Les cinq livres sélectionnés sont défendus par de dévoués combattants qui représentent chacun une région du pays. Le but? Convaincre les auditeurs que le livre qu’ils défendent est le meilleur et… tous les coups sont permis!
Voici donc les œuvres qu’on vous invite à lire en amont du combat afin de mieux en apprécier les argumentations qui suivront. Les libraires de notre réseau vous offrent d’ailleurs un aperçu de ces titres en signant un petit texte de présentation pour chacun d’eux.
XAVIER WATSO – Territoires autochtones
Le baiser de Nanabush de Drew Hayden Taylor, traduction par Eva Lavergne (Prise de parole, 2019)
Lorsque Liliane, une aïeule de la communauté anishinabe de Lac-aux-Loutres, est sur son lit de mort, entourée de sa famille, elle reçoit la visite d’un mystérieux et séduisant inconnu. Virgile, le petit-fils de la mourante, surprend l’étranger en train d’embrasser goulûment sa grand-mère juste avant qu’elle rende son dernier souffle. Déjà inquiet sur l’identité de John, le prétendu prénom de l’inconnu, il le devient encore plus quand celui-ci commence à courtiser sa mère, la cheffe Maggie. Il n’est d’ailleurs pas le seul à se poser des questions au sujet de ce bel homme qui chevauche une superbe moto vintage et qui parle aux animaux dans les bois. Inspiré de la légende du Trickster, ce roman est un pur délice! Drôle et vivant, avec des personnages des plus attachants, particulièrement John avec son intelligence et son esprit singulier. Drew Hayden Taylor est assurément un auteur autochtone à découvrir, et ce, avec un grand bonheur.
Texte de Véronique Tremblay, de la Librairie Vaugeois (Québec)
GABRIEL ROBICHAUD – Atlantique
Rivières-aux-Cartouches de Sébastien Bérubé (Perce-Neige, 2023)
Tout y est pour titiller notre curiosité : discussions de garage animées pour initiés, commérages de salon, virées de ski-doo, contes à faire frémir, petits bonheurs et douloureux deuils. Formé de courtes histoires savoureuses, le recueil de nouvelles Rivières-aux-Cartouches tisse une véritable courtepointe, laissant apparaître au gré des mots un village de légendes. Dans une langue incandescente et rugueuse comme le bois, Sébastien Bérubé parvient à créer un microcosme riche, parsemé de moments tour à tour cocasses et touchants. C’est à regret que l’on quitte cet univers peuplé de personnages attachants et tissés serrés. Espérons que la prose de Bérubé nous mènera à nouveau aux confins de Rivières-aux-Cartouches!
Texte de Cassandre Sioui, de la Librairie Hannenorak (Wendake)
GILLES RENAUD – Québec
Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard (VLB éditeur, 2014)
Un cadavre pris dans des filets de pêche fait resurgir le passé d’un petit village de la Baie-des-Chaleurs. Pourquoi la marée a-t-elle ramené le corps de cette femme qui est partie depuis des années? Une femme que tous les hommes connaissaient. L’inspecteur Moralès fraîchement arrivé de la grande ville mènera l’enquête, mais au prix de quels efforts : non-dits, secrets, placotages, mensonges. Un roman qui nous transporte au grès des ressacs et de la passion des amours perdus. Un livre qui m’a séduite par ses marins bourrus au grand cœur et surtout par l’inspecteur Moralès. Malgré ses propres épreuves, il pose un regard analytique et humain sur ces habitants pour mener son enquête. Il devient un roc au milieu de la tempête.
