Plus tôt cet automne, le Booker Prize, le Grand Prix de littérature américaine, le Grand Prix du roman de l’Académie française et bien d'autres prix ont choisi leurs lauréats. Comme il n’est jamais trop tard pour propager l’envie de tout lire, c’est maintenant qu’on vous en parle!

C’est Dominique Barbéris qui a été récompensée du Grand Prix du roman de l’Académie française, pour son livre Une façon d’aimer, publié chez Gallimard, pour lequel elle avait déjà reçu le Prix des libraires de Nancy – Le Point. Son roman a été préféré à Croix de cendre, d’Antoine Sénanque et Les alchimies, de Sarah Chiche. Dans Une façon d’aimer, elle met en scène une jeune femme voulant fouiller le passé de sa tante à partir d’une photo qu’elle a découverte. On dit de sa plume qu’elle est élégante et pleine de finesse.

Le Grand Prix de la littérature américaine a pour sa part été attribué à Aleksandar Hemon pour son roman Un monde de ciel et de terre, paru chez Calmann-Lévy. Dans ce quatrième roman, l’auteur d’origine bosniaque plonge en 1914, à l’aube du conflit, avec cet apothicaire tranquille qui se retrouve au cœur des tranchées. Il parvient à insuffler la beauté sur cet épisode terrible grâce une solide histoire d’amitié et d’amour. Les autres finalistes étaient L’invitée, d’Emma Cline et Le grand cercle, de Maggie Shipstead.

Le Booker Prize a été décerné à Paul Lynch pour son roman Prophet Song, publié chez Grove Atlantic. Assorti d’une bourse de 50 000 livres (env. 85 850$), le Booker Prize est une récompense prestigieuse qui se distingue par un effet bénéfique sur les ventes du livre gagnant et ce succès se propage généralement à l’ensemble de l’œuvre de l’auteur. Dans Prophet Song, Paul Lynch offre une vision dystopique de Dublin où la tyrannie règne, où l’atmosphère étouffante et angoissante rend le quotidien difficile. Par le biais d’une mère de quatre enfants dont le mari est disparu, l’auteur nous offre un portrait terrible de ce que pourrait devenir le monde quand la démocratie recule. Le Canada était doublement présent dans cette édition du Booker Prize. En effet, le jury était présidé par la romancière canadienne Esi Edugyan et parmi les finalistes, brillait le roman Study for Obedience de la Canadienne Sarah Bernstein, roman qui paraîtra d’ailleurs chez Alto en 2025 dans une traduction française signée Catherine Leroux.

Gaspard Kœnig a remporté récemment le prix Interallié pour son roman Humus, paru aux Éditions de l’Observatoire. Également lauréat du prix Jean-Giono et du prix Transfuge, Gaspard Kœnig a été en plus finaliste du Goncourt. Une année faste donc, pour le philosophe et auteur d’une quinzaine d’ouvrages et dont c’était le sixième roman. Mario Laframboise, de la Librairie Gallimard, en a dit ceci : « Ce livre est une bombe de la rentrée littéraire 2023! On y suit deux amis qui se rencontrent à l’université dans un cours sur les vers de terre, puis, au fil des années qui viennent ensuite. On y côtoie deux visions de l’agronomie contemporaine : l’industriel qui se promène entre les soirées bourgeoises et Silicon Valley et l’agriculteur bio, idéaliste et lecteur de Thoreau. Le ton est donné dès le départ : on s’esclaffe devant l’humour déjanté et intelligent de Gaspard Kœnig. Il tire de tous les côtés et nous donne à la fois une critique du système en place et un hommage aux vers de terre. Curieusement, on se surprend à les aimer et à se reconnaître en eux. C’est un plaisir de lecture assuré, qui nous amène à revoir ce qui est, peut-être finalement, à la base de la vie elle-même : l’engrais, évidemment! »

Arthur Dreyfus a lui aussi remporté le prix Transfuge, ex aequo avec Gaspard Kœnig, pour son roman La Troisième Main, publié chez P.O.L. Il a aussi reçu le prix Castel ainsi que la mention spéciale du prix Wepler-Fondation La Poste. Roman étrange, où un homme blessé à la guerre se fait soigner par un médecin qui tente une greffe expérimentale. Sa troisième main changera assurément sa vie!

Le prix Landerneau des lecteurs est décerné au roman de Thomas B. Reverdy, Le grand secours, publié chez Flammarion. Le roman se déroule lors d’une journée d’émeute dans un lycée, avec des étudiants, leur prof et un auteur invité. Il met en lumière les inégalités sociales autant que les espoirs d’une génération.

Enfin, Paolo Giordano est lauréat du prix André-Malraux pour son livre Tasmania, paru chez Le bruit du monde. Un homme déçu par la vie cherche à s’entourer de personnes atypiques. Chacun cherche sa « Tasmania », ce lieu où tout devient possible, où les aspirations deviennent réalité.

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