Mélikah Abdelmoumen, avec son livre Baldwin, Styron et moi, publié chez Mémoire d’encrier, partage le prix avec Jean-François Nadeau, auteur de Sale temps, publié chez Lux.

Le prix Pierre-Vadeboncoeur souligne la contribution majeure d’un essai publié au Québec. La CSN honore ainsi la mémoire d’un des plus grands essayistes au Québec, Pierre Vadeboncoeur, qui a contribué à la création d’un syndicalisme nouveau genre, unique en Amérique du Nord. Remis depuis 2011, le prix est doté d’une bourse de 5000$ que se partageront cette année les deux lauréats.

Sébastien Veilleux, libraire chez Paulines, a dit ceci du livre de Mélikah Abdelmoumen : « Certaines rencontres sont nécessaires. James Baldwin et William Styron avaient besoin de se rencontrer pour dépasser leurs propres conceptions du racisme et de l’inclusion sociale, tout comme Mélikah Abdelmoumen avait besoin d’échanger avec eux dans une période charnière de sa vie. Du Saguenay post-référendaire au New York des années 1960, on découvre cette amitié hors norme à laquelle Mélikah ajoute sa voix, tantôt à titre de narratrice, tantôt en tant qu’âme sœur partageant la même indignation, la même soif de dialogue. À partir d’informations fragmentaires, l’autrice reconstitue leur parcours, imagine des saynètes et plante le décor pour raviver cet état d’esprit, à la fois brisé et endurci, qui forge les grandes œuvres littéraires. »

Sale temps a inspiré ceci au jury : « Ce sont entre autres ces chroniques, rédigées dans l’urgence sur une période de cinq ans, que Nadeau a peaufinées et a accompagnées de quelques nouveaux inédits pour nous les présenter dans le recueil intitulé Sale temps. Dans cette œuvre aux accents pamphlétaires bien sentis et magnifiquement écrits, a ajouté le jury, Nadeau s’efforce d’éveiller les consciences sur des enjeux bien de notre temps. » L’auteur se livre à une « réflexion sur le temps, sur notre rapport à celui-ci, sur son rôle comme instrument de pouvoir sur le “monde ordinaire”. Il invite à revoir un contrat social profondément aliénant, injuste et inégalitaire fondé sur la productivité, le consumérisme et ses nombreuses servitudes. »

De plus, le jury a tenu à souligner l’excellence de l’essai de Pierre Nepveu, Géographies du pays proche, publié chez Boréal, en lui accordant une mention spéciale.

Le jury était composé de Claudette Carbonneau, ex-présidente de la CSN, Catherine Ladouceur, professeure de littérature et de Mark Fortier, éditeur chez Lux et lauréat 2021 avec Serge Bouchard pour Du diésel dans les veines.

Photo de Mélikah Abdelmoumen : © Frédérique Dubé
Photo de Jean-François Nadeau : © Asclepias

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