Texte d’Annie Proulx, de la Librairie A à Z (Baie-Comeau)
BRIGITTE NOËL – Ontario
L’incendiaire de Sudbury de Chloé LaDuchesse (Héliotrope, 2022)
Chloé LaDuchesse nous entraîne dans un ballet où se côtoient désarroi, pauvreté et magouilles, ayant pour fond la ville de Sudbury et son atmosphère qui semble coupée du reste du monde. S’y terre Emmanuelle, designer web qui enchaîne les contrats douteux afin de gagner de quoi vivre, mais surtout de quoi se payer du bon temps au bar du coin. C’est dans cet état de perpétuelle ivresse que notre antihéroïne entreprendra d’enquêter sur d’étranges disparitions, ayant pour cibles les marginaux et les laissés-pour-compte de la ville. L’œuvre machiavélique du laboratoire local ou fabulations d’ivrogne? Emmanuelle tentera d’y voir clair non seulement dans cette étrange histoire, mais aussi dans son passé entaché l’ayant menée dans ce pétrin. On éprouve beaucoup de plaisir à ne pas aimer Emmanuelle, on a envie de la secouer par les épaules et de lui sommer de se ressaisir, de prendre sa vie en main, et c’est ce qui fait la force de ce roman. On se retrouve entraînés dans un tourbillon nous donnant l’impression d’être enivrés au même titre que la jeune femme de l’histoire et c’est avec avidité qu’on la suit dans sa quête de réponses. L’auteure nous offre également le plaisir de profiter de sa plume de poétesse, ce qui ajoute au caractère onirique du récit.
Texte d’Émilie Carpentier, de la Librairie Martin (Laval)
PATRICIA BITU TSHIKUDI – Ouest canadien
Le radeau de Jean-Pierre Dubé (Éditions du Blé, 2022)
Une famille blessée par le temps, des souvenirs qui font mal et des gestes impardonnables. Comment mener une vie normale lorsque le portrait familial est déficient? Thomas réunit ses frères et sœurs pour un brunch, dès que sa sœur Simone arrive, il regrette ces invitations. Thomas s’attend à des festivités, mais chacun porte des souvenirs d’enfance qui font mal et qui sont difficiles à dévoiler après tant d’années. On ressent que cette famille aurait bien des choses à se dire, mais que le passé a laissé des marques que certains n’auront pas été capables d’oublier. Au fil des pages, les barrières entre eux finissent par tomber et ils laissent de plus en plus leur passé derrière. On reste accroché au récit de cette famille, on souhaite qu’ils réussissent, malgré tout, à se pardonner.
Texte de Roxanne Michel Richard, de la Librairie Raffin (Repentigny)
Comme chaque année, le public sera impliqué dans ce grand combat. Jusqu’au 18 mai à 9h, il est invité à voter pour son livre préféré parmi les 5 livres proposés pour cette édition sur radio-canada.ca/combat. Les participants auront la chance de gagner une liseuse électronique et une carte-cadeau d’une valeur de 500$ de chez Les libraires (leslibraires.ca) pour garnir leur bibliothèque.
Combat des livres jeunesse 2023
En parallèle, la 3e édition du Combat des livres jeunesse clôturera la semaine et se déroulera le vendredi 19 mai à 20h, dans une édition de deux heures. Marie-Louise Arsenault y sera accompagnée de ses jurys attitrés, Simon Boulerice et Stéphanie Lapointe.
Les cinq combattants, âgés de 14 à 17 ans et provenant de partout au pays, se lanceront dans une quête commune ultime : déterminer LE livre marquant de leur adolescence. Débats entre nos combattants, prestations musicales inédites de l’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau, lectures d’extraits par deux artistes invités, Rosalie Vaillancourt et Patrick Emmanuel Abellard, plaidoyers pour la lecture : c’est à ne pas manquer!
Voici donc les œuvres défendues et leur combattant respectif :
ELLA, 17 ans – Dieppe
Chasseurs de légendes (t.1) : La colère de la Dame blanche de Pierre-Alexandre Bonin (Bayard, 2018)
ALEXIS, 14 ans – Montréal
C’est la faute à Ovechkin de Luc Gélinas (Hurtubise, 2015)
ADAM, 15 ans – Saint-Jérôme
L’ogre et l’enfant de Magali Laurent (Bayard, 2019)
EVIE, 14 ans – Edmonton
Rentrer son ventre et sourire de Laurence Beaudoin-Masse (La Bagnole, 2020)
NICO, 17 ans – Ottawa
La plus grosse poutine du monde d’Andrée Poulin (Bayard, 2013)

















