Le prix Goncourt accroît son aura déjà prestigieuse avec de nouvelles sélections divisées désormais dans 25 pays. Le 30 avril, lors d'une cérémonie se déroulant à l'ambassade française de Manhattan, Anne Berest a remporté la première mouture américaine du prix pour La carte postale (Grasset).

Dans le roman qui revêt l’aspect d’une enquête, l’écrivaine parisienne exhume ses racines juives et traverse son passé familial pour en retracer l’histoire marquée par la Shoah. L’ouvrage est véritablement tombé dans la mire des lecteurs : il a fait partie de la sélection du prix Femina 2021 en plus de s’être distingué pour le prix Renaudot des lycéens 2021 et le prix littéraire des étudiants de Sciences Po 2022. Il passe maintenant à la conquête de l’ouest et capte l’intérêt des universitaires américains. Léa Jouannais, membre du jury composé d’étudiants bilingues, est d’avis que La carte postale est primordial puisqu’il met en lumière – tout particulièrement pour un public américain qui ne serait pas au fait des détails historiques entourant la Seconde Guerre mondiale – « la problématique actuelle de l’antisémitisme en France ». Siri Hustvedt, poétesse et essayiste américaine, présidait la cérémonie du prix samedi dernier. Son discours, en phase à la fois avec la mission du Goncourt et la force du roman de Berest, plaide que :

« L’avenir réside dans les jeunes générations du monde entier qui lisent, sont curieuses et dynamiques, et la littérature est un outil vital pour forger le pluralisme, la tolérance et la démocratie à une époque où ces principes sont gravement menacés. »

Photo : © Jérôme Bonnet / Grasset

Publicité