Kenzaburō Ōé a étudié la littérature française à l’université de Tokyo, où il a écrit un mémoire sur Jean-Paul Sartre. C’est à seulement 23 ans qu’il sera couronné du prestigieux prix Akutagawa, pour sa nouvelle « Gibier d’élevage », qu’on retrouve dans le recueil Dites-nous comment survivre à notre folie. La naissance de son fils handicapé sera marquante dans son parcours créatif, lui inspirant d’ailleurs son roman Une affaire personnelle, qui raconte l’histoire d’un jeune père dépassé par l’arrivée de son enfant souffrant d’un handicap. Les légendes et les contes provenant de son enfance sur l’île de Shikoku peuplent son roman M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, qui se veut également un hommage à son fils. Son essai Notes de Hiroshima s’attarde à la terrible tragédie d’Hiroshima et aux survivants. Citoyen et écrivain engagé, Kenzaburō Ōé milite pour le pacifisme et la démocratie, et contre l’énergie nucléaire.
En 1994, il a reçu le prix Nobel de littérature pour son œuvre « qui, avec une grande force poétique, crée un monde imaginaire où la vie et le mythe se condensent pour former un tableau déroutant de la fragile situation humaine actuelle », peut-on lire sur le site lié à cette récompense.
Humanistes, ses livres témoignent notamment des angoisses existentielles, des drames qui jalonnent une vie et des bouleversements que traverse la société.
Nous vous invitons à (re)lire la chronique que Robert Lévesque avait signée à son sujet, il y a quelques années :
Photo : Thesupermat