serre, univers fragile, est détruite. Alvare doit tout recommencer en Islande, dans une ferme cubique économe et productive : l’avenir de la production agroindustrielle. Amoureux de Hinrika, sa collègue, Alvare rêve de trouver ancrage auprès d’elle et de l’enfant qu’ils attendent dans la belle solitude du fjord. Or, hors-sol comme les plantes qu’il cultive, Alvare est confronté à sa condition de nomade sans racines : a-t-on besoin de lui dans cette communauté tissée serrée, où des femmes fortes élèvent seules leurs enfants? » On retrouve également Ce que je sais de toi, d’Éric Chacour sur cette sélection. Rappelons qu’il est en aussi en lice pour le Renaudot, le Femina et le prix Samantha de la Librairie L’étagère.
Le Québec a décidément le vent dans les voiles, si?


















