Ancien président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), Louis Gauthier est décédé des suites d’un cancer, à l’âge de 78 ans. Après sa formation en philosophie, à l’Université de Montréal, il devient pigiste puis lecteur de manuscrits pour le Cercle du livre de France. Il œuvre ensuite comme rédacteur et scénariste de documents audiovisuels et devient plus tard concepteur-rédacteur publicitaire. Également traducteur, Louis Gauthier a travaillé sur une douzaine de titres.
Il publie son premier livre, Anna, en 1967, qui sera suivi notamment par le désopilant Les aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum. C’est cependant pour ses quatre récits de voyage, où la frontière entre la fiction et la réalité est floue qui le fait davantage connaître du public. Deux d’entre eux recevront des prix. D’abord en 2002, avec Voyage au Portugal avec un Allemand pour lequel il remporte le Grand Prix du livre de Montréal, ensuite en 2017 avec le premier titre de la série, Voyage en Irlande avec un parapluie, qui fera l’objet d’une réédition en 2017 grâce au prix Hervé-Foulon, qui consiste à faire redécouvrir un livre méconnu et oublié. Son écriture en est une, à l’instar de celle de Jacques Poulin, sans superflu, qui va à l’essentiel, constamment à la recherche du mot juste. En peu de mots, il nous fait voyager, vibrer.
Son œuvre, teintée d’humour et de poésie, mérite certainement qu’on s’y attarde à nouveau. Louis Gauthier était connu pour sa discrétion, sa gentillesse et sa modestie.
Le journaliste qui comptait le plus d’années d’expérience à La Presse, Marc-André Lussier, s’est éteint le vendredi 30 juin dernier. Il était en convalescence, à la suite d’une récente chirurgie cardiaque. Il avait débuté au service de la publicité en 1978. Passionné de cinéma, il a débuté l’animation d’une émission consacrée au 7e art en 1988. Il rejoint l’équipe de journalistes en 1995, mais ce n’est qu’en 2000 qu’il accède enfin à la section des arts et qu’il peut faire profiter ses lecteurs et lectrices de son professionnalisme notoire en matière de cinéma.
Également auteur, Marc-André Lussier a publié quatre ouvrages, dont la biographie de René Homier-Roy, Moi, et plus récemment, avec son collègue et ami Marc Cassivi, Cannes au XXIe siècle.
Denise Bombardier est décédée ce mardi 4 juillet en matinée, à l’âge de 82 ans. Celle qui a, toute sa vie, eu le courage de ses convictions a donc aussi régulièrement créé la polémique. Elle avait à cœur la langue française, la culture et par son exemple, a favorisé la prise de parole des femmes dans la sphère publique.
Outre son fameux passage sur le plateau de l’émission Apostrophes, en 1990, où elle a fustigé avec détermination les agissements de l’auteur Gabriel Matzneff et condamné sa glorification, elle s’est aussi positionnée face à l’affaire Dominique Strauss-Kahn en écrivant avec Françoise Laborde le brûlot Ne vous taisez plus, dans lequel elles dénonçaient le machisme ambiant. Autrice d’une vingtaine de livres, Denise Bombardier a publié notamment les romans Plus folles que ça, tu meurs, L’Anglais et Ouf!. On lui doit également Le dictionnaire amoureux du Québec ainsi que Nos chères amies. Plus récemment, elle nous a offert ses mémoires dans Une vie sans peur et sans regret, dont une réédition est prévue plus tard en juillet.
Nos pensées vont aux familles, aux proches et aux amis de ces trois personnes, qui chacune à leur façon, ont agrémenté notre quotidien par leurs mots, leurs idées et leur simple présence.




















